Sur ce mot, voir plus loin, p, 111) et sujv
mière édition d'un ouvrage, peut ne pas ôtre la même que la page correspondante de la neuvième ou de la dixième édition de cet ouvrage ; tandis que, comme nous venons de le voir, la page 20 d'un exemplaire du premier tirage est « textuellement » identique à la page 20 d'un exemplaire du neuvième ou du dixième tirage.
Déterminer, môme approximativement, d'après le numéro de l'édition ou du tirage, le nombre d'exemplaires d'un livre tirés et mis en vente est chose impossible. Là, non plus, il n'y a aucune règle. Une édition peut aussi bien se composer de 200 exemplaires que de 2 000, de 3 000, 5 000, etc. Plusieurs des romans d'Emile Zola et d'Alphonse Daudet se sont tirés du premier coup, pour la mise en vente, ce qu'on nomme le départ, à plus de 100 000 exemplaires. C'est afin d'introduire un peu d'ordre et de clarté dans ce genre d'opérations que certains éditeurs, au lieu d'inscrire sur la couverture et le titre des volumes le chiffre de l'édition : deuxième édition, troisième édition, quatrième édition..., ce qui ne dit rien du tout, les numérotent par
mille : deuxième mille, troisième mille, quatrième millet...
En général, cependant, on peut dire que les ouvrages dont la vente ne paraît pas assurée ou semble devoir être restreinte, — un recueil de poésies signé d'un nom inconnu, je suppose, — ne sont pas actuellement tirés à plus ,de 500 ou même 500 exemplaires. Un roman, signé d'un débutant, se tirera à 500, 1 000 ou 1 500 exemplaires ; si ce roman s'adresse à la jeunesse et peut se donner comme livre d'étrennes ou de prix, le premier tirage pourra monter jusqu'à 5 000 exemplaires, voire davantage. C'est également à ce chiffre, à 5 000 exemplaires, que se tirent d'ordinaire les ouvrages classiques dont la vente paraît r(MHaine.
1 . « Il serait désirable que les mots Nouvelle édilion uw Dixième édition fussent exclusivement réservés au\ Ltlilious revues, corrigées, augmentées ou remaniées, et que, pour les réimpressions pures et simples, ils fussent remplacés par les mots lira(je ou mille] il serait bon qu'il intervînt une entente pour que, dans chaque lîmgiic, le terme employé fût le même. » (Vœux émis par le (Iongrès international des éditeurs, à Berne, en juillet 1902 : Bihliofjraphie de la France^ 19 juillet 1902, II, Chronique, p. 22. Voir aussi le môme recueil, 2 décembre 190o, II, Chronique, p. 205-20G.)
(,4 PETIT MANUKl. I»i: I. AMATKl II DK LIVRES.
Les ])rcmi('rs livres imprimés, les incunables\ avaient des tirages relativement minimes, qui ne dépassaient guère 500 exemplaires.
On appelle édition princeps la première édition d'un ouvrage, spécialement d'un ouvrage ancien : pour les auteurs modernes, on se sert du terme édition origincde.
Une édition est dite définitive ou ne varietur quand le texte en a été revu par Fauteur ou par ses ayants droit, et déclaré par eux désormais arrêté et invariable.
Ces définitions terminées, revenons au format.
De ce que nous avons dit de la fabrication actuelle du papier, fabrication mécanique sur la toile sans fin, et non plus uniquement à la forme, il résulte que les papiers d'aujourd'hui n'ont plus de dimensions régulièrement et fixement délimitées. Il convient
1. Sur les me U7ia6/e,s^ et leurs caractères distinctifs, voir notre ouvrage le Livre, t. III, p. 133 et suiv.
'observeivaussi tout d'abord que ces expres- (11- : in-octavo, in-douze, in-seize, in-dixiiil, etc., s'appliquant exclusivement au iode de pliage de la feuille (in-octavo inique que la feuille a été pliée de façon à )rnier 8 feuillets^ ou 10 pages; in-douze, de içon à former 12 feuillets ou '24 pages; ineize, de façon à former IG feuillets ou 2 pages, etc.), sans faire connaître les dilensions premières de cette feuille, ne sinifient pour ainsi dire rien. Elles n'ont et (' peuvent avoir un sens précis qu'à condiion d'être suivies de la désignation catégoique du papier, du nom du format des ^uillcs : in-octavo jésu^, in-douze raisin, i-seize cavalier, etc., nom qu'on omet ceendant très souvent dans le langage siiel.
11 esta remarquer, en outre, qu'autrefois, ans le papier fabriqué à la forme, la posi-
on des vergeures, des pontuseaux et de la
1. (In appelle feuillet « chaque partie d'une fouille de fipier formant deux pa^cs ». recto et verso. (Littré [i). cit). La fenille, par conséquent et comme on va le ! )ir, donne toujours un nombre de pasres double du
«iflre indicatif du format.
(iC) rinrr mamki. di: i;amatkiu de i.ïvuks.
marque d'eau' après le pliage de* la feuille, pouvait aider facilement à la détermination du format du volume. Selon le nombre de fois (|uc la feuille (Hait pliée sur elle-même, la marque d'eau se trouvait ou au milieu d\\ feuillet, ou au fond, ou au sommet, etc., les vergeures et les pontuseaux étaient horizontaux ou perpendiculaires.
Voici la liste des formats les plus usités, avec leur nombre de feuillets et de pages et la position de leurs pontuseaux; celle de leurs vergeures est naturellement toujours en sens inverse de celle-ci, puisque vergeures et pontuseî^ux se coupent à angles droits :
Vin-piano, appelé aussi format atlas ou atlantique, c'est la feuille non pliée, en feuillet, comprenant par conséquent deux pages, recto et verso : ici la position des pontuseaux dépend du sens dans lequel on regarde la feuille ;
Vin- folio a la feuille pliée en 2 et contient ■4 pages : ses pontuseaux sont perpendiculaires ; 1. Sur ces termes, voir ci-dessus, p, 14.
\M FORMAT. n?
{Sln-quarlo ou In-qualre (in-quatre)' a la feuille pliéc en 4 et contient 8 pages : ses ponluseaax sont horizontaux;
h' in-octavo ou In-huit (in-8) a la feuille pliée en 8 et contient iô pages : ses pontuseaux sont perpendiculaires ;
L'in-douze (in- 12) a la feuille pliée en \2 ri . ontient 24 pages : ses pontuseaux sont horizontaux ;
Vln-seize (in-l6) a la feuille pliée en 10 et contient 02 pages : ses pontuseaux sont horizontaux;
U in- dix- huit (in-18) a la feuille pliée en 18 et contient ."O pages : ses pontuseaux sont perpendiculaires;
Xuin-vingt-quatre (in-24j a la feuille pliée
: 2i et contient 48 pages : ses pontuseaux il perpendiculaires ou horizontaux^;