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CHAPITRE VI. — LE SOLEIL

temps historiques. Cette hypothèse ne résiste pas à une discussion sérieuse. En supposant que le soleil ait la plus grande chaleur spécifique connue, celle de l'eau, et une conductibilité parfaite, il se serait refroidi de 83oo degrés depuis cinq mille ans. On ne fait pas une théorie plus satisfaisante en disant que le soleil est un foyer de matières en combustion. S'il était composé de houille brûlante, il se serait éteint après cinq siècles. Il faut que le soleil se renouvelle perpétuellement. .

Le créateur de la thermodynamique, J.-R. Mayer, admet que les étoiles filantes et toutes les matières cosmiques de la lumière zodiacale tombent sur le soleil. Ces corpuscules y arrivent avec la vitesse V déterminée par l'attraction, vitesse qui se détruit tout à coup, comme celle d'un projectile sur la plaque de tir : d'où une destruction de force vive égale à ^ w V^ et une production de chaleur égale k ^ni\^ x -^j^. Or on peut, connaissant les lois de l'attraction, connaître V, et l'on trouve que ces corpuscules produisent autant jde chaleur que quatre mille fois leur poids de houille brûlant dans l'oxygène. Si donc il eîi tombe une assez grande quantité, ils pourront maintenir l'incandescence solaire. Le calcul a montré que le soleil en devrait recevoir une couche de 20 mètres par année. 11 faudrait quatre siècles pour que le diamètre apparent de l'astre parût augmenté de -^ de seconde. Mais la vitesse de rotation du soleil diminuerait d'une heure en cinquante-trois ans. Or, depuis l'origine du monde, cette vitesse aurait dû être détruite, ce qui n'est pas.

Les planètes éprouvent dans l'espace des résistances qui diminuent leur distance au soleil ; elles s'en rapprochent et finiront par y tomber, alors toute leur vitesse détruite réchauffera le soleil. M. Thomson a calculé que si cette chute se réalisait, la consommation du soleil serait assurée pour quatre-vingt-quatre ans par la chute de Vénus , pour quatre-vingt-quinze par la Terre et pour trente-deux mille deux cent-quarante par Jupiter. Mais il n'est pas probable que ce soit à des actions pareilles qu'on doive recourir.

M. Faye propose une autre hypothèse qui exige quelques développements. Vue au télescope, la surface solaire paraît striée, elle a des facules, puis des taches sombres qui sont des trous creusés dans sa masse, obscurs au centre et éclairés sur leurs pentes. On suppose que le soleil est formé d'un noyau sombre qui se voit au centre des taches, entouré d'une première couche déjà lumineuse qui forme les déclivités des trous, et terminé par une enveloppe très-éclairée, la photosphère. Au-dessus de tout cela on voit pendant les éclipses des nuages roses- qu'on nomme protubérances et qui s'étendent régulièrement tout autour de la surface. La photosphère est gazeuse, tout au : moins liquide, car la durée de révolution des taches est de plus en plus grande depuis Téquateur jusqu'aux pôles.

Il est donc certain que la masse entière du §oleil est constituée par des couches différentes, et que c*est la surface seule qui rayonne.

Or M. Paye suppose que la masse totale est due à la condensation d'une matière cosmique qui s'est accumulée de toute part, et qui, par sa concentration, par la perte de sa force vive, a développé une épouvantable quantité de chaleur et une température hors de comparaison avec celle que nous pouvons constater. A ces températures il n'y a point d'affinité chimique, et tous les éléments sont dissociés. Mais à la surface, à cause du rayonnement, la température baisse jusqu'à 5ooo ou 6000 degrés, et les affinités commencent à agir. Alors il se fait des actions chimiques, la matière se constitue, rayonne, et la photosphère prend sa lumière. Puis cette matière, attirée par le centre, s'enfonce dans la masse, y retrouve la température de dissociation et se détruit ; mais elle est remplacée par d'autres matériaux qui continuent le même effet. On voit que nous en sommes encore à faire des hypothèses pour expliquer le soleil.

Les rayons solaires, arrivant sur le globe, évaporent les eaux en leur cédant ce qui est nécessaire de chaleur latente Vk pour les amener à l'état Jiquide. Ces vapeurs s'élèvent dans l'air à une hauteur h. Il faut pour cela un

travail P//, ce qui fait en tout une dépense de chaleur P ( > -h 7^ j . Transportées par les vents sur le continent, ces vapeurs se condensent et reproduisent d'abord la chaleur Vl qu'elles rendent au sol, puis elles tombent

Vh' P [h'—h] de //', ce qui rend 75— Il reste encore une quantité disponible —^7^

qui correspond à l'altitude h' — h du lieu où la pluie est tombée. Cette eau entre dans les rivières et les ileuves, retourne à la nier, et, chemin

faisant, met en liberté la quantité de chaleur — —r^ A elle seule la

chute du Rhin libère 3 600 unités de chaleur et échauffe ses eaux de 0,01 degré.

C'est encore la chaleur solaire^ qui détermine les mouvements de l'air. Quand nous empruntons de la force au vent, aux cours d'eau, nous la prenons donc à la source qui anime le globe, au soleil.

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