‹ Petit dictionnaire raisonné des difficultés et exceptions de la langue françaiseChapitre 84 sur 520 · GHA · texte numérisé non relu

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sens de terminé, et ne se dit «iue des choses : Sa fièvre est cessée. Les fêtes sont cessées.

Depuis ce matin il n'a pas a^ssé de travailler^ signifie, Qu'il a travaillé sans interruption aucune. Une cesse de travailler du matin au soir, laisse enten- «>re que le travail est interrompu , au moins aux heures des repas. On voit que Pemploi du mot pas avec cesser rend le sens plus négatif.

Le verbe décesser n'est point français ; dites, // ne cesse pas de pleurer, et non, il ne décesse pas de pleurer.

CHÂBRAQUE. s. f. On écrit aussi schabraque. Housse garnie de peau de mouton.

GHAGAIi. s. m. Le plur. est chacals. Espèce de chien sauvage dans l'Orient.

Gâ€UN. pron. qui n'a pas de pi. Chacun (chaque un, chaque Individu) a un sens distributff, individuel; il est par conséquent du nombre singulier. Ainsi, Ils ont apporté des offrandes, chacun selon ses moyens, signifie :

Ils ont apporté des offrandes , chacun (chaque un, chaque individu) en a apporté selon ses moyens. Les langues ont, chacune , leurs bizarreries y c.-à-d.

Les langues ont leurs bizarreries , chacune a les siennes. — Cette analyse nous fait voir que dans ces sortes de phrases le mot chacun fait partie d'une proposition elliptique.

Maintenant, quand après chO' cun doit- on mettre l'adjectif possessif son, sa, ses? quand laut-il mettre l'adjecUf leur, /«ttr«? Remarquons d'al>ord que son, sa, seSf s'emploie en reia-

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tion avec un substantif on un pronom du singulier; et leur, leurs, avec un substantif ou un pronom du pluriel ; Pierre a perdu ses plumes, mais il a retrouvé son livre. Les hommes sensés préfèrent leur devoir à leurs plaisirs, ^t'oublions pas non plus que chacun a un sens distrlbutif et qu'il est du singulier. Voici la règle :

Après chacun précédé d'une troisième personne plurielle, on met son, sa, ses, si l'adjectif possessif fait partie de la proposition elliptique à laquelle appartient le mot chacun : Ils ont apporté des offrandes, chacun selon ses moyens (chacun en a apporté selon ses moyens).

Mais si l'adjecUf possessif fait partie de la même proposition que la troisième personne plurielle , c'est alors de l'adjectif leur, leurs, que l'on fait usage; parce qu'en effet c'est là l*adjectif qui s'emploie en rapport avec une idée de pluralité ; Les langues ont, chacune, leurs bizarreries (les langues ont leurs bizarreries, chacune a les siennes).

Dans ce dernier cas, le mot chacun forme une incise , c'està-dire qu'il est placé de manière à couper la liaison des mots; le sens de tout ce qui précède chacun est suspendu par ce mot, et se trouve complété par ce qui fe suit : Les langues ont (chacune) leurs bi' zarren'es. Voilà pourquoi plusieurs grammairiens veulent avec raison que le mot chacun soit alors placé entre deux virgules.

Les meilleurs écrivains n'ont pas toujours observé cette ré-

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gle. Barthélémy a dit : Us dé^ pûtes venaient de rapporter, chacun à leur tour, ie» diffé' rentes circonstances de Vanv' bassade; et Tertot : Les ci-' toyens , chacun selon leurs facultés, tenaient table ouverte.

Us auraleut pu dire : C/iacun à son tour, chacun selon ses/O' cultes,' ils ont préféré radjectif leur , s£uas doute parce que leur esprit était occupe de IHdëe de pluraJitë; Us ont donc faft un accord syJIeptIque. C'est encore prfr syliepse que Anquetll a dit :

Paris était partagé en districts qui avaient chacun son conseil et une compagnie de gardes no»

tionales à ses ordres. L'idée distributlve était Ici l'Idée domiuante, et Auquetll ne pouvait guère dire autremeot.

L'Académie donne cet exemple : Il faut remettre ces livreslà chacun à sa place. Le sens estdlstributlf ; Il faut remettre ces livres , en mettant chacun a sa place. D'ailleurs, remettre a ici le sens de replacer. C'est comme si l'on disait: Il faut replacer ces livres-là, chacun à sa place.

Lorsque chacun est suivi du nom ou du pronom pluriel dont il est le distrihutif, U exige son, sa, ses. Chacun de nous à ses peines. Chacun de ces hommes a eu sa récompense. Donnez à chacun de ces enfants son goûter et ses Joujoux. Mettez chacun de ces livres à sa place. 11 en est de même lorsque le nom ou le pronom pluriel n'est point exprimé dans la phrase : Donnez à chacun sa part.

Remarque. La règle est la même pour l'emploi des pronoms le, la, lut, ou les, leur.

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après chatmn : La lot be les hommes, chacun en ce qui le concerne (chacun est lié en ce qui le concerne). /// soute»

naient, chacun , l'opinion qni leur paraissait la meilleure.

CHAGRINANT, part. prés, du V. chagriner, et adj. verb.

dans le sens de FAcbeux. Noif vetle chagrinante.

CBAKO. s. m. On écrit aussi schako et shako. Plur. chah>s.

CHALA8TIQVE. adlectif. ~ CHALCOGRAPHE. 8. masc.»

CHALCOGRAPHIE. U fém. — CHALDAÏQUE. adJ.- CHAL- DÉEN. adJ. - CHALTBÉ. adJ.

Dans tous ces mots cha se prononce ca.

CHÂLE, s. m. On écrit aussi, mais moins souvent, schaU et shall.

CHANCELANT, part. prés, du V. chanceler, et adj. verb.

Démarche chancelante.

CHANGEANT, part. prés. du V. changer, et adj. verb. Co«leur changeante.

CHANGER. V. a. ou transit.

Dans le sens de Convertir, transmuer, métamorphoser une cho* se en une autre , il demande la préposition en. Aux noces de Cana , Jésus- Christ changea l'eau en -v/n. Daphnéfut changée en laurier. Cela change mes soupçons en certitude. 11 ne prend la préposition à que dans cette phrase consacrée : Dans le sacrement de l'Eucharistie, le 'vin est changé au sang, le pain est changé au corps de Nôtre-Seigneur.

Changer est aussi v. n. ou intransit. 11 prend alors l'auxi-* Ualre avoir si l'on a en vue l'ac-

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tlon , et l»aaxiMalre être si Pon ▼eut exprimer l'ëtat qui résttlte de Pactloo. -rf ceHe mtnaee, il a ehmngé de visage. Le vent a changé. S*il est honnête homme, ii a bien changé. Vos sentiments ont bien cfuuigé, sont bien changés. Cet homme est changé. Les vents sont changés. Ce Jeune homjne est bien changé à son avantage.

On ait changer y eHIpèlquemeQt , pour changer de lluge :

Je suis rentré chez moi pour changer. On dit de même, activement. Changer quelqu'un.

Changer le linge qu»il a sur lui:

Ce malade a assez transpiré ^ Il est temps de le changer. Mais on ne dit pas bien avec la forme pronominale ou réfléchie :

J'étais tout mouillé. Je me suis changé,- il faut dire : J'ai changé d'habillement

CHANOINE, s. m. Le fém.

correspondant est chanoinessc.

CHANTANT, part. prés, du V. chanter, et adj. verb. dans le sens de Qui se chante aisément : Musique chantante ; ou Qui tient du chant : Cette tangue est chantante.

CHANTEUR, s. m. Le fém. correspondant est chanteuse.

Voy. Cantatrice.

CHANVRE, s. m. Il est du fém. dans la Fontaine : La chanvre était tout à fait crue.

On le fait aussi du féminin dans quelques provinces; le masculin est seul admis par TAcadémle.

CHAOS, s. m. Confusion de toutes choses. Ch se prononce comme k, et le s final ne se fait entendre que devant une voyeUe ou un A mmU Voir Cabot.

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CHAQUE, «dj. «HstrilMKtitCe mot diffère essentiellement du pronom ou nom distributif cAocuu. Chaquemppoteetaieconi' pagne nécessairement le substantif, chaque volume,- tandis que chacun (chaque nu, chaque individu) exprime lui-méiDe i^ée du substantif. En conséquence, on ne doit pas dire : Ces ^Mlumes coûtent dmq francs chaque, mais ces volumes coà^ tent cinq francs chacun. On peut dire , en effet : Ces vokt^ mes coûtent chacun cUiq francs, tandLs qu'on ne dirait pas ces volumes coûtent chaque cù^ francs.

Après chaque répété, le verbe se met au singulier : Chaque vers, chaque mot court à /*rfvénement (Boileau). Chaqtte état et chaque dge a ses devoirs (J.-J. Rousseau).

CHAR À BANCS, s. m. S*écrlt sans traits d'union. Plur. chars à bancs.

CHARITÉ, s. f. n peut se mettre au pluriel dans le sens d* Aumônes : Cette dame fait de trèS" grandes charités i et dans cette expression proverbiale : Prêter des charités à quelqu'un, c.-à-d.

Chercher à faire croire fausse* ment quil a dit ou fait quelque chose de mal.

CHARLATAN, s. m. Il n»a point de fém. correspondant.

CHARMANT, part prés, du V. charmer, et adj. verb. daoa le sens d'Agréable, qui plaît ex« trémement. Une maison charmante.

CHARRETIER* s. m. On dit »u fém. une charretière, — Charretier, adj. dont le fSém.

est charretière* Par où peaveat

' lés charrettes. Chemin eharreiier. forte cfiarretière,

GHARRIERet GH ARROTER.

T. a. ou transit. L'Académie ne met aucune différence dans la signification de ces deux verbes ; elle donne comme exemple:

Charrier des pierres, et // en a coûté beaucoup pour charroyer toutes ces pierres. Elle fait obsenrer en outre qu*en parlant d'un courant d*eaa, d'une rivIèM, oa dit eharrier.

Les riçiètvs charrient du sable.

CBÂKTBVE. s. m. On pro* nonce Carybde (Acad.) . Goufft-c situé dans le détroit de Messine, ▼fe-à-vls d'un éenefi apjpelé ScjfUa,

CHASSE-COUSIN, s. m. Se dit <f un mauvais vin et d'autres choses propres à chasser les parasites, n ne s'emploie pas au pluriel.

CKASSE-BIARtiB. s. m. Voiturler qui porte, qui amène la marée. Petit bAtlment à deux mftts. Le pluriel s'écrit comme le singulier.

CHASSE - MOUCSne. s. m.

L'Académie écrit ainsi ce mot, et le définit Espèce de petit balai avec lequel on chasse les immches. Le sens exige donc qu'on écrive, tant au singulier qu'au pluriel, chasse-mouches i aussi est-ce là l'orthographe adoptée par tous les grammairiens.

CHASSERESSE, ad], et s. f.

Ce mot, qui dérive directement du verbe chasser et non du subst. chasseur (fém. chasseuse), ne s'emploie guère qu'eu poésie, ou pour dé^gner «ne statue de Diane. lia Dianeeha^seresse^

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