I. Imposer une feuille, c'est placer dans un châssis
- paires de celle feuille, en les disposant de telle sorte
q.ie, lorsque ladite feuille est in)i)riniée et pliée, ses pages
se suivent dans leur ordre numérique. Au début de Tim-
prinierie, Y imposition était des plus simples, ou plutôt
elle n'existait pas et ne pouvait exister, puisque, par
suite des petites dimensions des presses, on 'ne pouvait
tirer à la fois que deux pages in-folio. Les imprimeurs
suivaient donc l'exemple des copistes; ils pliaient en deux
un certain nombre de feuilles, 1, 2, 3, par exemple; la
l'Miilie 1 était formée des deuK premières pages et des
deux dernières (1, 2, 11 et 12); la feuille 2, composée des
' p.'iges 3, 4, 9 et 10, entrait dans la feuille 1 ; et la feuille 3,
comprenant les pages 5, 6, 7 et S, entrait dans la feuille 2.
<^e premier cahier portait pour signature, au bas, adroite.
la lettre A; les cahiers suivants recevaient respectivement
|H>nr signatures les lettres B, C, D.... En outre, afin
' 'viter les confusions et de faciliter le placement des
lilles, les pages étaient, de deux en deux, marquées
M un numéro dordre en chiffres romains, placé à côté de
la signature Ainsi la l"' page du premier cahier portait
\ j '. la 3" page Aij ; la -y Aiij ; la 7'' Aiiij ou Aiv. On avait de
M'Uie pour le deuxième cahier : Bj, Bij, Biij. Biiij ou
i:i\ , etc. Au lieu de chiffres romains, on a employé aussi
les chiffres arabes A, A-, A^, A*, etc. (Cf. Emile Leclerc,
op. cil., p. 28:i.)
70 Pl-ni )IAM r-L DE LAMATEUH DE LIVRES.
ne pourrait pas s'effectuer. On sectionne donc ces feuilles, on les partage en cahiers, en cartons^ ou encarts, qui tous nécessairement portent aussi une signature, afin qu'on puisse les classer et assembler, d'où une nouvelle cause de confusion pour la détermination du format. Chaque feuille d'un volume in-l!2, par exemple (24 pages), au lieu d'être entière, pourra se composer de deux cahiers, l'un in-8 (16 pages) et l'autre in-4 (8 pages),
1. Les cartons ou encarts portent quelquefois, dans certains cas, — par exemple, quand ils sont plus longs que larges, et forment une bande, comme dans l'in-LS en deux cahiers, — Xewomàa feuilletons. {}n donne encore le nom de cartons à des feuilles su|)plémentaircs d'impression qu'on est quelquefois obligé de faire, pour remplacer des pages d'un livre qui contiennent soit des erreurs qu'on veut réparer, soit des passages qu'on désire supprimer. Ces feuillets supplémentaires une fois tirés sont cousus ou collés à la place des pages enlevées. Un carton se compose toujours de quatre pages qui se tiennent. Mais on peut n'avoir besoin d'apporter des modifications que dans une seule page, de ne changer qu'une ligne ou qu'un mot : cette page réimprimée (et qui forme un feuillet naturellement, puisqu'elle comprend, un recto et un verso), destinée à remplacer la page primitive, sappelle onglet (cf. Emile Leclerc, op. cit., p. 110), du nom de la mince bande de papier cousue dans le volume et sur laquelle on la colle. Enfin on donne aussi le nom de carions aux cartes de détail i)lacées dans les angles d'une grande carte géographique.