‹ Petite faune entomologique du Canada et particulièrement de la province de Québec [microforme]Chapitre 15 sur 594 · Gen. PHANÉROPTÈRE, Phaneroplera, Serville · texte numérisé non relu

Gen. PHANÉROPTÈRE, Phaneroplera, Serville

Tête ovalaire, assez étroite, Yeux globuleux, saillants. Antennes longues ; le premier article gros, assez long, le second petit, globuleux. Palpes maxillaires ayant leur dernier article deux fois aussi long que l'article terminal des palpes labiaux, et ainsi que lui, tronqué à l'extrémité.

Fig. 4—Ceutophilus maculatus, Burm,.

Prothorax court, presque carré, à disqne plan, sans sillon transversal, ses carènes latérales non saillantes, Elytres

ovales, larges, dépassant presque toujours de moitié lexoi de l'abdomen, affectant la couleur verte ; organe stridulant des mâles assez opaque, Ailes dépassant les élytres. Pattes moyennes, les postérieures notablement plus longues que les autres, les jambes portant en dessus deux rangées d'épines nombreuses. Appendices abdominaux gros, épais et courts dans les deux sexes. La plaque sous anale dans les mâles est presque naviculaire, bifide au bout et dépasse l'extrémité de l'abdomen. Dans les femelles l'oviscapte est court, très arqué dès la base, et ses valves sont fortement aplaties.

Une seule espèce rencontrée. «1

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Fig, 5.

de la tête au bout des ailes, souvent plus de deux pouces. D'un beau vert de gazon uniformo, dessous un peu plus pâle; pattes, surtout aux extrémités, jaunâtres, Front se terminant en pointe mutique entre les antennes. Prothorax plus étroit en avant, à disque aplati, arrondi en arrière, plié À angle droit sur les côtés, mais sans former de carènes saillantes. Kiytres élargies au miiicu, portant au côté interne de la base, dans les @, l'organe de stridulation, qui est assez opaque et trae versé par une grosse nervure courbe. Pattes antérieures assez courtes, mais les postérieures très longues, leurs cuisses grêles, à peine plus fortes que leurs jambes, mesurant souvent comme elles un pouce de longueur ; épines des jambes nombreuses, mais courtes. Tarière des femelles aplatie, en forme de subre recourbé en haut, Plaque sous-unale des mâles, longue, atténuée et relevée à l'extrémité,

Fig. 5.— Phaneroptera curvicauda, DeGeer.

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V——-LOCUSTAIRES, 29

Très commun dans les prairies en Août et Septembre. Sa couleur verte, qui se confond avec celle du gazon, Ini permet souvent de rester inaperçu. Ces insectes ont un vol lourd et peu soutenu, ils font entendre en volant une espèce de frottement assez remarquable. Leur chant est beaucoup moins fort que celui des Grrillons.

> Gen. XIPHIDION. Xiphidinm, Serv.

Ce genre ne diffère des Orchélimes que par le présternum qui est mutique au lieu d'être bidenté, et par la plaque sous anale de l'abdomen qui est grande et fourchue dans les 4. Les élytres sont aussi plus courtes que chez les Orchélines.

Deux espèces rencontrées,

1. Xiphidion brévipenne. Aphidium brevipenuis, Seudd.— Long. .45 pouce. Vert, piqueté finement de brun sur lu face et le prothorax. Antennes jaunes, brunâtres à l'extrémité, très longues, Prothorax avec une bande dorsale brune, bordée de chaque côté de jauneclair, se continuant sur la tête en se rétrécissant jusque sur la pointe du vertex entre les antennes, et se prolongeant à peine en arrière sur le troisième lobe du prothorax. Elytres jaune-pâle, n'atteiwnant pas l'extrémité de l'abdomen; les ailes un peu plus courtes, Dos de l'abdomen brun de même que les appendices. Tarière de la @ brunrougcâtre, dilatée au milieu et légèrement courbée, presque aussi longue que les cuisses postérieures, Pattes vertes, les enisses postérieures avec une ligne brune au milieu en dehors, leurs genoux aussi bruns,

Très commun dans les près humides, ayant toute l'apparence extérieure des Orchélimes, mais de taiile plus petite, et avec les élytres beaucoup plus courtes,

2. Xiphidion fascie. X'phidium fasciatum, Serv. — Tong. .50 pouce ; de l'extrémité de la tête au bout des ailes .80 pouce. D'un vert gai, avec une strie brun-roussâtre sur le dos du prothorax se prolongeant jusque sur la pointe tuberculeuse de la tête, mais plus étroite dans ectte dernière partie, Face sans aucune tache. Antennes très grêles, tout près de deux pouces de longueur, Elytres étroites, arrondies à l'extrémité, jaunâtres avec les nervures rousses, Dos de l'abdomen brunroussâtre avec une bande jaune-clair de chaque côté, suivie d’une autre presque noire. Tarière verte, quelque peu roussâtre à l'extrémité.

Cuisses inermes, jambes postérieures jannâtres, Appendice stridulant des Z, bien transparent dans l’élytre droite, beaucouÿ plus opaque dans la gauche, traversé dans son milieu par une grosse nervure oblique,

Très commun en Août et Septembre.

Fam. VI. ACRIDITES. Acridiles.

Tête ordinairement forte, quelquefois pyramidale, face verticale ou en plan oblique, souvent avec + carènes longitudinales. Labre giand, souvent échancré.

. Mandibules fortes, multidentées ; mâchoires tridentées.

Palpes ordinairement courts et filiformes, les maxillaires de 5 articles ‘ont les 2 premiers très courts, les la. biaux de 8.

Antennes filiformes ou sétacées, constamment plus courtes que le corps, insérées chacune dans une cavité du front.

Prothora: à disque ordinairement plan, les côtés presque toujours brusquement rabattus.

Elytres de la longueur de l'abdomen, rabattues de chaque côté du corps, et en toit aigu. Ailes ordinairement de la longueur des élytres, quelquefois rudimentaires ou nulles.

Abdomen plus on moins unicaréné en dessus, avec un appendice de chaque côté à l'extrémité, souvent peu visible dans les 9. Premier Segment ayant dans son intérieur un appendice en forme de sac ou de cylindre, avec un opercule membraneux, circulaire ou Innulé, de chaque côté. près des hanches postérieures ?, Point de tarière dans les 9, l'abdomen se terminant par 5 pièces angulaires ou coniques, insérées dans le dernier segment et toujours saillantes placées par paires, les unes au dessus des autres. Plaque sousanale des d, convexe en dehors, embrassant l’extrémité de l’abdomen en se recourbant en dessus.

Pattes assez courtes, les postérieures fréquemment robustes et allongées ; leurs jambes épineuses,

1. Certains auteurs veulent que ce soit là une boîte sonore pour favoriser la stridulation, d'autres en font un organe d’audition.

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VI—ACRIDITES, 31

Tarses de trois articles, le premier ayant en dessous deux sillons transversaux qui le partage en trois parties ; le second toujours le plus petit.

De tous les Orthoptères, voilà certainement la famille la plus remarquable, tant par les nombreuses espèces qu’elle renferme, que par les ressources qu'elle apporte aux populations des contrées orientales, mais plus encore par les dégats qu'elle cause.

Lès l'antiquité, les Acridites étaient, comme aujourd'hui, désignés sons le nom de Sauterelles. C'était, comme encore de nos jours, une nourriture appréciée par les nombreuses peuplades de l'Asie, de l'Afrique, ete. L'usage de se nourrir de Nauterelles était si bien établi, que Moïse en faisant l’énumération des animaux purs et impurs qui pouvaient être pris ou rejetés comme nourriture, range la Sauterelle parmi les premiers, la considérant comme un animal à pattes, tandis que les insectes à 6 pattes étaient classés parmi les impurs. Le législateur des Hébreux range la Sauterelle et la Mouche parmi les animaux à quatre pattes, parce qu'il considérait les pattes postérieures de Ja première, si fortes, si longues, plutôt comme des organes particulièrement propres au sant, que convenables pour la marche, Et de même pour la mouche, les pattes antérieures n'étaient que des bras qui lui servaient à nettoyer ses ailes, ses yeux, elc.

Les orientaux qui faisaient entrer la fable dans tous leurs récits, n’ont pas manqué de bâtir des contes plus ou moins absurdes au sujet de l’insecte le plus important pour eux. L'un de ces contes qui ne s’est pas le moins répandu, est celui que rapporte Pline au chapitre 29 de son livre 10, au sujet des Sauterelles des Indes, qui n'avaient pas moins de quatre coudes de long, et dont les grandes pattes armées de dents servaient de scies pour scier le bois,

Quant à la Sauterelle comme aliment, on sait qu'encore anjourd’hui, on voit les sacs de cet insecte s'entasser sur les marchés de Bagdad comme on le fait ici de nos grains et de nos pommes de terre. On les mange frites au beurre, ou simplement rôties sur la braise après leur avoir enlevé

OR à 2e

les pattes et les ailes, où encore en une espèce de bouillie après les avoir fait sécher et réduites en poudre. M. C. V. Riley, entomologiste d'Etat pour le Missouri, voulut en 1875, expérimenter par lui-même la ressource que les Sauterelles peuvent offrir aux populations des plaines de l'Ouest. Pendant trois jours, il ne prit d'autre nourriture que des Santerelles apprétées de différentes façons, et il s'en trouva si bien, qu'il se déclare étonné que des populations puissent se laisser souffrir de la faim, comme la chose arrive encore si souvent, lorsqu'elles ont à leur disposition, et en si grande abondance, une nourriture d'aussi excellente qualité.

Mais comme toute médaille a son revers, la ressource qu'oflrent les Sauterelles à certaines peuplades, serait bien vite sacrilite, si la chose était possible, pour l'avantage de n'avoir pas à souffrir de leurs dégats. On sait que ces insectes sont armés de mâchoires redoutables, lesquelles, favorisées par leur extrème voracité et leur prodigiense multiplication, ne viennent que trop souvent ravir au cultivateur Les fruits de ses travaux et le pain de sa famille,

On dit que le Calife Omar, un jour qu'il allait se mettre à table, vit tomber sur son assiette une Sauterelle sur Paile de laquelle il put lire: “nous sommes 99, et si nous étions 100, nous ferions bientôt disparaître toute végétation de la surface du globe.” Tout en faisant la part de l’exagération orientale, nous sommes forcés de reconnaître que si les éléments ne venaient pas souvent entraver le cours de reproduction de ces redoutables ravageurs des moissons, plusieurs contrées du globe deviendraient absolument incapables d’être habitées par l’homme. Dans les climats tropicaux, le Sauterelles se montrent souvent en telle quantité, que leurs bandes au vol obscurcissent l'air à tel point, qu'on ne peut plus lire dans les maisons. Poussés par les vents, ces voliers passent souvent d’un pays à un autre, traversant des mers d’une largeur considérable. Un vaisseau à 200 milles des îles Canaries, a vu, une fois, un volier de ces insectes s'abattre sur son pont, la voilure, les cordages, la mature en étaient littéralement couverts, si bien

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Vi—AURIDITES, 33 que les matelots sullisaient à peine à les balayer à la mer pour en débarrasser le pont,

[l arrive souvent aussi que ces légions surprises dans leur vol par un vent contraire sont précipitées dans la mer et ramentes par je flot au rivage, où elles formeut des amas de plusieurs pieds d'épaisseur qui infectent bientot tout l'air des environs, répandant partout des maladies qu'engendrent les miuismes délétéres s'échappant de ces masses en putréfaction.

La femelle dépose ses œufs daus la terre, au nombre de 50 à 60, renfermées dans une espèce de tube où fourreau formé d'une matière glaireuse faisant adhérer les grains de sable on de poussière: qui la touchent, Dans piusieurs pays où l'on a voulu combattre les Nauterelles, on a donné dex primes pour la récolte de leurs œufs. Des enfants en ramassaient de 14 à 16 livres par jour. Ca moyen mis en pratique sur une grande échelle, serait certainement bien capable de restreindre considérab'ement leur multiplication.

Les Sauterelles, comme les Grillons et les Locustaires, sont aussi des musiciennes. Ni nous avons dans ces derniers des joueurs de tambour, nous avons dans les Acridites de véritables joueurs de violons ; rien n'y manque : boite sonore, cordes, et archet; non pas disposés t-utefois tel que représenté dans la Fig. 8, mais remplissant cependant le meme office.

La boite sonore est constituée par un sac ou tube rempli d'air, ferin: à chaque extrémité par une membrane mince, logé dans le premier segment abdominal et ayant son ouverture de chaque côté, immédiatement au-dessus des hanches postérieures. Les élytres mêmes, et surtout leurs bords externes, forment les cordes ; et les longues et grosses cuisses sont les archets qui tour à tour agissent sur ces cordes pour les faire résonner,

Fig. ‘8.—Un Acridite mus'cien.

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