LES REFUSÉS
Ceci est à méditer : « Les œuvres remarquables contiennent nécessairement un peu de cette beauté choquante dont la routine s’alarme. » — Théophile Gautier.
J’ai vu les œuvres d’art refusées à l’Exposition de 1873. Plusieurs tableaux me sont restés dans l’esprit. Je me souviens de plusieurs noms d’artistes : Lépine, Lecœur, Mérino. La Femme adultère de M. Thompson est œuvre d’artiste. J’ai noté un paysage très-fin de M. Louis Latouche. Une Nature morte , si-
TETTT MANUEL D'ART
gnée d’un nom polonais, avait du mérite. Devant le Lapin dépouillé de M. Ferdinand Attendu, j’ai vu s’arrêter M. Chaplin. « Il y a des qualités de ‘peinture, » a-t-il dit.
M. Gonzague Privât console ainsi les affligés : « La voix publique est un avocat qui a soif de parler, rage de prouver, fureur de convaincre. » M. Gonzague Privât est peintre.
Entre ces artistes dédaignés et moi, il y a parité d’infortune. J’ai eu l’ambition de faire partie de la Société des gens de lettres, et le Comité a prononcé l’ajournement, ce qui m’a été notifié le 9 juillet 1872.
D’où m’était venue la pensée d’être admis dans cette Société? En 1862, j’avais publié un premier livre : Une Volée de merles; un courtois écrivain avait dit : « M. Jean Dolent peut siffler de compagnie avec les merles les plus huppés. » — Clément Caraguel.
Le Roman de la chair vint ensuite (1866). Le principal personnage est un valet, « un merveilleux valet. » — Louis Jourdan (Siècle)-
« Un valet qui porte dans son cerveau étroit