CHAPITRE II. — DIAMAGNÉTISME
gnétique (le plusieurs substances. M. Ed. Becquerel a donné le tableau
suivant :
Fer -j- 1 000 ooo
Perchlorure de fer -+-i4o
Eau — 9,68
Oxygène -+-377
Air -+-88
On voit que l'oxygène est quatre fois plus magnétique que Tair, ce qui prouve que l'azote est indifférent. 1 mètre cube d'oxygène équivaut à 54 centigrammes de fer, et l'atmosphère tout entière agit comme une couche de fer qui envelopperait la terre et aurait yï do millimèire d'épaisseur.
Explication du diamagnétisme. — On sait que si l'on présente un morceau de fer à un pôle austral, il se forme à son extrémité un pôle contraire qui est attiré. Le diamagnétisme résulte d'une action opposée; il se forme un pôle de même nom. Voilà pourquoi le barreau est repoussé. On le démontre en plaçant un barreau de bismuth dans une spirale traversée par un courant, et en lui présentant une aiguille aimantée. On reconnaît que le barreau a pris un magnétisme opposé à celui que prendrait le fer dans les mômes conditions.
Ces faits paraissent en opposition avec la théorie d'Ampère, qui perdrait ainsi sa généralité. On va voir que cette opposition n'est pas cependant aussi radicale qu'elle le parait.
Faraday reconnut, «n effet, que la nature du milieu ambiant peut changer complètement les propriétés des corps. Par exemple, un tube contenant une solution de sulfate de fer est magnétique dans l'air; il le devient davantage dans l'eau ou l'alcool ; mais il devient diamagnétique dans une solution de sulfate de fer plus concentrée que celle qu'il contient.
. Cela s'explique par le principe d'Archiraède.
Plaçons dans le voisinage d'un pôle d'aimant une cuve pleine d'un liquide : il n'éprouve aucun mouvement. Or isolons par la pensée une masse quelconque dans son intérieur : elle est sollicitée par le pôle avec une force /, positive ou négative suivant qu'elle est magnétique ou diamagnétique; et comme elle ne se déplace pas, il faut que le milieu qui Tenloure exerce sur elle une poussée — / égale et contraire. Remplaçons maintenant cette masse que nous avons isolée, par une autre qui soit limitée à la même surface, mais qui soit de nature différente ; elle éprouvera, de la part de Taimant, une action différente /'positive ou négative, et de la part du liquide une même poussée —/; la résultante sera/' — /.
Par conséquent l'action que le pôle d'un aimant exerce sur un corps quelconque plongé dans un milieu fluide, est égale à la différence de celles qu'il exercerait séparément sur ce corps et sur le fluide qu'il déplace^
Quand le milieu est magnétique, /est positive,, et /'—/tend à être négative ; par conséquent , un corps quelconque tend à devenir diamagnétique. Inversement, dans un milieu diamagnétique, / est négative ; la substance tend à être magnétique.
Or tous les corps de la nature sont plongés dans l'éther, et ce milieu, qui transmet la lumière et l'attraction, qui a delà masse, pourrait trèsbien être magnétique. En résumé on se trouve dans cette alternative^ ou de supposer la loi d'Ampère très-particulière, et de ne point expliquer le diamagnétisme, ou d'admettre la généralité de cette loi et la propriété magnétique de l'éther; alors le diamagnétisme se prévoit. M. Ed. Becquerel a admis avec raison, je crois, cette dernière solution.