‹ Petit traité de physiqueChapitre 150 sur 408 · II · texte numérisé non relu

II

à la corde L pour le faire soulever à une hauteur égale à la descente du piston.

Les imperfections de ce^ appareil l'empêchèrent de recevoir une application pratique. Papin lui-môme abandonna bientôt le principe sur lequef il était basé, et chercha à tirer parti de la pression de la vapeur en la faisant agir de haut en bas sur un piston qui chassait une colonne d'eau dans un tube recourbé verticalement. En sortant du tube, l'eau retombait sur les augets d'une roue hydraulique qu'elle mettait ainsi en mouvement. Papin fit construire un bateau qui devait marcher au moyen de cette machine, et il en essaya l'effet sur la rivière de la Fulda ; mais son appareil fut détruit par les bateliers de Munden.

A la même époque, le capitaine Savery imagina une machine destinée à l'élévation des eaux. Dans cette machine, l'eau est d'abord aspirée par un tube vertical qui plonge dans un puits, dans lequel le vide se fait par la condensation de la vapeur qui le remplit ; ensuite, on ferme une soupape et- on chasse cette eau dans un second tube recourbé de bas en haut, en faisant agir sur elle la pression de la vapeur développée dans une chaudière.

Mais la première machine à vapeur dont l'industrie ait fait usage est celle de Newcomen et Cowley, basée sur le même principe que Tappareil primitif de Papin, et connue sous le nom de machine atmosphérique. Une chaudière remplie d'eau produit un jet de vapeur qui s'engage dans un cylindre vertical et soulève un piston attaché à l'une des extrémités d'un balancier, dont l'autre extrémité, lestée d'un poids considérable, soutient la tige d'une pompe. Cette tige s'abaisse pendant que le piston s'élève. Quand ce dernier est arrivé en haut de sa course, on ferme un robinet, qui intercepte la communication avec la chaudière, on condense la vapeur par une injection d'eau froide, et la pression atmosphérique fait descendre le piston, qui entraîne le balancier et fait remonter la tige de la pompe. On obtint de cette manière un mouvement de va-et-vient, que l'on rendit plus tard automatique, en chargeant le balancier de fermer et d'ouvrir les robinets de communication et d'injection.

Machine de Watt. — En étudiant la machine atmospliérique, James Watt reconnut qu'elle était susceptible de recevoir d'importants perfectionnements. Il inventa d'abord le condenseur séparé, qui sert à éviter le refroidissement nuisible du corps de pompe. Après avoir produit son effet mécanique, la vapeur passe du cylindre dans un réservoir séparé, où elle est condensée par des aspersions d'eau froide.

Ensuite, Watt abandonna l'emploi de la pression atmosphérique pour

Page 1