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croUe-même et s'étale sur une toile métallique sans fin (c'est-à-dire dont les deux extrémités sont jointes l'une à l'autre), sans cesse agitée d'un double mouvement — mouvement en avant peu rapide, et mouvement latéral de brusque va-et-vient, de trépidation précipitée, — comparable au balancement que le coucheur faisait subir tout à l'heure à sa forme, après l'avoir retirée de la cuve. L'eau s'égoutte à travers cette toile, de même qu'à travers les vergeures et interstices de la forme. La toile passe ensuite entre des cylindres de diamètres variés, qui compriment et affment progressivement la pâte; puis autour de rouleaux de fonte creux, dits xêcheurx^ chauffés par la vapeur et enveloppés de feutre, qui la dépouillent de toute humidité et complètent sa transformation en feuille de papier.
Si divers que soient les détails de l'opération, si nombreux et si compliqués que soient les organes de la machine actuelle à papier continu, ladite transformation s'effectue en très peu de temps, elle ne demande 'pas plus « de quelque secondes, surtout s'il s'agit de papier mince, avec lequel, l'évaporation étant
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très rapide, on peut accélérer le mouvement. Pour le papier-journal, on marche à la vitesse de 70 mètres par minute. Une heure suffit pour obtenir ces énormes rouleaux dont la longueur atteint jusqu'à 5000 mètres, que les presses rotatives de Marinoni se chargeront de noircir. L'opération s'accomplit toute seule. Un unique ouvrier y assiste, accoudé contre un bâti ; il se penche parfois sur un cylindre, examine le papier, serre un écrou, verse un peu d'huile, puis rentre dans son immobilité, type expressif du travail moderne.
« De pareilles machines produisent 12 000 kilos par vingt-quatre heures : — on en a construit qui atteignent 18 000 kilos ; — leur grandeur, leur vitesse, tendent à augmenter sans cesse'.... »
A la pâte de bois nombre d'ingrédients sont ajoutés, selon la qualité et la sorte de papier qu'on veut obtenir : gélatine, résine, fécule, alun, kaolin (terre à porcelaine), sulfate de chaux, etc. ; on y ajoute môme et très souvent des chiffons. Les dosages de ces diverses matières varient de fabrique à fabri-