DE MADAME DE MAINTENON
E ces deux ouvrages, le second seul est connu. Imprimées en 1757 pour la première fois, les Conversations de M^^dQ Maintenon ont eu plusieurs éditions, et ce livre si simple et si naïvement écrit a toujours été recherché par les amis de la jeunesse comme une excellente lecture, pleine d^idées et de leçons intéressantes et variées.
Les Proverbes inédits que publie M. Blaizè aujourd'hui, et qui font la suite naturelle des Conversations^ sont, à n'en pas douter, de la même
plume élégante et facile. Non contente de commander, pour ses pensionnaires de Saint- Cyr, l'admirable tragédie d'Athalie et la délicieuse élégie d'Est/ier à la muse oisive du grand Racine, Mnie de Maintenon, tout entière aux soins de l'intéressant troupeau qu'elle avait réuni, s'occupait, dans ses moments de repos, de faire, exprès pour elles, de petites comédies dans lesquelles le précepte, subtilement développé et caché sous Tintprêt d'une action dramatique, arrivait à ces jeunes âmes avec tout son pouvoir. J'ai lu comme un enfant tout ce recueil, d'abord parce que c'était un livre pour l'enfance, un de ces livres difficiles à composer dont peu d'hommes ont eu le secret, et ensuite parce que c'était un livre duXVII^ siècle. Eh bien! dans ces esquisses légères de comédies enfantines, ce n'est pas sans un grand intérêt que j'ai retrouvé les traces vivantes de ce siècle, de cette cour, et de M™^ de Maintenon qui, reine et bourgeoise à la fois, se plaisait souvent, pour l'instruction de ses protégées ou de ses nièces, à redescendre dans les détails de ménage si communs dans ce grand siècle, et qu'on rencontre souvent chez M.^^ de Sévigné.
Dans ces proverbes on parle de tout : toilette, économie, propreté, ordre, femme de chambre, travail, prière, tout y est; on y trouve même en
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scène M^^^ de Maintenon qui, dans un dialogue très simple, se représente s'ennuyant à Marly, dans cette chambre qui va de plain-pied dans V appartement du Roi, qu'il a fait meubler et tapisser de même que la sienne. Il est vrai qu^elle ne voit que le Roi au-dessus d'elle; mais sous cette tapisserie d'or il y avait une muraille nouvellement plâtrée qui lui donna ime fluxion sur les yeux et sur les dents; de sorte qu'elle ne put fermer rœil. Le matin, elle se leva dès six heures. A peine fut-elle habillée quil lui fallut recevoir Mgr l'archevêque avec qui elle avait à traiter d'affaires sérieuses. Au sortir de là, sa chambre fut remplie de princesses et d'autres dames, sans qu'il lui fût permis de trouver un instant de repos.
Ce qui prouve, ajoute Fauteur, que tout ce qui brille n'est pas or.
Ces proverbes de Mn^e de Maintenon, tout pleins de ces naïfs détails, sont donc, à mon sens, un bon livre intéressant et moral, un des meilleurs ouvrages qu'on puisse mettre entre les mains d'une Jeune personne, et, qui plus est, un livre historique pour ceux qui aiment, dans l'histoire, les petits faits de la vie privée des grands personnases de la cour.