‹ Petit théatre de salon; proverbesChapitre 99 sur 99 · SCÈNE XVll Les Mêmes, KELLNER · texte numérisé non relu

SCÈNE XVll Les Mêmes, KELLNER

KELLNEU , en cnlrant. A la cantonade. FeuX-lU te taire

schNvazteufel ! — Che le dis que j'ai affaire chez ces temoiselles. (Il ferme la porie brus(|ueraeut.) Oh ! la vieille carcasse! (A. Bertha etLisbeth.) Ah ! mes petits lapins ! quelle aventure !

*LiSBETH. Encore vous!

KELLNER^ a Lisbeih. Fous ne serez-donc chamais aimâpie pour moi, méchante !. . . Fous êtes cependant si chôlie !. . . Ah ! quelle amour de taille !

(Il lui prend la taille, Bertha lui donne un soufflet.) KELLNER, perlant la main à sa joue. Touché !

BERTHA. Cela vous apprendra !... Vous n'y reviendrez plus !. . . Voyons, donnez-moi vite cette lettre et allez-vousen. (Ouvrant la lettre.) Grand Dleu ! c'est de Wilhera !

LISBETH. Dc^Vilhem!

KELLNER. Meip gott ! Il écrit qu'il est mort !

BERTHA, lisant. « La présenie est pour te dire que je me » porte bien ainsi que le cousin Karl. Nous avons eu a\ec les » Français une bataille qu'on appelle la bataille de Solférino... » Je ne sais pas si nous avons été vainqueurs, mais ce que » je sais bien, c'est qu'il y faisait chaud^ et que nous sommes » retournés assez vite chez nous. . . Vous devez avoir lu ça » dans le journal de madame Mayer... L'Empereur qui a » été très-content de nous, m'a nommé sergent et m'a donne

•> la croix parce que j'ai sauvé la vie à mon capitaine »

(S'inlerrompaut en essuyant une larme.) Le brave garçou !

KELLNER, pleurant. la, ia. . . C'être Irès-bien !

BERTHA, continuant. « Karl a été nommé, caporal, il a reçu » aussi une médaille et une pension. »

LiSBETH. Voyez-vous ça !

BERTHA, lisant. « Ça touibe à merveille, car la paix vient » d'être signée entre notre Empereur et Napoléon 111, et » nous avons reçu tous les deux notre congé délinitif. . . » Nous arriverons le vingt-cinq juillet qui est le jour de la » fête du pays. »

i.isBETH, sautant de joie. C'est aujourd'hui! Quel bonheur! Ce cher Karl !

BERTHA, souriant. Et cependant tout à l'heure... Mais écoute donc, tu m'interromps toujours. (Continuant.) « Allons-nous vous faire valser, ce soir-là, au Volksgar- » ten... Allons-nous en vider Karl, et moi, des bock- » hier... A bientôt donc, ma chère Beriha, à bientôt, je » l'embrasse comme je l'aime.

» WiLHEM Miller,

i sergent au \^^ dritten kaiserlichea régiment. »

LiSBETH, tristement. Eh bien ! et mon petit caporal Karl?

BERTHA. Attends donc, il y a un post-scriptum. (Lisant.) a Karl embrasse lendremenl sa Lisbeth bien-aimée. Il a de- « mandé comme moi ses papiers. Si cela convient à sa mère, » nous ferons les deux noces le môme jour. Les pauvres 1 bonnes femmes vont être bien contentes de nous revoir. . . » (Pleurant.) Je crols bien qu'elles seront contentes !

LISBETH^ plenraiit aussi, Sommes-nous donc bêtes de pleurer comme cela !

BERTHA. Que veux-tu ?. . , C'est la joie !

KELLNER, sanglotiant. Elles font téménacher !. . . Ah ! mein gott !

LISBETH, prenant la lettre. Il y a encore quelque chose. . . (Lisant.) «Présentez nos compliments à tous nos amis, aux » Spachmann, aux Mayer,à cette pauvre madame Kellner...»

(Riant et montrant ce qu'elle lit à Kellner.) « Son mari VOUS

» tourmente-t-il toujours comme autrefois? •

KELLNER, pleurant plus fort. Moi ! . . . Che fous dourmcude !

LERïHA, riant. Mais non, mon père Kellner; allons, ne pleurez pas comme cela. . . (A Lisbeth.) Vraiment, ce pauvre homme me fait de la peine.

LisBETH. Voyons, regardez votre petite Lisbeth. . .

KELLNER, sanglotiant. Fous allez bardir !

BERTHA, lui prenant le bras d'un côlé tandis que Lisbeth lui

prend l'autre. Vous viendrez souvent nous voir. Allons, souriez à votre Bertha.

LISBETH, imitant son accent. N'êles fous blus nodre ami... nodre fieux bère Kellner ! Foyons I une bedide rissette à foire Lispelh, fotre pichon chéri!

KELLNER. la, ia,ch'irai soufent fous foir et che ferai tanser

VOS marmots sur mes chenoux en leur chantant des bedidcs lieder. ..

BERTHA. Comme ceux de tantôt^ n'est-ce pas ?

LiSBETH. Oui; cela les aidera à percer leurs dents.

(Voix dans l'escalier.)

Berlha ! ma chère Bertha !

Lisbeth ! Lisbeth !

BEBTHA. Ce sont eux ! Comme le cœur me bat ! LISBETH, embiassani Eeriha. 0 ma sœur ! ma Bertha bieriaimée !

(Us se dirigent vers la porte.j BERTHA et LISBETH, appelant . Karl ! Wilhem !

(Au moment où la porte va s'ouvrir la toile tombe.)

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