‹ Petit traité de physiqueChapitre 232 sur 408 · I. — LES AIKANTS SONT DES SOLÉNOIDES · texte numérisé non relu

I. — LES AIKANTS SONT DES SOLÉNOIDES

On trouve parmi les minerais de fer un oxyde mixte (Fe^O*) dont les fragments attirent le fer. On les nomme aimants, et l'on désigne sous le nom de magnétisme ou la cause de cette attraction ou l'ensemble des phénomènes qui en résultent.

Il n'y a rien de régulier dans la forme de ces aimants naturels, rien de fixe dans la distribution de la vertu attractive à leur surface, et on ne connut rien de précis sur la constitution des aimants avant d'avoir réussi à aimanter l'acier. Alors seulement on put faire des barreaux de forme convenable, et produire des effets réguliers.

La découverte de ces aimants artificiels a précédé celle des courants, et, comme on ne pouvait rattacher leurs propriétés à l'électricité alors incoi> nue, on avait imaginé des fluides magnétiques analogues aux fluides électriques. L'étude des solénoïdes a prouvé, depuis, que cette hypothèse est inutile : nous la laissons donc entièrement de côté et nous allons montrer que les aimants ne sont que des solénoïdes.

Je suppose qu'on place une aiguille de fer doux AB dans un solénoïde

Fig. 338.

wmm

[fig, ^38 ) ; elle ne changera aucune de ses propriétés, niais elle les avi-

vera considérablement. Ainsi le système se dirigera du nord au sud, et il repoussera ou attirera par ses pôles de même nom et de nom contraire un système pareil à lui. Il faut conclure de là que le fer est devenu un véritable solénoïde, parallèle au premier et beaucoup pli;s inlonse que lui.

Ces propriétés durent autant que celles du solénoïde lui-même; elles disparaissent aussitôt qu'on interrompt le courant. Mais il n'en est plus de même si l'on remplace le fer par des barreaux d'acier trempé. Dans ce cas, les propriétés persistent après la rupture du circuit, et l'on a dçs solénoïdes permanents. Ce sont des aimants; nous allons les étudier spécialement.

Direction par la tetre. — Quand on suspend un aimant par son centre de gravité à l'extrémité d'un fil, sur une chape ou sur un liège [fi^. SSg, 340, 341), on voit l'une des extrémités se diriger vers le nord, l'autre

Fig. 339.

Fig. 340.

Fig. 341.

vers le sud. Par analogie avec les solénoïdes, on appelle la première pôle nord ou boréal, 1^3:1 la deuxième pôle sud ou austral. Toutefois,

^5J'^ en faisant attentivement l'observation, on

reconnaît que la direction de Taiguilie aimantée n'est pas exactement celle du méridien géographique, et pour définir cette direction, on a nommé méridien magnétique le plan vertical qui passe par l'aiguille, et déclinaison magnétique l'angle que fait ce plan avec le méridien géographique. La déclinaison est orientale, quand le pôle nord est dévié du côté de l'orient, et occidentale dans le cas contraire.

Action réciproque des pôles de deux aimants. — Marquons par les ettres N, S les pôles nord et sud de deux aimants et, laissant l'un suspendu librement, approchons-en l'autre. Nous verrons les pôles marqués des mêmes lettres se repousser et ceux marqués de lettres différentes s'attirer, ce qui est conforme à la loi fondamentale des solénoïdes. •

Page 1