‹ Petit traité de physique à l'usage des établissements d'instructionChapitre 329 sur 377 · IV. — DIFIU8I01I · texte numérisé non relu

IV. — DIFIU8I01I

Lorsque les surfaces ne sont pas polies, elles renvoient les rayons dans toutes les directions à la fois; c'est le phénomène de la diffitsion, qui n'est qu'une réflexion ir régulière. La lumière du jour qui nous éclaire vient du Soleil ; elle est diffusée par les nuages, par le sol, par les surfaces des maisons, etc. Les divers rayons du spectre sont inégalement diffusés par les substances colorées, parce que leur pouvoir réflecteur varie avec la nature de ces rayons. Voici rexpériencc que Newton imagina pour le démontrer.

Sur un écran noir on colle une bande verticale de papier blanc, que Ton prolonge en bas par une bande de papier coloré. Si alors on fait tomber sur récran un spectre horizontal, on constate que chaque couleur simple conserve sa nuance aussi bien sur la bande colorée que sur la bande blanche, seulement la première renvoie en plus grande proportion les rayons simples qui se rapprochent de sa couleur propre. Si ensuite on éclaire les deux bandes par la lumière blanche et qu'on les regarde à travers un prisme, le papier blanc donne un spectre normal, la bande colorée un spectre incomplet où prédomine sa couleur propre et dans lequel mancpient les teintes qu'elle absorbe.

Il y a des corps qui diffusent toutes les couleurs dans les mêmes proportions; ils sont blancs s'ils renvoient beaucoup de lumière, gris s'ils en diffusent moins. Le plus généralement, les proportions sont changées, il y a une couleur qui prédomine ; de là les couleurs naturelles des corps. Mais il ne faut pas croire que ces couleurs soient simples ; le prisme les résout en une inflnité de nuances. Les teintes jaunes contiennent de l'orangé, du jaune et du vert; les tons verts, du jaune, du vert et du bleu ; et ainsi de suite. En outre, les couleurs des corps changent avec la lumière

qui les ûclaire. Ainsi, la lumière du soleil est jaune ou rougeâire le nalio et le soir, quand le soleil est très-bas; il en est de même des Umpe^fi du gaz d'éclairage; au contraire, le bleu et le violet domioenl dans l'arc électrique et dans le clair de lune. Il en risulle qu'au soleil levant m couchant, et le soir, à la lampe, le bleu passe au vert ; le contraire a lieu avec la lumière électrique.

Les mêmes phénomènes ont éli' étudiés par Melloni, à rai<le de H>n tliermomultiplicateur. Pour démontrer la diffusion de la chaleur, il pren-l une plaque B de nature quelconque, la couvre de blanc de céruse. |at exemple, et l'expose sous une incidence quelconque à l'action d'une sounv calorique L {fig. 6ia), puis il place la pile sur la rè^le mobile GP ot li

Fis- 6rï.

dirige vers la plaque B. L'effet se manifeste aussitôt ; mais comme il in extrêmement faible, on a soin, pour le mieux constater, d'armer la ftV avec un large cône de laiton poli qui recueille une grande quantité de rayons et les concentre sur les soudures; alors le galvanomètre marque plusieurs degrés, et l'on en conclut que la plaque B, qui a reçu le bisceau calorifique, diffuse de la chaleur vers la pile. Cette action se produit dait toutes les directions. L'effet observé ne dépend pas de l'échaufTanenl dr la plaque B, car il est instantané, indépendant de l'épaisseur de cette platjur et ne modifie pas la nature des rayons incidents.

Melloni a démontré, par ces eiipériences, que la diffusion est trèf-inrgale pour les divers rayons ; le blanc de céruse diffhse beaucoup de lumlèn' et peu de chaleur obscure; le noir deTumée diffuse également les ili-

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