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cipe que l'on appliqua jusqu'au dix-huitième siècle au chiffon, et que, depuis quatre-vingtdix ans, on a successivement adopté pour la paille, l'alfa et les diverses essences de bois. »
Exposer par le menu les divers procédés employés pour la fabrication du papier dépasserait de beaucoup les limites fixées à notre travail ; nous nous bornerons à résumer les principales de ces opérations, en renvoyant, pour les détails, aux traités et documents spéciaux :
Jadis les papiers ne se fabriquaient que dans des cuves, à la forme. Actuellement, grâce à la machine à papier continu, inventée vers 1799 par un ouvrier d'Essonnes, Louis Robert, et maintes fois perfectionnée depuis, ce mode de fabrication est l'exception. Voici succinctement en quoi consistait et consiste encore, sauf quelques modifications de détails, la fabrication du papier à la forme, dit aussi papier de cuve et papier à la main.
Après avoir lavé les chiffons et les avoir
défilés, les avoir broyés et triturés dans des récipients, appelés piles, garnis de lames tranchantes, on procède à leur blanchiment, ce qui s'effectue de diverses façons, entre autres, en les mettant détremper en contact avec un sel de chlore : le chlore a la propriété de détruire la couleur de toutes sortes de teintures, de rendre blancs tous les tissus, les fils, fibres, etc. Ce sel de chlore est l'hypochlorite de soude, dit, par abréviation et couramment, chlorure.
Ces chiffons, déjà ainsi presque réduits en pâte, — le défilé, c'est le nom qu'on leur donne, — sont ensuite descendus dans des caisses d'égouttage, où ils achèvent de se blanchir, sous Faction du chlorure, des « sels de blanchiment », qu'ils contiennent encore, et où ils perdent peu à peu l'eau dont ils sont imprégnés. De là, ils passent dans des piles raffineuses, où le broyage et le raffinage se complètent, où le défilé devient le raf/iné ou pûte proprement dite.
Pour la transformation en feuilles, la fabrication môme du papier, celte pâte est transportée dans une cuve jadis en métal,
r. im:tit mam kl in: i/AMVTErn m: i.i\i;f:s.
aujourd'hui en bois, et, le plus ordinairement, chauffée par un tuyau qui amène du dehors un courant de vapeur d'eau, de manière à entretenir une chaleur douce dans la cuve.
Les feuilles s'obtiennent à l'aide de formes, — ch.lssis en bois d'excellente qualité et très soigneusement faits (afin de résister le mieux possible à l'action de l'eau et de conserver leur rectitude parfaite), dont le fond est garni d'une toile métallique, avec lesquels on puise dans la cuve la quantité de pâte nécessaire. Pour la fabrication du papier vergé^^ cette toile métallique est composée de menus fils de laiton, de vergcttes très rapprochées, nommées vergeiires, et coupées perpendiculairement par d'autres fils de laiton plus espacés, les pontuseau.r. Sur ce fond, cetle sorte de tamis, entre les vergeurés et les pontuseaux, est entrelacé un autre mince fil de laiton, affectant la forme d'un objet ou les initiales du fabricant, — une « marque de fabrique », destinée à apparaître au milieu de la feuille de papier : c'est le fllvjrane^ qu'on appelle 1. Sur le papier L\er(jé^ voir plus loin, p. 33.
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aussi la marque d'eau. Celle marque représentait autrefois soit un pot, soit une cloche, une couronne, un aigle, une grappe de raisin, Técu de France, le monogramme de Jésus- Christ, IHS, etc., et c'est elle qui a donné son nom à ces divers formats de papier : pot, cloche, couronne, grand aigle, raisin, écu, Jésus, etc.
Pour la fabrication du papier vélin^, la forme est simplement à toile métallique très fine, et, sur ce fond, on ajoute un filigrane, si on le désire.
Sur le cadre auquel sont fixés les fils de laiton, sur le cadre de la forme, on pose un second cadre, également en bois, nommé couverte, couverture ou frisqucttb'^, qui, grâce à une rainure, s'adapte très exactement au premier, et est destiné à régler la quantité de pâte que retiendra la forme, après avoir été plongée dans la euve, c'est-à-dire, en définitive, à déterminer l'épaisseur du papier :