IV. — DIFFUSION
Lorsque les surfaces ne sont pas polies, elles renvoient les rayons dans toutes les directions à la fois; c'est le phénomène de la diffusion^ qui n'est qu'une réflexion irrëgulière. La lumière du jour qui nous éclaire vient du Soleil ; elle est diffusée par les nuages, par le sol, par les surfaces des maisons, etc. Les divers rayons du spectre sont inégalement diffusés par les substances colorées, parce que leur pouvoir réflecteur varie avec la nature de ces rayons. Voici l'expérience que Newton imagina pour le démontrer.
Sur un écran noir on colle une bande verticale de papier blanc, que l'on prolonge en bas par une bande de papier coloré. Si alors on fait tomber sur l'écran un spectre horizontal, on constate que chaque couleur simple conserve sa nuance aussi bien sur la bande colorée que sur la bande blanche, seulement la première renvoie en plus grande proportion les rayons simples qui se rapprochent de sa couleur propre. Si ensuite on éclaire les deux bandes par la lumière blanche et qu'on les regarde à travers un prisme, le papier blanc donne un spectre normal, la bande colorée un spectre incomplet oy prédomine sa couleur propre et dans lequel manquent les teintes qu'elle absorbe.
Il y a des corps qui diffusent toutes les couleurs dans^ les mômes proportions; ils sont blancs s'ils renvoient beaucoup de lumière, gris s'ils en diffusent moins. Le plus généralement, les proportions sont changées, il y a une couleur qui prédomine ; de là les couleurs naturelles des corps. Mais il ne faut pas croire que ces couleurs soient simples ; le prisme les résout en une infinité de nuances. Les teintes jaunes contiennent de l'orangé, du jaune et du vert; les tons verts, du jaune, du vert et du bleu ; et ainsi de suite. En outre, les couleurs des corps changent avec la lumière
qui l€S <>claire. Ainsi, la lumière du soleil est jaune ou rouge&tre le malin et le soir, quand le soleil est Irès-bas ; il en est de même des lampes et du gaz d'éclairage; au contraire, le bleu et le violet dominent dans l'arc électrique et dans le clair de lune. 11 en résulte qu'au soleil levant ou couchant, et le soir, à la lampe, le bleu passe au vert; le contraire a lieu avec la lumière électrique.
Les mêmes phénomènes ont été étudiés par Helloni, à l'aide de son thermomultiplicaleur. Pour démontrer la diffusion de la chaleur, il prend une plaque B de nature quelconque, la couvre de blanc de céruse, par exemple, et l'expose sous une incidence quelconque à l'action d'une source calorique L (J!g. 6ia), puis il place la pile sur la règle mobile GP et la
Fie. 6.1.
dirige vers la plaque B. L'elTet se manifeste aussitôt ; mais comme il est eïtrémement faible, on a soin, pour le mieux constaier, d'armer la pile avec un large cône de laiton poli qui recueille une grande quantité de rayons et les concentre sur les soudures; alors le gahanomètre marque plusieurs degrés, et l'on en conclut que la plaque B, qui a reçu le faisceau calorifique, diffuse de la chaleur vers la pile. Cette action se produit dans toutes les directions. L'effet observé ne dépend pas de réchauffement de la plaque B, car il est instantané, indépendant de l'épaisseur de cette plaque et ne modifie pas la nature des rayons incidents.
Melloni a démontré, par ces expériences, que ia diffusion est trèa-iné' gale pour les divers rayons ; lo blanc Ue céruse diff'use beaucoup de lumière et peu de chaleur obscure; le noir de fumée diffuse également les di-