CHAPITRE V. — BOBINE DE RUHMKORFF
stituée par un fil de | de millimètre de diamètre qui fait au moins 3o ooo tours, et qui est très-soigneusement isolé au milieu d'un mastic de gomme laque fondue. Les deux extrémités de ce fil sortent de l'appareil en K et en L et communiquent à deux poupées isolées K' et L'.
Le circuit inducteur est alternativement ouvert et fermé par le rhéotome suivant, qui est dû à M. de la Rive. Le courant partant de -h M entre dans la bobine; il sort par A, arrive à la poupée B, passe par un levier très- mobile BC jusqu'à un marteau C qui repose sur une enclume D, continue sa route du marteau à l'enclume, de D à la poupée F, et retourne au pôle négatif M de la pile. Mais à peine a-t-il commencé à circuler, que les fils de fer 0 s'aimantent et soulèvent le marteau, ce qui établit une interruption entre C et D. Immédiatement après, le fer se désaimante, le marteau retombe et rétablit la communication. On peut rendre ces alternatives plus ou moins rapides en soulevant ou en abaissant par une vis G la lame élastique sur laquelle se pose l'enclume.
La bobine induite est traversée par des courants directs toutes les fois que le marteau se soulève, et par des courants inverses quand il s'abaisse; les uns et les autres contiennent la môme quantité d'électricité, et comme la bobine est très-résistante, ils ont une force électromotrice considérable. Mais, ainsi que nous l'avons précédemment démontré, la tension des premiers l'emportera de beaucoup sur celle des seconds. C'est ce que vont nous expliquer plusieurs phénomènes.
L'aiguille d'un galvanomètre placé en K"L" sera alternativement sollicitée en sens opposé par les deux quantités égales d'électricité dont les effets s'annuleraient si les tensions et les durées étaient égales ; comme elles ne le sont pas, il y a une faible déviation dans le sens des courants directs.
Laissons entre K" el L" un intervalle d'air d'abord très-petit, que nous augmenterons progressivement. Les courants directs le franchiront plus aisément que les courants inverses, ils prendront une prédominance de plus en plus marquée, et, finalement, passeront seuls. Alors les effets galvanométrique et chimique vont en croissant dans le sens des courants directs, l'interruption faisant l'effet d'une espèce de filtre qui arrête les courants inverses, et l'on voit entre les deux points K" et L" jaillir une série d'étincelles, comme si l'on opérait avec la machine électrique.
Au moment où le marteau se soulève et que le courant inducteur est interrompu, l'extra-courant passe entre le marteau et l'enclume sous forme d'une étincelle. C'est comme si la durée du courant inducteur était prolongée. Il s'ensuit que la durée du courant induit direct est également prolongée et que sa tension est affaiblie. Pour y remédier, M. Fizeau a
4?8 LIVRE V. — ÉLECTRO-HAGNÉTISME.
disposé, dans la base mëine de l'appareil, un condensaleur de très-grande surfoce, Tormé par une lame de laFTetas repliée qui sépare deux feuilles d'étain qui en sont les armatures [fig. 4**) : l'une, marquée -t- -i- . . . , est de communication avec la poupée B ; l'autre, désignée par ..., est reliée à F. Lorsque le marteau se soulève, l'extra-courant se produit et se répand dans le condensaleur qu'il charge; l'électricité positive : 'écoule par ABfr sur les armatures -)- -i- . . . , et le fluide négatif par DF/ sur tes
lames .... Dès lors l'élincelle d'induction diminue, puisque ko fluides
qui la produisaient trouvent un grand espace où ils se distribuent.
A peine sont-ils accumulés sur le condensaleur, qu'ils tendent à se recombiner en suivant le conducteur &fiA, puis la bobine inductrice, puis
la pile M, puis enfin F/ et les lames ... ; il en résulte un courant
opposé à celui de la pile et qui détruit brusquement l'aimantation du fer doux, ce qui fait que le courant induit direct est moins prolongé et, par conséquent, plus intense. Les étincelles augmentent jusqu'à 8 ou lo millimètres. *
Interrupteur de Foncanlt. — A mesure qu'otî a perfectionné les procédés de construction et qu'on a pu produire des machines plus énergiques, il est devenu nécessaire de remplacer le rhéotome de M. de la
Rive par un appareil, dû à Foucault (fig. 4o8), où l'interruption est produite par une pointe qui plonge dans un godet contenant du e