Cf. iD., o]}. cil., p. 46. Los lettres longues dont
liaiLs verticaux des lettres; ils sont plus fortement appuyés, plus « pleins » que les traits horizontaux ou contournés, qui, à cause nirine de leur minceur et de leur finesse, ont reçu le nom de déliés. Le petit trait horizontal pincé au sommet des lettres b, d, h, i, j, k... nomme obit ou apex (crête, sommet, en Jalin; au pluriel apices); et celui ou ceux qui se trouvent au bas des lettres f, h, i, k^ 1, m, n, p... s'appellent empattements.
La lettre double ff, les lettres fi, fi, ffi et ffl, présentent cette particularité, qu'elles sont fondues ensemble, de façon à ne former qu'un caractère. Voici pourquoi. Si la lettre I, (Jistincte et séparée, était placée devant un autre f, devant un i ou devant un 1, sa bouclette supérieure, rencontrant le haut de If
isine, le point de Ti ou le sommet de l'I, le plisserait, et, par cette pression latérale, (imônor.'iit niséinont la rupture d'une de ces
boucles <( débordent )\ comme lï et lej, sont dites leltrcs crénéeii. (Cf. I^ittré, op. cit., art. Crén r.) Par suite de leur position « non soutenue », ces petites boucles sent très sujet'es à se casser au tirage; c'est pour cela, comnie n'Mis allons le voir, qu'on fond souvent la lettre f avec sa -'!S voisines : (i, fil, etc.
100 1»ETIT MAM !• L l>i: I/AMATiau DE EIVHES.
doux parties supérieures en contact, sinon môme des doux. On obvie à ce danger on fusionnant ces ieltros.
Pour séparer les mots entre eux, faire les hlancs, on emploie de petites lames de métal, moins hautes, bien entendu, que les caractères, pour qu'elles ne paraissent pas dans l'impression, et portant le nom {ïespaces[une espace). Suivant leur force d'épaisseur, les espaces sont dites fortes, moyennes ou fines : ces dernières sont d'une épaisseur uniforme de 1 point. D'autres lames de métal, les m^er- Ugnes, ont pour objet, comme leur nom l'indique, de séparer les lignes entre elles. Cette séparation, cet interlignage, ne s'effectue pas toujours : souvent on trouve suffisant l'espace vide, le blanc, produit par le talus des lettres; mais, en général, toute belle impression est interlignée.
Les cadrais^ cadra tins et dent i-cadral lus sont des pièces de fonte servant, les premières, à terminer les lignes de texte incomplète^, ci àisolerles mots disposésen titre ; les secondes, de forme cubique, à produire les blancs qui précèdent les alinéas ; quant aux demi-cadra-
p p' P" t t' Talus pp'p'J, Approches c Cran
\1K>I ti
Espaces
ortes , moyennes ,f mes
/jcndircur' vâr/iii>7e
Interlignes
f pries, moyennes, fi nés
Cadrât Cadratin Demî-Cadratin
Garnitures ow lingots
102 PETIT MANLEf. DE L'AMATEUR DE LIVIIES.
lins, ils sont employés principalement dans les alignements de chiffres, ou pour espacer les points dits points de combdli'. c'est-à-dire les points formant une ligne : par exemple, dans une table des matières, les points conduisant du titre des chapitres ou articles au. numéro des pages.
D'autres pièces « de fonte », ordinairement en plomb, appelées garnilurcs ou lingots^ d'un volume plus ou moins considérable, sont destinées à former les grandes séparations de texte, les pages blanches et les lignes de pied sans signature : le lingot employé dans C( dernier cas, et qui porte spécialement le nomde ligne de pied, parce qu'il se place au bas de la page, sous la dernière ligne de composition, a pour but de renforcer cette page, d'empêcher les lignes de gauchir et de tourner, lorsqu'on procède à la ligature et au serrage en forme. On ulilise surtout les garnitures dans Viniposition, pour entourer les pages d'une forme, les « garnir » ; les blancs qui en résultent constituent les marges.
Selon leurs points, leur force dr rorps, les caractères portaient anciennement des noms
spéciaux, à peu près tombés aujourd'hui en désuétude, mais qu'il n'est cependant pas inutile de connaître. En voici la liste :
l'ouci; i;n points
ou ANCIENS NOMS
FOHCE DE COUPS —
" ])oints Diamant ou sanspareille.
— Perle.
points 1/2 Sédanaise.
— Parisienne.
1) — Nonpareille.
7 — Mignonne.
points 1/2 Petit-texte.
[loints Gaillarde.
I — Petit-romain.
10 — Philosophie.
11 — Cicéro.
Il' ou 13 points Saint-augustin.
I i i)oints Gros-texte.
II ou 10 points Gros-romain.
\x ou 20 — Petit-parangon.
il ou 22 — Gros-parangon.
'l'i [toints Palestine.
'lit ou 28 points Petit-canon.
r.ii points Trismégiste.
lit ou 4i points Gros-canon.
'i^ ou 5() — Double-canon.
'i points Triple-canon.
IH» — Grosse-nonparcille.
100 — Moyenne de Conte.
138 — Grosse-sans[)areille.
ici PETIT MANUEL DE L AMATEUR DE LIVRES.
Le caractère d'imprimerie le plus fréquemment usité est le caractère romain. Chaque imprimerie presque possède son type d< lettres romaines, et les différences entre lc< types de môme corps appartenant à des imprimeries différentes sont, en général, relativement minimes : les uns sont d'un œil un peu plus étroit; les autres plus large; ceux-ci ont leurs jdcins plus gros; ceux-là, plus maigres ; etc. On a ainsi du romain Didot, du romain Raron, du romain Lahure, Marne.
Pion, etc. Pour peu qu'on soit au courant des choses de liljrairie et de typographie, on reconnaît assez promptement ces types respectifs, et il suffit souvent d'ouvrir un livre nouveau pour dire de quelle imprimerie il sort.
L'Imprimerie nationale, elle, possède deux indices spéciaux, ajoutés à ses caractères, en 1702, sur l'ordre môme de Louis XIV, e( qu'elle seule a le droit d'employer : d'abord ses 1, dites / barrées^ qui portent un imper-
LIMPRESSION. 105
ccptible trait horizontal, une barre ou sécante minuscule, placée sur le flanc gauche de la lettre, au milieu de sa hauteur; puis le prolongement de ïoOit ou apex, c'est-à-dire du délié supérieur de ses lettres b, d, h, i, j, k, l : ce petit trait terminal se prolonge vers la droite autant que vers la gauche. "*
Le romain Didot est un des caractères les iiiKMix conçus, les plus habilement gravés, un des plus lisibles et des plus beaux que nous possédions. On en peut dire autant du romain Racon, qui, de forme plus étroite, plus élancée que le Didot, paraît même plus élégant que lui.
La présente phrase est composée en carac- 1' ! 0 romain Didot, corps neuf.
La présente phrase est composée en caraci< re romain Didot, corps dix.
La })résente phrase est composée en caractère romain Haçon, cori)S neuf.
l'd j)résenle phi'asc est composée en caractère romain Ra^on, corps dix.
Depuis quelques années, on rencontre fréquemment un nouveau type de romain, le romain Grasset (du nom du dessinateur et graveur), quia pour caractéristique l'obliquité de la corde de l'arc de ses e (c è), disposition qui se trouve dans beaucoup d'incunables et de manuscrits :
La présente phrase est composée en caractère romain Grasset, corps neuf.
Quant au texte du présent ouvrage, il eî imprimé en caractère romain dit néo-Didoi corps neuf; les notes sont en romain né( Didot, corps sept ; et les sommaires de chî pitres en romain néo-Didot, corps six. La pn face est en romain néo-Didot, corps dix.
Uelzevler, type de caractères créé à Paris, en 15 iO, par le graveur français Claude Garamond, et employé par les célèbres imprimeurs de Leyde qui lui ont donné leur nom, a généralement ses pleins moins accentués et ses traits plus uniformes que ceux du romain. La boucle de l'e semble moins développée, plus basse dans l'elzevier que dans le romain (e, e). De même le t, dans l'elzevier, est un
[)ru moins haut que dans le romain (t, t). En outre, le petit trait placé à la parlie supéri'Mire des lettres b, d, h, i, j, k, 1,... et appelé, avons-nous dit, obit ou apex, au lieu dctre tout à fait horizontal, comme dans le romain, est, dans l'elzevier, légèrement nhlique :
llomain, corps dix : e, t, b, d, li,i, jrl^', U---
l'elzevier, corps dix : e, t, b, d, h, i, j, k, 1,...
La présente phrase est composée en caractère clzevier, corps neuf.
Beaucoup de nos livres modernes, tels que (ii's recueils de poésies, des études d'histoire li Horaire, etc., sont imprimés en elzevier. ! /aspect archaïque de ce caractère s'harmonise bien avec les sujets anciens et les scènes du moyen âge.
On appelle italique le caractère penché de droite à gauche. Originairement, ce caractère portait le nom tantôt de lettres vénitiennes, parce que les premiers poinçons en ont été fabriqués à Venise; tantôt de lettres aldines, parce que le célèbre imprimeur vénitien Aide
Manuce, comme nous l'avons dit S s'en esl servi le premier, en 15112; tantôt aussi de caractère de chancellerie. De nos jours, on imprime rarement un volume entier en italique ; mais on emploie assez souvent cm caractère penché pour la dédicace ou la préface d'un volume dont le texte est en impression droite^ c'est-à-dire en romain ou en elzevier. On se sert spécialement de l'italique, dans les impressions droites, pour les mots ou phrases sur lesquels on veut appeler l'attention ; pour les termes étrangers, l'indication des titres de livres ou de journaux mention nés dans le texte ou les notes, etc.
Voici quelques spécimens de types de lettres majuscules et minuscules de différentpoints, en romain, en elzevier et en italique :