CHAPITRE V. — ÉLECTRICITÉ ATMOSPHÉRIQUE
pleine qu'on lançait en l'air. La chaîne s'élevait avec la sphère, et il y avait un moment où elle n'était plus en communication avec le sol, bien que Fanneau fût encore en contact avec la tige ; c'est pendant ce moment. f|ue la charge se faisait. Ensuite Tanneau s'élevait et se séparait de l'électromèlre, mais il y laissait Télectricité qu'il y avait apportée et on pouvait la mesurer. Au lieu d'une sphère, MM. Becquerel et Breschet lançaient une flèche avec un arc ordinaire.
Depuis cette époque, on a installé sur les observatoires des tiges métalliques élevées et isdées, reliées à des électroscopes fixés à demeure ; la /^. a6i représente celui de Peltier. Les lames d'or sont remplacées par une aiguille horizontale CABD qui est aimantée et se place dans le méritlien magnétique ainsi qu'un fil métallique MN terminé par deux boules. Quand on électrise l'instrument, l'aiguille CABD est repoussée par les boules, on mesure l'angle d'écart et on en conclut la charge de l'appareil. C'est avec ces appareils que l'on a pu obtenir des indications continues ; elles ont prouvé qu'il y a toujours de l'électricité dans l'air , qu'elle est variable aux diverses heures de la journée et aux diverses saisons ; plus marquée quand on s'élève, plus faible dans les lieux abrités, et nulle sous les toits; qu'enfin elle est positive à de très -rares exceptions près.
Immédiatement après le lever ou après le coucher du soleil, l'effet croit jusqu'à un maximum , puis diminue peu à peu jusqu'à atteindre un minimum qui précède le moment du coucher ou du lever suivant. Voici les heures des maxima et des minima :
i" minimam.
a h. du matin.
i" maxlmam.
10 h. du matin.
a* mlDlmam.
1 h. après midi.
1* maxlmvin.
10 h. du soir.
A 1 1 heures du matin , la déviation de l'instrument est sensiblement la moyenne. En la mesurant tous les jours à* cette heure et faisant la somme, on a trouvé que les signes électrostopiques sont beaucoup moindres en été qu'en hiver, comme on le verra par le tableau suivant qui résume les observations faites à Bruxelles pendant l'année 1846.
Janvier 5()a®
Février 266
Mars 95
Avril 94
Mai 49
Juin 3j
Juillet 33-
Août 57
Septembre 6a
Octobre 9a
Novembre 374
Décembre 799
Pour expliquer ces résultats, il faut d'abord analyser le jeu de l'électroscope. Les hautes parties de l'atmosphère sont chargées positivement;
leur influence amène à l'extrémité de Télectroscope le fluide négatif et refoule le positif dans les lames d'or. Si les couches moyennes sont humides, elles permettent à l'électricité positive de se rapprocher dn sol. l'influence augmente et les déviations s'exagèrent; c'est ce qui arrive pendant l'hiver. Quand ces couches sont sèches, elles isolent les couches supérieures, et l'efTet diminue : cela a lieu pendant Tété. On peut donr dire que lélectroscope mesure la conductibilité de l'atmosphère. Au mo- * ment du lever du soleil, les vapeurs s'élèvent dans l'air et le rendent conducteur: de là un maximum. L'air se dessèche ensufte jusqu'à i heures : reflet devient minimum. Il augmente ensuite et repasse par un maximum quand l'air se refroidit et que les vapeurs se condensent après le coucher du soleil. Pendant la nuit, l'action diminue, parce que tout ce qui pouvait être transmis a été transporté.
Ëlectricité des nuages. — On vient de voir que pendant l'été Télei'tricité demeure dans les couches supérieures, c'est à ce moment que )e> orages se forment. On ne connaît pas ce qui détermine la formation d'uo nuage; mais quand elle a lieu, l'air cède son électricité aux globules condensés, le nuage contient la totalité du fluide primitivement renfermé dans le volume d'air qu'il occupe , et ce fluide s'accumule à sa surface. Il résulte de là que tout nuage devrait être chargé positivement : mais on va voir que cette électricité pourra quelquefois changer de signe. Imaginons qu'un nuage soit formé et chassé par le vent. Il est, comme l.i terre, comme nos électroscopes , comme les sonimets des montagne^, exposé à l'action d'influence des couches supérieures de l'atmosphère, qui sont plus positives que lui, qui attirent à son sommet l'électricité négative et repoussent l'électricité positive vers sa partie inférieure. Celle-ci peut se perdre, et il ne. reste plus que de l'électricité négative au sommet, ^i rinfluence qui l'y a amenée diminue, on voit cette électricité se disséminer sur toute la surface et se manifester ^ar les électroscopes au-def«us desquels elle passe.
Il y a une autre classe de nuages négatifs. La terre étant négative, lovi nuage qui se forme au contact du sol partage son électricité. C'est ce que Saussure a directement constaté.
Origine de réiectricité atmosphérique. — La cause la plus giWraii* de l'électricité atmosphérique est l'évaporation. M. Pouillet fit bouillir de l'eau dans un creuset de platine rougi qu'il avait placé sur le plateau o<>Ilecteur de l'électromètre condensateur, pendant que le plateau condenseur était en communication avec le sol. En séparant les deux conducteurs, i! reconnut que le creuset était négatif et la vapeur positive qualxl Vo.m