‹ Petite faune entomologique du Canada et particulièrement de la province de Québec [microforme]Chapitre 11 sur 594 · Gen GRILLON. Gryllus, Olivier · texte numérisé non relu

Gen GRILLON. Gryllus, Olivier

Tête fort grosse ; face bombée antérieurement. Labre très grand, arrondi au bout. Mandibulestrès fortes Palpes maxiliaires très longs, à article terminal tronqué obliquement à son extrémité. Ocelles placés sur le front. Prothorax transversal, sans rebords latéraux. Elytres à nervures longitudinales obliques, nombreuses, bien sail. lantes. Ailes dépassant notablement les élytres en forme de lanières, quelquefois courtes où nulles. Oviscapte long,

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droit, dépassant notablement les élytres, Pattes robustes ; les jambes antérieures portent au coté interne de leur base une dépression ovale recouverte par une membrane blanche et transparente; cuisses postérieures renflées, leurs jambes munies sur les deux carènes exiérieures d'épines épaisses à la base, terminées en pointe, l'extrémité portant de plus 4 autres épines mobiles. Tarses de 3 articles, le premier plus grand que les 2 autres réunis, muni dans les postérieurs, d'une double rangée d'épines, comme les jambes,

Les Crrillons sont partout fort communs en Canada ; depuis Aout jusqu'à Pautomne surtout, leur chant nous révèle ascez leur présence, et à peine pouvons-nous à cette époque faire un pas dans la campagne, que nous les voyons sauter devant nous, pour se cacher dans l'herbe ou sous quelque motte de terre à proxhnité, car ce sont des animaux essentiellement timides,

Contrairement aux Criquets, les Grillons sont des animaux carnassiors, [ls se creusent des galeries dans le sol, ordinairement sous un cailiou, un morceau de bois, etc. et là, la tèéte à louverture du trou, quelquelois ne laissant dépasser que leurs longues antennes, ils guettent le passage de quelque proie, d'une Fourmi, d'une Mouche, etc. Comine tous les carnassiers qui œuettent leurs proies sans les pouisuivre, ils peuvent süpporter un très long jeûne sans prendre de nourriture.

C’est aussi à l'entrée de leurs galeries que les mâles font appel aux femelles par leur chant ou stridulation, Si nous qualifions de chant les notes qu'ils font entendre, qu'on n'aile pas croire toutefois que ces sons s’échappent de la gorge, comme dans les vertébrés, pour sortir par la bouche. Aucun insecte crieur où chanteur n’est susceptible d'é-

1ettre des sons de cette manière. La raison en est bien facile à saisir : c'est que la bouche, chez les insectes, ne sert aucunement à la respiration, n'est pas un conduit aspirant ou expirant Pair, Tous les sons produits par les insectes, ne sont que des sons artificiels, de véritables notes de musique, rendues par la vibration de certains organes particuhers, iasitrwiaents propres à cette fin. D'ordinaire les mâles

seuls sont pourvus de tels instruments, qui leur servent pour faire appel à leurs femelles,

Pour ce qui est des Grillons, c’est sur leur dos que les mâles portent leur instrument, et un simple eonp d'œil suffit pour nous faire voir de suite Ja différence de structure des élytres entre une femelle et un mâle, Tandis que dans la femelle toutes les nervures longitudinales sont droites ou se croisent obliquement en formant des lozenges ; dans le mâle, ces lignes sont plus où moins recourbées, circonserivant plusieurs aréoles de formes différentes, Nous empruntons à Mr. Goureau, entomologiste Français, la description de l'instrument musical des Grilions,

“ Tin examinant l'élytre avec attention, on reconnait qu’elle est formée d'une inembrane inince, sèche, translucide, qui produit un son très distinct lorsqu'on la froisse, Elle est composée de deux plans comprenant entre eux un angle droit, dont l’'arête est renforcée par quatre nervures droites, longitudinales et parallèles. L'un des plans s'applique sur le dos de linsecte, et peut recevoir le nom de couvre-dos ; l'autre descend le long du côté, et pout s'appeler couvreflane. Le couvre-dos est divisé en un grand nombre d’aréoles par d'autres nervures courbes, régulière. ment contournées, formant deux systèmes principaux : le premier, composé de quatre nervures qui s'appuient sur le milieu d’une autre nervure remarquable, que je nomme l'archet ; le second formé de trois nervures prenant leur origine à un point remarquable du bord interne, que j'appelle Îa brosse. Ces deux systèmes sont séparés par une nervure qui touche, par son extrémité inferieure, un espace ovale, circonscrit par une nervure ; le bout de lélytre est rétieulé. Pour bien voir l'archet, il faut regarder l'élytre en dessous avec une loupe; on voit alors une grosse nervure plus épaisse à son milieu qu'à ses extrémités, partant du bord interne vers la buse de l'élytre, s'étendant transversalement un peu en remontant, et se terminant par un retour qui s'élève vers l'origine de lélytre. Cette nervure est saillante et striée transversalement comme une lime. Au dessous de son origne an bord interne, on voit la brosse, formée d'un faisceau de poils

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courts et raides, ct au dessus, un espace plus ferme, plus transparent que le reste de l'élytre, d'une forme à peu près triangulaire, auquel je donne le nom de chanterelle, Maintenant, si on se représente les deux élytres croisées l’une sur l'autre, et frottant lune contre l'autre, on voit que l'archet de la supérieure passe sur la chanterelle de l'inférieure, et que les stries frottant sur le bord y excitent des vibrations qui se communiquent à toute l'élytre, et produisent des sons. Par une action réciproque, larchet vibre lui-même, et met en vibration Pélytre à laquelle il est attaché; en sorte que la stridulation est le résultat de la vibration simultanée des deux élytres. On conçoit facilement le role que jouent les nervures qui les traversent: elles en divisent Ja surface en un grand nombre d'uréoles de formes variées, qui ont chacune une vibration particulière et un son partiel; lensemble de tous ces petits sons forme le son général ou la stridulation.

“ On peut donc comparer l'appareil musical du Gril. lon à un tambour de basque divisé en un grand nombre de compartiments par des cordes inerustées dans la peau, qui serait traversée par une grosse corde à nœuds, et dont ou jouerait en passant sur cette dernière une lame sonore.

“ Lorsque l’insecte croise ses élytres rapidement l’une sur l'autre, et qu'il fait passer l’archet dans toute sa longueur sur Ja chanterelle, il produit la stridulation vive et bruyante qu'on entend ordinairement, et qui est son chant d'appel; mais lorsqu'il se contente de frotter la brosse contre le bord interne de l'élytre par un très petit mouvement vibratoire, il produit le son doux et tendre qui est expression de son contentement,

“On peut produire artificiellement le chant sur un insecte vivant, ou sur un insecte mort dont les articulations conservent encore leur souplesse ; il faut pour cela soulever les élytres et les frotter l’une sur l’autre à l’aide d’une épingle. On fait encore résonner l’archet en passant la pointe d’une épingle sur les stries dont il est rayé, On n'obtient pas par ce moyen, des sons aussi éclatants que ceux que produit le Crrillon dans son état de vie et de liberté, mais de suffisants pour reconnaitre la stridulation.”

Nous avons maintes fois fait produire des sons aux élytres des Grillons en les frottant lune contre l'autre, comme il est dit ci-dessus,

La femelle du Grillon, dont la tarière est souvent fort

longue, pond un nombre consid

ésable d'œufs en les

attachant à la terre au moyen d'une comme partieulière qu'elle produit. Les jeunes larves, à leur éelosion, sont de couleur blanche ; elles cherchent de suite une retraite sous quelque motte et se mettent de suite au guet pour attraper quelque proie. Mâles et femelles demeurent mucts jusqu'à l'état parfait, puisque les instruments du son ne se séparent pas des élytres, Ce genre nous offre deux espèces dans notre faune,

Ailes très longues, dépassant de beaucoup les élytres, 1. domestious.

Ailes ne déposant pas les élytres...... ss. ss 2, neglectus.

1, Le Grillon domestique. Gryllus domestiens, OÙùv.; Acheta, Linn.—Vulsrirement le Criquet domestiqu ‘4 Auvl, Cricle Éx

Long, .65 pouce. Corps d'un jaune sale, Face brune avec une strie transversale blanchâtre et une autre sur le vertex; oevipat brun, Antennes, palpes et pattes, jiuuâtres, Prothorax brunâtre sur le dis.

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que, ses côtés rabattus, jaunâtres avec une bande longitidinaile brune,

Elytres un peu plus courtes que l'abdomen, d’un jaune sale, avec les lignes accompagnant les carènes latérales, brunes, Aïles amples, dépassant en lanières les élytres d'au moins la moitié de leur longueur, Appendices abdominaux longs, jaunâtres, velus. Tarière longue, à valves renflées vert le bout et bifides à l'extrémité. Pattes de la couleur du corps, munies sur leurs 2 carènes extérieures d'épines jaunes, six de chaque côté.

Même coulenr das le mâ'e que dans la femelle, Dans le premier l’aréoie de l'extrémité de l’élytre forme un ovale presque parfait,

Importé d'Europe. Commun dans les boulangeries, les cheminées des cuisines, et généralement les endroits les plus chauds des habitations. Le Grillon domestique, de même que les Kakerlacs, sort la nuit de sa retraite pour dévorer les miettes de pain, de viande, ete, qu'il peut rencontrer. On l’a vu bien des fois aussi attaquer le linge sale, surtout lorsqu'il est un peu humide ou souillé de graisse.

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IV —CRILLONIENS, 21

Rien de plus ennuyeux que la présence de ce musicien noeturne dans les habitations où il a fixé sa demeure,

2, Le Grillon né ‘lice, Ciruyllus neglectus, Seudder,Vuls, Cri quet HOT ; Criquet des chomnps, L'ie, 3,

Lone, .65 pouce ; longuour de la tarrière des oÙ

le poix, luisant, Antennes longues et wrêles, noires, Pro-

t Le na + pour . Vorps

d'un noir « thorax avec quelques impressions, Elytres d'un brun roussitre tout à la buse, les curènes latérales sou

vent jaunâtres à la base, de même que les

nervures longitudinales des couvre-flines, le plus souvent plus courtes que l’abdo-

men, Ailes imparfaites, ne dépassant pas

les élytres, Appendices abdominaux brunâtres, ussez longs, velus, Pattes de même couleur que le corps, quelquefois lévèrement roussitres, les jumbes postérieures avee une double rungée d’épines fortes, 6 de chaque côté. Tarière fort lonvuc

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