CHAPITRE VI
de cet accueil, — je l’avoue. On causa. Ce monsieur amena la conversation non sur la littérature, mais sur l’art, sur la sculpture spécialement. Il tint à avoir mon avis sur le Chanteur florentin de M. Paul Dubois, sur les Danseuses bien en chair de M. Carpeaux. Il insistait. Il voulut savoir comment on taille la pierre et le marbre. J’entrai dans des détails de pratique. Visiblement intéressé, il m’écoutait et me regardait. Étonné, je regardai mon ami; il était impassible.
Puis ce monsieur grave me dit :
— Bien avant de vous connaître, j’avais pu apprécier vos oeuvres...
— Monsieur...
— Je ne m’attendais point à être présenté à un artiste si...
— Mais je ne suis pas artiste.
— Vous êtes modeste. Je l’ai su par voire ami... les petits cochons, les jolis cochons de saindoux... chez Vero-Dodat. . . votre ami me l’a dit.
Que répondre? J’avouai....
Je n'ai jamais depuis été admiré.
Des conférences d’art faites par des artistes.
— J’aimerais à entendre au musée du Louvre, le dimanche, des artistes parler sur leurs maîtres préférés : Ribot, des peintres espagnols devant Y Ensevelissement de Ribera ; Baudry louerait le Corrége en face de YAntiope; Chaplin parlerait de Watteau et de Boucher.
— Et Courbet ?
— Courbet parlerait de lui-même.
— Et Cabanel ?
— Il ne parlerait pas.
Cherchant à préciser le ton à prendre en cette occurrence et amené à apprécier les plus habiles en l’art de parler sur d’autres sujets, je notai ces croquis :