PRATIQUES
Les Associés penseront chaque jour à la mort, et détermineront en particulier quelque petite pratique, qui puisse souvent leur rappeler cette pensée, chacun selon son attrait et sa dévotion. Ils réciteront chaque Jour sept fois, Requiem æternam, etc.
Ils passeront chaque semaine une demieheure devant le Saint Sacrement, au jour et outre cela, une heure chaque année, pour l'Adoration perpétuelle,
Ils accompagneront autant qu’ils pourront le Saint Sacrement, quand on le portera aux Malades, surtout aux Associés ; s'ils ne peuvent le faire, ils diront du moins pour le malade, un Pater et un Ave Maria.
Ils auront aussi une heure marquée pour venir devant le Saint Sacrement, toutes les fois qu’il sera exposé à la Paroisse.
Ils se confesseront et communieront au moins une fois chaque mois, pour la fin de l'Association; ce jour-là, ou quelqu'’autre, qui leur sera plus commode, ils pourront aire un jour de retraite, pour se préparer à la mort, ils en demanderont la méthode leur confesseur. |
Comme le principe de la bonne mort est une bonne vie, les personnes associées auront soin de régler la leur, selon les maximes de l'Evangile et l'esprit du Christianisme.
L'on ne recevra point dans l'Association, les personnes qui auraient fail, avec scandale, quelque faute considérable contre la pureté, à moins que le scandale ne fût réparé, et que la personne n’eut donné des preuves de la réforme de ses mœurs, et de la régularité actuelle de sa conduite.
L'on ne recevra pas non plus ceux qui fréquentent des maisons ou des personnes suspectes, qui vont souvent au cabaret, ou sont sujettes à s'enivrer: ceux qui vendent de l’eaude-vie aux sauvages; qui tiennent publiquement dans leurs maisons des bals, assemblées de danses, ou y reçoivent des masques, ou qui se masquent eux-mêmes. Ceux ou celles qui
re
profèrent publiquement des blisphèmes, ou des paroles injurieuses à Dieu ou à sa religion ; qui entretiennent des inimitiés, sans vouloir se réconcilier.
Les personnes qui seraient sujettes à quelques-unes des fautes susdites, ou qui, en quelqu'autre manière, causeraient du scandale, ne seront point reçues dans l'Association ; ou si, y étant admises, elles se rendaient coupables en quelqu’une des manières susdites, elles en seraient exclues, sans pouvoir y rentrer, à moins qu’elles ne donnassent des marques certaines de pénitence, et qu’elles ne changeassent sincèrement de conduite :
en ce Cas, si elles désiraient y rentrer, elles pourraient être reçues avec l'approbation des Officiers du Cons“il.
Comme les plus pieuses institutions dégénèrent souvent de leur première ferveur, si l'on n’a un soin particulier de la renouveler, l’on s’assemblera chaque premier Samedi du mois dans la Chapelle de la Bonne Mort, à quatre heures en Été, et à trois heures en Hiver; on commencera l’assemblée, par le Veni sancte spiritus etc., l’on dira ensuite le Chapelet de la Sainte Vierge, après quoi on lira quelques uns des Statuts de l'OŒuvre, ou quelqu’autre livre de piété, ou bien l’on fera une exhortation selon le temps et la commo-
dité du Directeur de l'Association ; après la lecture ou exhortation l’on dira le Chapelet des Morts et les Litanies de la Bonne Mort, ensuite le Sub tuum præsidium, etc.
Le troisième Dimanche de chaque mis, l’on fera dans l'Eglise de la Paroisse, immédiatement après les Vêpres, la Procession du très-Saint Sacrement, à laquelle assisteront tous les Associés; l'on choisira douze hommes, pour représenter toute la Confrérie, lesquels suivront le Saint Sacrement, ayant à la main un cierge.allumé.
Le Jeudi-Saint de chaque année, tous les Associés assisteront à la grand’Messe de la Paroisse et à la Procession du St. Sacrement, qui se fait ensuite ; ils feront tous ensemble leur communion pascale à la même Messe, autant que cela se pourra; ce jour-là on pourra présenter un pain béni, donné par les personnes de l'Association qui auront cette dévotion, ou par l’un des Associés, chacun à son tour, ou enfin aux dépens de la Confrérie.
Chaque année, le samedi dans l’'Octave du Saint Sacrement, tous les Associés renouvelleront la consécration qu’ils ont faite à Notre- Seigneur dans le Saint Sacrement exposé.
Chaque Associé, après sa réception, offrira toutes les prières et bonnes œuvres qu’il
pourra faire pendant huit jours, pour la personne de la Confrérie qui doit mourir la première.
Si quelqu'un des Associés tombe malade, les personnes préposées pour cela, auront soin de le visiter, de l’exhorter, s’il est en danger, à recevoir les Sacrements, et se préparer à gagner les indulgences accordées aux Associés ; on aura soin aussi de faire avertir le Directeur de l'Association de l’état du malade.
Autant que possible suivant les localités, si l’on porte le saint Viatique aux malades, les deux Administrateurs de la Confrérie, ou si ceux-ci ne peuvent s'y trouver, quelques autres des Confrères, y assisteront, chacun un flambeau à 1a main, et suivront le Saint Sacrement immédiatement après le Dais ; Les autres Associés tâcheront aussi de s’y trouver. L'on avertira par quelques coups de la petite cloche que c’est un Confrère, à qui on porte le Saint Sacrement. Quand ie malade entre en agonie, l’on sonnera quelques coups de la grosse cloche, pour avertir les Associés, qui se rendront à la Chapelle de la Bonne Mort, pour y faire les prières des agonisants, ou quelques autres à leur dévotion, pour le moribond ; ceux qui ne pourront pas venir à l'Eglise, feront chez eux les mêmes prières, ou diront du moins cinq Pater et Ave.
Quand il mourra quelqu'un des Associés, tous les autres assisteront à son enterrement, ils feront pour lui une Communion, et offriront à Dieu pour le repos de son âme, toutes les prières et bonnes œuvres qu’ils feront pendant huit Jours. Quatre députés de l’Association porteront les coins du drap, chacun un cierge à la main. Autant que la Confrérie sera en état de le faire, l’on fera chanter un petit service, et célébrer trois Messes basses, pour chaque Associé décédé. Après huit jours depuis la mort d’un des Associés, tous les autres offriront à Dieu, pendant les huit autres jours suivants, toutes les prières et bonnes œuvres qu'iis feront, pour la personne de la Confrérie qui doit mourir la première.
La Confrérie ou Association de la bonne Mort sera gouvernée par un des Prêtres du Séminaire qui desservent la Paroisse de Ville-Marie, conjointement avec deux Administrateurs que l’on élira chaque année.
Le premier des Administrateurs présidera aux Assemblées en l’absence du Directeur ; le second aura les clefs et les registres de la Confrérie, dont il sera le Trésorier. Il écrira dens un registre les noms de ceux qui-seront reçus, le jour et l’année de leur réception, et ce qui se passera de plus considérable dans
chaque assemblée, il recevra les quêtes et les offrandes, il fournira aux dépenses qui se feront, et tiendra en ordre tout ce qui appartient à la Confrérie. Il aura un autre registre où il tiendra compte de la recette et de la dépense. En sortant de charge, il devra, en présence des Administrateurs assemblés, remettre à la personne qui doit lui succéder, les Livres, Registres, et tout ce qu’il aura eu entre les mains.
Il y aura pour mettre les registres et tout ce qui appartient à l'Association une armoire à deux clefs, dont l’une sera entre les mains du Directeur et l’autre entre celles du Trésorier.
L'on tiendra chaque mois l'assemblée du Conseil, laquelle sera composée de tous ceux qui auront été choisis pour cela; dans la suite, tous ceux qui auront été Administrateurs auront droit de s’y trouver; l’on y proposera le nom des personnes qui demandent à être reçues dans la Confrérie ; Pon y règlera tout ce qui peut servir au progrès de l’Association. :
Chaque année, le Samedi dans l’Octave du Saint Sacrement, ou autre jour qui sera trouvé plus convenable, on fera l'élection des Administrateurs, que l’on pourra continuer deux ans et même plus, si la nécessité ou
l'utilité de la Confrérie le demandent. Outre les Administrateurs, il y aura un Sacristain nommé par le Conseil, pour être aide du Trésorier ; quatre Assistants pour visiter les malades, savoir quatre messieurs pour visiter les hommes, et quatre dames pour visiter les femmes, consoler les affligés ; ces Assistants avertiront les Directeurs, ou le Supérieur, des différents besoins qu'ils auront remarqué chez les personnes qu’ils visitent.
Les Associés auront particulièrement soin que les corps des pauvres abandonnés, morts, soient enterrés d’une manière convenable ; si la Confrérie se trouve en état de le faire, elle fournira ce qui sera nécessaire pour cela.
Chaque Associé donner : en entrant, et puis tous les ans,vingt ou ti znte ceutins pour les Services et Messes pour les Défunts, pour les cierges et autres dépenses de la Gonfrérie.
Toutes les susdites Règles et Statuts n’o bligent sous aucune peine de péché mortel ni véniel ; ce qui ne doit pas empêcher les Associés de les garder fidelement, pour parüciper aux Indulgences, et mériter par cette fidélité, une bonne et sainte mort.