‹ Petit manuel de l'amateur de livresChapitre 15 sur 72 · I.I^ PAlMi:i · texte numérisé non relu

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Le vélin, ainsi nommé parce qu'il a la transparence et l'aspect de l'ancien vélin \éritable, provenant de la peau de jeunes veaux, est un papier sans grain, très uni, lisse et satiné, excellent pour le tirage des \ ignettes. C'est au célèbre et si original im- |>rimeur anglais John Baskerville (1706-1775) qu'est due l'invention du papier vélin ; elle lomonie à 1750, et le premier ouvrage tiré sur cette sorte de papier fut une édition de N'irgile, datée de 1757 et publiée par Baskerville. D'une façon générale, tout papier fabri- (|ué à la forme, tout papier « de cuve », dépourvu de grain et de vergeures, est qualifié de vélin '.

Le papier de Chine se fabrique avec l'é-

1. On rencontre fréquemment, dans les catalogues et annonces de librairie, celte locution : « papier de cuve du Marais », « vélin de cuve des fabriques du Marais ». Ce n'est pas à Paris, dans le quartier du Marais, comme certains se l'imaginent, qlie se trouvent ces fabriques de papier à la forme, mais dans le déi)artemcnt de Seine-et-Marne, sur la rivière du (îrand-Morin, près et en aval de Jouy sur-Morin, au lieudit « le Marais ». Non loin de là, sur la rivière du Petit-Morin, en amont de la Ferté-sous-Jouarre, au lieu dit « le GoufTrc » ou « Usine de Biercy », se trouve une autre papeterie à la forme, qui appartient à la Banque lie France, et où elle fait fabriquer le papier de ses billets.

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corce (lu bambou. Il a une teinte grise ou jaunâtre, un aspect « sale » plus ou moins prononcé. Gela vient de ce que sa fabrication s'effectue en plein air. Il est, en outre, « très mince, et très spongieux à la fois, et doux et brillant comme un foulard de soie. Malgré toutes ses qualités, le papier de Chine, trop inconsistant, doit sa réputation, non pas à sa propre beauté, mais bien à ses affinités particulières avec l'encre d'impression. Son tissu, lisse et mou tout ensemble, est plus apte qu'aucun autre à recevoir un beau tirage. Cette propriété fait rechercher le papier de Chine pour le tirage des gravures.,.. L'impression y vient avec une incomparable netteté. Les livres imprimés en petit texte gagnent particulièrement à être tirés sur chine ^ » Le même bibliographe, qui n'est autre, paraît-il, que M. Alphonse Lemerre, l'éditeur, ajoute : « Nous rappelons aux amateurs que ce papier, fabriqué avec des substances végétales, est soumis à un travail incessant de décomposition, d'où résultent

1. Le Livre du bibliophile, p. 32-33. (f\aris, Alphonse Lemerre. 1874.)

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assez promptemcnt ces petites taches jaunes ou piqûres dont aucun papier, d'ailleurs, n'est exempt pour toujours ». 11 est donc prudent de le faire encoller aussitôt après l'impression.

Le papier de Chine sert non seulement pour certaines éditions de luxe, mais aussi pour les reports lithographiques. La feuille de chine, convenablement encollée au préalable, et portant le texte, croquis ou dessin à transporter, à reporter sur la pierre, est appli- ({uée sur celle-ci, et 'soumise à une forte pression : un simple mouillage suffit alors pour qu'elle laisse sur la pierre ce texte ou ce cro- <{uis, — le report.

Le papier du Japon est un superbe papier blanc ou légèrement teinté en jaune, soyeux, satiné, nacré, à la fois transparent et épais. H provient de Técorce d'arbrisseaux de la llore japonaise, tels que le mitsurnata (Edgeivorthia papyrifeixi), dont les fibres sont molles, souples, longues et solides ; le kozohodzou (Broussonetla papyrifera], fibres grosses, longues et solides; le gaïupi {Wick- ^irœmia canescens), aux filaments très déli-

cats : le papier fourni par ce dernier arbuste est particulièrement fin, souple et lisse.

Le japon absorbe Tencretrès facilement et fait on ne peut mieux ressortir les tons des dessins. Il est d'un maniement qui exige des précautions ; c'est un papier qui redoute les frottements, qui ne peut supporter aucun grattage ni nettoyage sans s'effilocher, aucun lavage ; un papier réputé « fragile », ce qui ne l'empêche pas d'être très consistant et très résistant, très solide, souvent même presque indéchirable.

On fabrique, depuis quelque temps, un papier qui offre les apparences du japon, sans en posséder toutes les qualités, et qui se vend naturellement à bien meilleur compte : c'est le simili-japon.

C'est avec la ramie, appelée aussi ortie de Chine, et qui se cultive aujourd'hui dans le Midi de la France, que se fabriquent les plus belles sortes de papier ; mais cette fabrication est très restreinte, et actuellement le

pa[)ier de vanne ne sert guère que pour la Confection des billets de banque. Il est d'un prix très élevé : tandis que le papier de chiffon coûte 200 ou 500 francs les 100 kilos, le papier de ramie atteint et dépasse môme 400 francs. Cette cherté provient des frais de [» réparation particulière qu'exige la ramie pour être transformée en pâte.

Le papier cValfa, dont les Anglais ont jusqu'à présent, pour ainsi dire, le monopole de fabrication, est un papier souple, soyeux, résistant, qui supporte bien la « charge », en (1 autres termes, absorbe aisément de fortes proportions de fécule et de kaolin, et qui prend bien l'impression. Son épair est régulier'; néanmoins, ce papier est rarement

1. <( En plaçant entre le rayon visuel et le grand jour une feuille de papier quelconque, il est possible de juger de la qualité ou des défauts de la fabrication. C'est ce qu'on appelle examiner Vépair d'un papier. Bien que généralement employé par le consommateur, ce moyen n'est pas inlaillible, et il ne faudrait pas s'y arrêter d'une manière absolue. En effet; si l'on s'en tenait seulement à 'l'examen d'un papier à l'épair, on risquerait fort de commettre des erreurs singulières d'appréciation. Ainsi, par exemple, l'épair du papier de paille est plus beau, mieux fondu que celui de pur chiiïon. Ce dernier conserve toujours, plus ou moins, une légère impureté, qui ne peut

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blanc, et il a l'inconvénient d'être transpa- I rent.

Le papier indien d'Oxford, de création récente, est à la fois très mince et très opaque. L'impression qu'il reçoit ne transparaît pas.: Il a reçu le nom de papier indien, « parce qu'il a été inventé pour imiter un papier très mince de l'Inde' ». Les procédés employés pour le fabriquer sont tenus secrets. Depuis 1875, l'imprimerie de l'Université d'Oxford est propriétaire de ces procédés, et, seule, elle fabrique ce papier, qui convient particulièrement aux livres dont on a besoin de réduire le plus possible la masse et le poids, par exemple, aux volumes contenant un

être aperçue qu'à l'épair et qui ne se voit absolument pas à la surface. Un praticien exercé ne s'y trompera pas, mais une personne qui ne serait pas prévenue de cette particularité donnerait à coup sûr la préférence au papier de paille, qui lui semblerait plus propre et mieux fait. Nous avons parlé du fondii^ auquel on attache parfois trop d'importance. En effet, un papier ordinaire sera mieux fondu qu'un beau papier, solide et résistant. Celuici sera presque toujours nuageux, parce qu'on a soin de • laisser aux fibres du chiffon une certaine longueur qui aug-^ mente la solidité du papier. y> (Georges Olmer, op. cit.,:? pp. 61-G2.) I

1. Archives de V imprimerie^ dans le Mémorial de la\ librairie française., 16 mars 1005, p. I'i2. |

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^rand nombre de pages et qu'on ne peut ou qu'on ne veut scinder : dictionnaires de poche, guides de voyage, aide-mémoire, vademecum, etc., et à ces minuscules ouvrages, curiosités et étrangetés de la bibliographie, dits livres microscopiques. Le papier indien d'Oxford est malheureusement d'un prix élevé.

Depuis quelques années également, on fabrique un papier ordinairement vergé et épais, à la surface rugueuse, « fruste », d'une très grande légèreté, et dit pour cela papier léger, ou même papier léger comme la plume. Diverses maisons d'édition s'en servent fréquemment pour l'impression de volumes à 7) fr. 50 non accompagnés d'illustrations dues aux procédés photographiques. Il y a là, paraît-il, « une sorte de réaction contre les papiers couchés et glacés », nécessaires pour ces illustrations, et dont se plaignent très justement beaucoup de lecteurs. Plusieurs papeteries françaises fabriquent du papier léger; il se compose, dit-on, d'alfa, de tremble et d'un peu de chiffon ; mais les quantités proportionnelles de ces matières et les détails

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de fabrication ne sont pas divulgués. Le papier léger vaut de 60 à 80 francs les JOO kilogrammes.

On appelle papier-pni'chenun, parchemin végétal ou /aux parchemin un papier non collé, trempé quelques secondes dans une "* solution d'acide sulfurique, opération qui lui donne instantanément une transparence jaunâtre et une consistance rappelant le vrai parchemin. Le parchemin végétal, dont la première fabrication remonte à 1846 et est due à l'ingénieur Poumarède et au vulgarisateur scientifique Louis Figuier^ est fréquemment utilisé pour les couvertures de volumes.

Le papier serpente est un papier très mince et sans colle, destiné principalement à protéger les gravures contre le maculage.

Le papier pelure (foignon, ou simplement pelure, est aussi un papier très mince, très léger et non collé ; il s'emploie notamment pour les copies de lettres ; une certaine espèce de papier pelure collé est utilisée comme papier à lettre économique ; par sa légèreté, elle permet d'éviter les surtaxes postales.

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