‹ Petit guide du chercheur de minéraux [microforme]Chapitre 3 sur 66 · AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

AVANT-PROPOS

Je n'ai nullement la prétention de soumettre un nouveau cours de Minéralogie à mes lecteurs. Il existe déjà assez de précis, de manuels, de traités de cette science pour que je ne me sente point envahi par l'intrépide vanité d’en compliquer le nombre. Presque toutes ces œuvres, trés-consciencieuses, fort bien faites pour la plupart, sont restées stériles dans leurs effets près du vulgaire. Le guide que je livre . au public se propose de rendre intelligible à la catégorie trés-nombreuse de gens ‘jui savent peu, la connaissance des pierres, des terres et des métaux utiles à l'Industrie moderne.

Atteindra-t-il complètement l’objet pour lequel il a été conçu je n'ose l’espérer, mais un plus habile, saura mieux parvenir à ce but que je n'aurai fait qu'entrevoir, le succès qu’il obtiendra rendra uu service signalé à l'industrie et à la science, car, dans un pays comme le nôtre, ceux qui, par métier ou par goût, comme les chasseurs, les pionniers et les voyageurs, explorent le plus, sont ceux qui savent le moins discerner les richesses minérales qu’ils foulent, cependant, si souvent aux pieds.

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SVERTISSEMENT

Les minéraux pierres, terres ou métaux se reconnaissent au moyen de leurs caractères ou propriétés. Mais, ces caractères ou propriétés sont si nombreux, si peu concluants, en général, pris isolemment, qu'après la lecture d’un traité de minéralogie, le lecteur, dans le cas assez rare où il a compris quelque chose à sa lecture, n’en reste pas moins fort embarrassé.

Par où commencer l'examen du minéral qu'il se propose d'étudier ? Autour de quelle propriété primordiale groupera:t-il toutes les autres ? Ces difficultés restent insolubles pour lui, chaque caractère appartenant à cent corps différents. Cependant, ces propriétés ne sont point répandues sur tous les minéraux avec la même prodigalité il en est quelques-unes qui .craient typiques si elles avaient été mieux étudiées et surtout mieux appliquées.

Les propriétés des corps sont, ou CHIMIQUES ou GÉOMÉTRIQUES ou PHYSIQUES,

Les caractères chimiques, les seuls qui puissent

amener à une connaissance minérale presque complète ne peuvent trouver place dans ce guide.- Ils exigent des études toutes spéciales, des locaux particuliers et et un outillage toujours assez coûteux.

Les caractères géométriques, qui donnèrent naissance à la CRISTALLOGIE, ne pourront nous être ‘itiles que par accident ; le CRISTAL, dans la Nature et G.ns l'Industrie, représentant presque toujours l'exception. De plus, l'étude de la cristallogie, même réduite à sa plus simple expression, veut, comme les caractères chimiques, des connaissances que mes lecteurs possederont peut-être, mais que je dois supposer ne pas exister chez eux.

Il reste, comme moyens d'investigation, les caractères physiques. Encore ferai-je tous mes efforts pour n’employer que les plus simples, ceux qui n’imposent l’achat d'aucun instrument de quelque valeur. Ceux qui existent, en quelque sorte à l’état latent dans les connaissances des plus ignorants.

Pour mettre fin à l'incertitude causée par la diffusion des différentes propriétés minérales, j'ai fait choix, parmi les caractères physiques, de la DENSITÉ comme élément le plus pratique de premier groupement. Comme élément de subdivision de ce premier groupement, j'ai adopté la DURETÉ.

Ces deux propriétés ne demandent, pour être bien comprises, que peu d'efforts intellectuels et ne veulent dans leur äpplication que des instruments aussi peu coûteux que peu compliqués.

La propriété des corps connue sous le nomde DEN-

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srTÉ est sujette à plusieurs causes d'erreur, il est vrai, provenant toutes d’un changement moléculaire dans l'état de ces mêmes corps. Monsieur Beudant a constaté : 10 que plus la cristallisation de la substance s'approche de la régularité, plus la pesanteur spécifique est grande ; 20 que dans toutes les substances ce sont toujours les petits cristaux qui présentent la plus grande pesanteur spécifique : ce qui tient à ce que ce sont eux qui offrent dans leur masse plus d'homogénéité, et que ce sont eux aussi dont ies formes sont plus nettes ; qu'il semble en résulter que les gros crrstaux ont de vides dans leur intérieur, et que par conséquent les groupements des petits eristaux par ie moyen desquels se forment généralenrent ceux d’un gros volume, n’ont pas la régularité qu'on leur a supposée, et qu'il doit exister entre eux des espaces plus ou moms considérables, même lorsque la masse paraît avoir le plus d'homogénéité ; 30 que les variétés à structure lamellaire, fibreuse, etc., sont généralement celles qui offrent la plus petite pesanteur spécifique, et que l'effet que Jon remarque dans les petits cristaux comparés aux gros, se fait observer dans les lamelles et les fibres, puisque plus celles-ci sont petites plus les variétés qu’elles constituent sont pesantes qu’enfin les différences de pesanteur observées dans les cristallisations régulières et confuses, disparaissent

totalement lorsque les diverses variétés sont réduites en poudre.

Dans quelles limites se produisent ces variations ? Théoriquement, l’on conçoit quelles puissent n’en

point avoir, mais, dans la pratique, il en est tout aurrement et l'examen comparé de la densité des diffétents corps connus démontrent que, sauf quelques exceptions relativement assez rares, ces limites sont comprise entre et c’est-à dire, que pour un minéral dont la densité est N, cette propriété peut varier de NàânN + oude NàN . Parmi les exceptions à cette loi, je citerai les suivantes :

Le tellure auro-plombifère voit sa densité varier de 9.22 à 10.67 ; l'or natif, de 15 à 19 ; le platine natif, de 16.33 à 19.47 ; le platine iridifère, de 22 à 23.5 ; le platine aurifère, de 18 à 20.

Il faut remarquer que ces variations très étendues ne se produisent que pour des corps dont la denstré, à cause de son élévation même, est déjà une caractéristique suffisante, et que les substances, qui sont l’objet de ces variations, sont en quelque sorte, bien plus des alliages métalliques naturels que de véritables combinaisons minérales. Ce sont donc bien là de véritables exceptions ne pouvant, ni infirmer la règle que je viens d'établir, ni créer d'obstacles sérieux à la iméthode que j'ai adoptée, méthode qui n’a d’ailleurs nullement ia prétention d'amener à des certitudes complètes.

Malgré les exceptions que je viens de citer, et quelques autres encore, l'on peut considérer la densité moyenne des corps comme l'expression de leur état moléculaire le plus ordinaire dans la Nature et comme possédant un degré de fixité suffisant pour servir à un premier groupement des minéraux.

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[Il eût été difficile de trouver dans les autres propriétés des corps un caractère plus favorable à leur groupement. La couleur varie avec tous les minéraux et n’est typique que pour une vingtaine d'entre eux- Les propriétées optiques, l'odeur, le goût, l’électricité, la cassure, la dureté, etc, etc., ne sont que propriétés essentiellement accessoires qui n’eussent donné que des groupes beaucoup trop remplis pour atténuer la difficulté des recherches et localiser ces dernières autour d’un assez petit nombre de corps.

Fai dit plus haut que parmi ces propriétés accessoires j'avais fait choix de la DURETÉ comme élément de subdivision des groupes. J'ai divisé chaque groupe dus aux densités en trois sections ou subdivisions motivées par l’état de dureté des corps groupés. Les corps que j'appellerai tendre, et dont le coëfficient de dureté peut-être placé entre r et 4 de l'échelle de Mohs, appartiennent à la première subdivision. Les corps demi-durs, coëfficients placés entre 4 et 6 de la même échelle constituentla deuxième subdivision. Les corps durs, coëfficients placés entre 6, 1 et 10 appartiennent à la troisième subdivision.

En lisant l’un des tableaux de groupement, le deuxième par exemple, qui contient le plus grand nombre de corps, l’on peut constater qu’au moyen de l’application de cette seconde propriété, toutes les recherches se trouvent concentrées sur 30 minéraux pour la première subdivision, sur 29 pour la seconde et sur 8 pour ia troisième.

On conçoit que plus rigoureusement appliquée la

DURETÉ pourrait localiser bien plus encore les recherches et que rien ne serait plus facile que d'isoler les corps très tendres(coëfficients de 1 à 2)des corps moins tendres (coëfficients de 2 ; 1 à 4) etc. L'on conçoit encore, qu'au moyen de quelque nouvelle propriété d'application facile et peu compliquée telle que la conleur, le goût, la réfraction simple ou double, la solulon, etc., l’on puisse arriver à réduire de plus en plus le nombre des minéraux à étudier et à écarter peu à peu tous les doutes qui pourrait exister encore sur la nature de celui que l’on a intérêt à connaître.

Pour prendre les densités,je me suis servi avec avantage de la petite balance de pharmacien dont l’un des plateaux est percé d’un trou très: petit où l’on adopte un crochet.(fig. 1)Ce petit instrument et la boîte qui le renferme coûtent une piastre. ‘Tous les poids drachmes, scrupules, grains peuvent servir, mais ilest r:neux d’acheter une petite boîte de poids français en cuivre de 50 cents. Elle contient 8 petits poids en cuivre de 50 grammes à 1 grammes et les subdivisions du gramme, de 5 centigrammes à 1 milligramme. Ces petites boîtes de poids français se rencontraient autrefois à Mont” réal. A ces deux objets on ajoutera un marteau dont la pointe se terminera en biseau, fig 2. (l’un des trois modèles), trois petits flacons contenant, le premier de l'acide nitrique, le second de l'acide chlorhydrique le troisième de l’acide sulfurique (+)

(1) Vote : ces acides étaient plus connus autrefois sous les noms d’eau forte pour l’acide vitrique d'esprit de sel pour l’acide chlorhydrique et d’Æwile de vitriol pour l’acide sulfurique.

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Les flacons (fig 3) devront être bouchés hermétiquement à l’émeri.

J'ai l'habitude de garnir avec un treillis en feuille fine la base de mes flacons, cela afin d'éviter aux chocs qui se produisent quelquefois de briser le verre des petits récipients. Ces achats, marteau compris, vous reviendrons à $1.50 environ. Vous joindrez à ces acquisititions un petit poinçon d'acier bien trempé, quelques morceaux de verre, un cristal de quartz un cristal de phosphate apatite, un morceau de marbre. Enfin vous compléterez par deux ou trois épingles à grosse tête de cire rouge et par un morceau de bougie, cet outillage peu onéreux et du transport le plus facile en tout temps et en tous lieux.

PROPRIETES PHYSIQUES.

Avant d'en arriver aux procédés mis en usage dans ce guide, pour l'examen des minéraux, il est nécessaire de définir le plus exactement possible les pro: priétés physiques que nous ferons intervenir dans nos études.

On distingue les propriétés physiques en signalements :

Extérieurs

Organoleptiques 2 Galorifiques 3 Electriques 4 Optiques. 5

Les signaiements extérieurs, Comprenent La

DENSITÉ, la DURETÉ, la CASSURE, l’ECLAT, la TRANS- PARENCE, la POUSSIÈRE.

Les signalements organoleptiqnes : Va COULEUR, la la SAVEUR, POUSSIÈRE, le HAPPEMENT À LA LANGUE, le TOUCHER, l'ODEUR. -

Les signalements ca/orifiques nous donneront la FUSIBILITE, la VOLATILITE que nous emploierons rarement et la SOLUBILITE dont nous ferons un fréquent usage.

Nôus emprunterons aux signalements é/ecfrique, l'ELECTRICITE €t la PHOSPHORESCENCE. Enfin, parmi les caractères OPTIQUES, nous ferons souvent intervenir dans nos études ceux que l’on désigne sous les noms de REFRACTION SIMPLE, DOUBLE REFRACTION, PO- LÉCHROÏSME et DICHROÏSME.

DENSITE,

Tout le monde sait qu’un morceau de plomb de la grosseur du pouce est plus lourd qu’un morceau de fer, qu’un morceau de pierre de même grosseur. Chacun sait, enfin, que l’un de ces corps pierre, plomb ou fer, s’il est plongé dans l’eau, devient plus léger et que l'effort qu'il faut développer pour le soulever est moindre dans ce cas que pour le soulever dans l’air. Les corps plongés dans l’eau y prennent la place d'une certaine quantité de ce liquide, quantité de liquide qui représente un volume égal à celui du corps plongé, ce qui peut se constater assez facilement par l'expérience. Ceci bien compris

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