‹ Petit traité de physiqueChapitre 226 sur 408 · CHAPITRE IV. — PHÉNOMÈNES DE TRANSPORT · texte numérisé non relu

CHAPITRE IV. — PHÉNOMÈNES DE TRANSPORT

Phénomènes de transport. — Quand l'arc se produit dans l'air, les deux tiges de charbon diminuent de volume, parce qu*el^s brûlent toutes deux; mais, dans le vide^ cette combustion ne se fait pas, et Ton voit la pointe positive se creuser et diminuer de poids pendant que la négative augmente de volume et s'allonge : il y a donc un transport de matière du pôle positif vers le pôle négatif.

M. van Breda, ayant établi l'arc entre deux métaux différents, a vu que tous les deux sont entraînés à la fois , le positif dans la direction du courant, le négatif dans le sens opposé et quelquefois en quantité égale. Matteucci a confirmé l'exactitude de ces faits, bien que Tentrainement lui ait toujours paru plus abondant dans le sens du courant, ce qu'il attribue avec raison à la plus haute température du pôle positif. Il y a donc en général un double transport des substances à travers l'arc, cela doit avoir lieu même quand les rhéophores sont identiques, et dans ce cas, Texpérience n'accuse que la différence entre les quantités de matières entraînées dans les deux sens. Ces conclusions seront confirmées par rétude du spectre électrique.

D'après ces résultats, voici comment nous pouvons concevoir la formation de l'arc. Les pointes étant d'abord très-rapprochées , le courant franchit leur intervalle en entraînant des molécules matérielles qui constituent une chaîne conductrice. Suivant la loi de Joule, cette chaîne s'échauffe jusqu'à émettre une vive lumière. Une fois qu'elle est constituée, elle augmente la conductibilité de l'intervalle des pointes, que l'on peut alors écarter progressivement sans que le courant cesse de circuler. Mais si l'on dépasse une certaine distance, le transport s'arrête et tout s'éteint. Pour rétablir le courant, il faut rétablir la chaîne des particules, soit en approchant les pointes, soit en faisant jaillir entre elles Tétincelle d'une machine électrique.

Une fois commencé, l'arc électrique serait donc un conducteur; il aurait une résistance déterminée r, et, par conséquent, il s'y développerait suivant la loi de Joule une quantité de chaleur égale à KrV. J'ai vérifié qu'il en est ainsi : i** en plaçant l'arc dans l'intérieur d'un calorimètre à eau et mesurant la chaleur qu'il développe en une minute; a* en le remplaçant par une résistance métallique qui réduisait le courant à la même intensité l^ et en constatant qu'il s'y développait autant de chaleur.

La seule particularité digne d'attention^ c'est que toute cette chaleur naît dans un espace très-petit, et qu'elle y développe une énorme température, par suite une lumière intense.

Page 1