Comme nous le verrons plus loin (p. 91), notre roi
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que sans valeur et souvent de matières de rebut, le résultat d'une trituration de loques et de chiiTons, une foia façonné et imprimé, devenu livre ou journal, il acquiert une puissance sans pareille, une sorte de souveraineté universelle. Il modifie nos idées et nos croyances, transforme nos mœurs et nos lois, renverse ou restaure les États, décide de la paix et de la guerre : il gouverne le monde, pour ainsi dire; et il s'est tant multiplié de nos jours, on en fait une si grande et si envahissante consommation, que cette particularité est devenue une caractéristique de notre époque, qu'on a surnommé notre âge « l'âge du papier. »
Le papyrus subsista jusque dans les premiers siècles de notre ère, et môme jusqu'au onzième siècle. Il était d'un prix très élevé, coûtait, — rapporte M. G. d'Avenel, dans une étude très soignée et très intéressante*, — « cinq cents fois plus, a-t-on dit, que noire
Louis XII usait de la même hypcrl^ole en parlant de rimprimerie, d'origine « plus divine que humaine », elle aussi.
1. Le Mécanisme de la vie moderne, 1" s(^rie, le Papier, p. 2.
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papier actuel, et, pour ce motif même, ayant à soutenir la concurrence des tablettes de cire et des peaux de mouton [parchemin] savamment préparées. Ces dernières finirent par remporter tout à fait. Il y avait des centaines d'années qu'en France on écrivait exclusivement sur du parchemin, lorsque, vers le règne de saint Louis, apparut le papier de chiffon. »
Quant au parchemin, « il est possible que ce soit à Pergame qu'il ait été amélioré, qu'on l'y fabriquait et qu'on en faisait le commerce, puisque ce produit en a tiré son nom. On croit qu'il était connu quinze siècles avant l'ère actuelle. Les peaux de chèvre, de mouton et d'âne étaient utilisées pour sa préparation, qui était à peu près identique à celle de nos jours '. »
M. G. d'Avenel écrit encore, à propos de l'invention du papier de chiffon^ :
« Il venait de Chine, ayant marché fort lentement, avec une vitesse moyenne de cent
1 . Daremberg, Saglio et Potiiier, Diclionnaire des antiquités grecques et romaines, art. Membrana.