CHAPITRE III. — MOUVEMENTS ÉLECTRIQUES
(y^. 243); les fluides s'attireront et s'accumuleront sur les faces qui se regardent. Maintenus entre la surface des corps A et B et Tair qui le^ enveloppe, ils tendront à se rapprocher, et ne pourront le faire sans entraîner le pendule. Aussitôt le mouvement commencé, la distribution change,
Fig. 2i3.
r influence augmente, l'accumulation des fluides contraires s'accroît sur les parties les plus voisines, la balle est entraînée, et le contact a lieu. A'ussitôt après, le pendule a pris du fluide positif, et il est repoussé, comme nous allons le voir.
a"* Représentons par A et B {Ji^. 244) le corps inducteur et le pendule, les fluides de même nom dont ils sont chargés commenceront par s'accumuler sur les surfaces les plus éloignées des deux conducteurs. Une fois
Fig. 2/|/|.
qu'ils sont ainsi disposés et confinés sous les enveloppes d'air qu ils ne peuvent franchir, ils continuent de se repousser et entraînent le pendule qu'ils ne peuvent quitter. Mais là ne se bornent pas leseflets que l'on peut avoir à observer. Si Ton rapproche le pendule jusqu'en B', on déterminera, par une influence plus énergique , une décomposition secondaire du fluide neutre, et l'on aura en D' de l'électricité négative qui sera attirée et en C du fluide positif qui sera repoussé. Ce dernier est, à la vérité, plus abondant que le premier ; mais, d'un autre côté, sa distance au corps inducteur est plus grande : il y aura une position pour laquelle, attraction et répulsion devenant égales, le pendule sera en équilibre. A partir de là, si le rapprochement continue, la répulsion se change en attraction.
V Le cas où le pendule serait à l'état naturel s'explique de même. L'influence du corps inducteur décomposant le fluide neutre, mais le plus
rapproché étant plus attiré que Tautre n'est repoussé, le pendule est entraîné vers le corps inducteur.
Tonmiqiiet électrique. — Nous avons vu qu'à l'extrémité des pointe> la tension était très-considérable et produisait un vent électriquje qu'on explique en admettant que les molécules d'air s'électrisent, puis sont repoussées et remplacées par d'autres qui s'électrisent à leur tour et suivent ks premières.
Or si à l'extrémité d'une pointe électrisée il y a une action qui chasee
Fig. 245-
l'air, il y a nécessairement une réaction qui repousse la pointe en sens opposé ; et si ellt» est libre, elle doit reculer. On le prouve par le tourniquet électrique {fif^. 245). Il se compose d'une chape centrale sur laquelle sodi fixés des rayons divergents recourbés dans le même sens à leur extrémité et terminés eo pointe aiguë ; la chape se place en équilibre sur un pivot communiquant avec une mactio^ électrique, et quand on charge celle-ci, les reculs de toutes les pointes font tourner le moulinet. Il marche indéfiniment dans l'air libre, mais sous une cloche il s'arrête après un certain temps, probablement parce que les parois du verre sont alors électrisées.
Expériences diverses. — Voici quelques expériences qui mettent eo évidence, avec une grande variété de détails , l'attraction et la répulsion des corps légers; elles sont fondées sur un principe commun : c*est toujours un corps léger mobile qui est placé entre deux conducteurs. Ton chargé et l'autre communiquant au sol ; ce corps est d'abord attiré par le
Fig. 346*
premier conducteur jusqu'à le toucher, et après ce contact , où il a reçu de l'électricité , il est repoussé vers le conducteur neutre ; ramené alors à son état et à sa position première, il recommence le même mouvement de va-et-vient tant qu'il y a de l'électricité pour le produire.
La fig, 246 représente le carillon électrique : on y voit deux timbres extrêmes C et E électrisés par la machine, et un troisième D, qui est en relatioD avec le sol. Les corps qui oscillent entre les premiers et le dernier sont deux pendules métalliques isolés par un fil de soie ^ à chaque mouvement, ils viennent frapper et font sonner les timbres.