JACQUES
Lisbeth, pas n’est besoin de dire, Il était morte sans enfants.
Et c’est, pour oun trône, oun sort pire Que la trop plein de prétendants.
Car, s’ils sont plusieurs à le file, On peut choisir et c’est très bien :
Mais cet choix devient difficile Quand dessous le main on n’a rien.
Donc, de princes le pénurie Il causait beaucoup des douleurs A la peuple tout ahurie De devoir en chercher ailleurs.
Jadis des rois issus de France Sur la trône s'étaient assis :
Mais ce n’était par complaisance, Car cet trône ils l’avaient conquis.
Alors on chercha dans l'Irlande Parmi les grands du nation, Mais il paraît que dans le bande On ne put trouver rien de bon.
108 } Les Grandes Rois
Bien ! Tout à coup la peuple anglaise Se dit: Oh! mais, que j'ai donc tort De tant chercher, quand à mon aise J'en puis trouver oun sans effort !
I1 se souvenait qu'en Ecosse Autrefois oun princesse anglais
Etait allée en bel carrosse
Pour devenir reine écossais.
Et ce princesse il fut, de même, Grand’mère de Mary Stuart,
Duquel la fils, Jacques Sixième, D’Ecosse il devint roi plus tard.
Pour lors se dit la peuple anglaise :
Heavens ! c'est cet-là qu’il nous taut.
Qu'il vienne, et, pour le mettre à l'aise, Nos soins ne feront pas défaut.
Il vint. Mais comme, en Angleterre, On croit toujours tout inventer,
La nom de Jacques la première
Au lieu de l’autre il dut porter.
Bien ! paraît-il, dans tout l'Histoire Il est malaisé de trouver
Oun règne moins rempli de gloire, Mais, en même temps, d’en rêver Oun qui fût plus vraiment honnête.
Quant à Jacques, nul autre roi Jamais ne reçut par le tête
Tant d’éloges de bonne foi
Ni tant de coups de la critique,
De grands saluts, malins discours
de Angleterre [ 109