‹ Petit traité de physiqueChapitre 358 sur 408 · CHAPITRE VU. — ÉMISSION · texte numérisé non relu

CHAPITRE VU. — ÉMISSION

qu'à une distance double ou triple, sa surface apparente, vue de B, deviendra 4 ou 9 fois moindre, et la quantité de rayons qu'elle recevra sera 4 ou g fois plus petite; en général, cette quantité sera en raison inverse du carré

de la distance r, et s'exprimera par

Ew'

Si CD s'incline d'un angle i' sur sa direction primitive et se place en CE, elle ne recueillera que le^ rayons qui passent sur sa projection CE'= y cos/',

c'est-à-dire une quantité égale à 5 — • De môme si la surface échauffée

AB était inclinée de 1, elle se trouverait réduite à sa projection ÂF' et enverrait sur CE une quantité de rayons Q, qui serait

Escosis'cosi'

Pour justifier cette loi de l'émission oblique, on remarque que si l'on regarde ou lé soleil ou un boulet rougi, on les voit comme des disques plans, ce qui prouve qu'une portion quelconque de leur surface émet la môme quantité de lumière que leur projection sur un plan normal aux rayons. On arrive à la môme conséquence par une expérience de Leslie, en limitant par des écrans PQ, RS (Jîg. 61 5) le flux calorifique émis par une

surface AB, le recevant sur un miroir MN et ensuite sur un thermomètre F. L'effet ne change point si l'on incline la surface AB d'un angle I quelconque.

La formule ( 1 ) exprime la loi générale de l'émission ; E varie à la fois avec la substance considérée, avec la température à laquelle elle a été portée; il varie aussi, et graduellement, avec la réfrangibilité du rayon que l'on considère. Nous allons commencer par réunir ces rayons en groupes, en attribuant à E une valeur moyenne que nous supposerons commune à chaque radiation.

n. — ânssiON des chaleubs obscïïbes.

Comparaison des pouvoirs émissifs. — Pour comparer les pouvoirs émissifs de diverses surfaces, Leslie plaçait devant un miroir concave (Jig. 6i5) un cube AB rempli d'eau bouillante, dont les quatre faces verticales étaient couvertes : la première de noir de fumée, et les autres des diverses substances qu'on voulait étudier. Au foyer du miroir MN, était disposée la boule F d'un thermomètre différentiel, revêtue de noir de fumée ; elle s'échauffait et arrivait à un excès final de température.

Après Leslie, MM. de la Provostaye et Desains ont remplacé le miroir et le thermomètre par la pile de Melloni ; ils ont obtenu les nombres suivants, qui représentent les pouvoirs émissifs de diverses surfaces comparés à celui du noir de fumée, pris comme unité :

Noir de fumée

Céruse

Colle de poisson

Encre de Chine

Gomme laque

Platine 0,11

Cuivre 0 ^oS

Or 0,04

Argent o,o3

Argent bruni 0,02

On voit qu'à 100 degrés, les divers corps ont des facultés émissives très-diverses; elles ne dépendent point de la couleur, comme l'avait cru Leslie. En général, elles augmentent avec la rugosité des surfaces; mais cela tient plutôt aux changements de densité que l'on produit en polissant ou en rayant les corps. Ce qu'il faut signaler, c'est le peu de pouvoir émissif des métaux.

Influence de la température. — Quand la température croit, E augmente; tant qu'elle ne dépasse pas 100 ou 200 degrés, on peut admettre que E lui est

proportionnel*. Posons donc E =■ et, et il vient

Fig. 616.

Q=:et

SCOsi s' COBÎ'

Q représente la chaleur envoyée par la surface s sur s\ sous des angles d'émission et d'incidence égaux à / et à i\ Cherchons la somme des chaleurs envoyées par mn = s (Jîff. 616) sur tous les éléments AB de la sphère décrite de O, comme centre, avec un rayon égal à l'unité. AB reçoit la chaleur normalement ; <*'= o, et l'on a

^ jf'cosi

Q = ef — — -;

s'cosi est la projection PQ de AB sur MN. Si donc on fait la somme de toutes les chaleurs envoyées sur des élémenfs

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