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CHAPITRE IV. — BOUTEILLE DE LEYDE

deux armatures métalliques mobiles; on le charge, et on le maintient chargé pendant longtemps. On réunit ensuite les armatures par un arc métallique qui les ramène à l'état naturel ; on les enlève rapidement, et l'on examine le plateau de gomme laque. On trouve d'abord qu'il n'est point électrisé; mais peu à peu ces deux faces accusent chacune l'électricité du plateau qui les touchait pendant que l'appareil était chargé. Elle avait donc pénétré dans la gomme laque pendant la première phase de l'expérience et revenait à la surface pendant la seconde. Cela explique le phénomène suivant connu depuis longtemps : si l'on décharge un condensateur de grande dimension en touchant ses armatures avec un arc métallique, il conserve un résidu électrique qui devient sensible quelque temps après et que l'on peut enlever par un deuxième contact , c'est l'électricité qui revient après avoir pénétré dans le verre.

m. — EFFETS DES GOHDEHSATEURS.

Bouteille de Leyde. — Batteries. — Le condensateur peut avoir des formes très-diverses. Il est toujours constitué par deux conducteurs opposés que sépare une lame isolante ; mais cette lame peut être plane ou courbe. On peut se servir d'une bouteille et placer les deux armatures à l'extérieur et à l'intérieur. C*est sous cette forme que le condensateur fut découvert par hasard, à Leyde, en 1746, par Cuneus et Musschenbroeck. Cuneus voulait électriser de l'eau dans un flacon qu'il tenait d'une main, et, à cet effet, il y avait plongé une tige mélalHque qu*il fit communiquer avec une machine électrique. Il voulut ensuite enlever la tige avec l'autre main restée libre : à ce moment, il fit communiquer l'eau, qui est l'armature intérieure du flacon, avec la main qui le tenait et qui était l'armature extérieure, et, les deux électricités accumulées se recombinant à travers les bras et le corps, Cuneus reçut une commotion extrêmement vive. Musschenbroeck, après l'avoir éprouvée à son tour, en fut assez effrayé pour écrire qu'il ne recommencerait pas pour le royaume de France, et il fit la plus sinistre description des effets qu'il avait ressentis ; mais cet effroi n'arrêta personne, et l'on se fit bientôt un amusement de ce qu'il avait tant redouté.

Depuis cette époque, l'instrument de Cuneus a conservé le nom de boitteille (le Lcydc. On remplit aujourd'hui l'intérieur avec des feuilles minces de cuivre ou d'or, ce qui évite l'humidité; on colle une lame d'étain à l'extérieur et l'on vernit à la cire d'Espagne ou à la gomme laque les points

du verre qui ne sont point armés {fg. aS4). L'électricité est amenée à Fis- 2J^. l'intérieur par un gros fi! de laiton recourbé qui per-

met d'aœrocher la bouteille à la machine électrique, et le plus souvent on fixe contre le fond extérieur du flacon un crochet auquel on attache une chaîne métallique qui établit la communication avec le sol.

Comme la quantité totale d'électricité condensée est proportionnelle à l'étendue des armatures, on obtient des effets plus énergiques avec de vastes bocaux garnis intérieurement et extérieurement de feuilles d'êtain. On les réunit par groupes de 4, 9, 16,... bocaux dans une caisse carrée (fig. aSS), qui elle-même est tapissée de feuilles métalliques. Toutes les armatures extérieures communiquent à une chaîne par où l'électricité s'échappe dans le' sol. D'un autre

Fig. 355.

c6té, toutes les tiges métalliques qui conduisent le fluide dans l'intérieur des bocaux sont reliées par de gros fils de laiton, et se terminent par un bouton unique que l'on fait communiquer avec la machine quand on veut charger l'instrument. Ces assemblages de jarres se nomment batteries électriques. Pour les charger, il faut que la machine ait eu le temps de fournir toute la somme d'électricité qu'elles condensent; l'équilibre est atteint quand les pertes, qui augmentent en même temps que la charge, sont devenues égales aux gains faits pendant le même temps.

Décharges électriques. — I. On peut décharger la bouteille de Lcyde par contacts successifs, en la plaçant sur un support isolant et on faisant

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