LES ANTENNES
Tous les insectes, sans exception, sont munis à la face supérieure de la tête, un peu en avant des yeux, de deux membres articulés, mobiles, de forme extraordinaircment variée, auxquels on donne le nom d'Antennes, fig. 1, ci et Û2. 2, d. Les articles des antennes sont placés bout à bout, les uns à la suite des autres, comme les phalanges des doigts ; ils varient considérablement en nombre, depuis 2 jusqu'à 24 et même au delà, comme dans certaines Hyménoptères. Dans les Coléoptères, le nombre normal semble être de 11, fig. 2, quoique les exceptions à cet éaard soient très nombreuses. Ainsi les Paussus n'en ont que 2, les Platypus 3, les Trichiosoines, les Sysiphes 8, les Saperdes, les Chrysomèles 12 ; les mâles des Priones 20, etc. ; beaucoup d'Hyménoptères ont les articles des antennes très nombreux et si peu distincts, qu'il est presque impossible de les compter; certaines Blattes en ont jusqu'à 150.
La conformation des antennes dans un grand nombre d'insectes, comme les Scarabéïdes, les Diptères, etc., permet de les diviser en 3 parties savoir : le scajje, la tige et la maasiie, fig. 3 se, ti, îiia.
Le scape ou article basilaire de l'antenne, en est ordinairement le plus remarquable par sa forme, sa couleur ou autre particularité ; il sert de caractère pour les distinctions généiiqueset spécifiques dans un grand nombre de cas; il égale quelquefois à lui seul, comme dans certaines Curculionites, tous les autres articles pris ensemble, par sa longueur.
La tige suit immédiatement le scape, et forme le reste de l'antenne, lorsqu'il n'y a pas de massue ; et lorsque celle-ci existe, elle prend place entre elle et le scape. Les articles de la tige sont aussi très variables en nombre, suivant les espèces.
La massue, lorsqu'elle existe, s'ajoute à la suite de la tige pour terminer l'antenne. Elle est formée par un renflement subit ou graduel des articles terminaux. Elle est très variable suivant les espèces, quant au nombre et à la forme des articles. La massue se compose de trois articles chez les Paussus et les Platypus, de deux cbez les Antbrènes, les Ditomes ; de trois chez les Géotrupes, les Nitidules ; de quatre chez les Sylphes, les Tétratomes ; de cinq dans les Scaphidies ; de six dans les Languries; de sept dans le Hanneton; de huit dans le Diaperis hoUti ; de neuf dans les jEnas ; de dix dans les Céraptères, etc.
Si le nombre des articles, soit de l'antenne, ou seulement de la massue est de 2, 3 ou 4, on dit alors qu'elle est hi, tri ou quadri-articulée, ou bien l'on indique simplement qu'elle a un petit ou un grand nombre d'articles en disant qu'elle est pauci ou Qmdti-articuUe.
Quant à la forme qu'elles affectent et aux appendices qu'elles peuvent porter, les antennes sont dites :
Sétacées, si elles diminuent en grosseur de la base au somet: Sauterelles, Ichneumons.
Séti(or!nes, si étant courtes et raide?, elle se terminent par une pointe allongée: Libellules, Cigales.
Filiformes, si elles conservent le même diamètre dans toute leur longueur: Carabiques, fig. 2, d, fig. 4, 8.
DE LA. lÈTK. 13
Fn.'^ifornies. si elles sont rentiées dans leur milieu en forme de fuseau : Zigéne, Macrophies.
Eiisiforme«, lorsqu'elles sont comprimées d'un côté, en lame d'épée : Truxales.
Moniliformes, quand elles sont composées d'artic'es globuleux, disposés conime les grains d'un cliapelet : Ténèbrion.
Iir.briquées, lorsque les articles se recouvrent les uns les autres : Diaperis.
Feuilletées, lorsque les articles se dilatent en une lame mince, plus ou moins allongée : L'tmpyris pennata.
Noueuses, quand elles portent quelques articles dispro portionnément plus gros que ceux qui les avoisinent : Méloé.
Flabellées, lorsqu'un certain nombre d'articles sont munis intérieurement de r. meaux flexibles et aplatis : Tetralohus Jlabellicornis.
Subulées, si elles se terminent par un article beaucoup plus grêle que le précé ent : les Ephémères.
A aigrettes, lorsqu'elles se terminent par un article plus ou uioins renflé et portant une soie latérale nue ou garnie de poils : Muscides.
Capitées, lorsque les articles se renflent subitement pour former la massue : Argynnis, Cimbex.
Bridées ou géniculées, lorsque la tige forme un angle droit avec le scape : Curculionites, Guêpes.
Enfin il est encore plusieurs formes qu'affectent les antennes en dehors de celles ci-dessus désignées, mais les mots pour les exprimer rentrent dans les applications du language ordinaire.
Les antennes sont rarement glabres ; le scape, la t'ge et la massue, ou tous les trois ensemble, sont le plus soti-
vent garnis de poils plus ou moins serrée, tonienteux, Sioyeux, etc., fig. 2, 3, 4.
Fin-. 2.
Les antennes sont-elles les ors^anes du toucher, do
l'orne OU de l'odorat ? Quoiqu'il soit certain que les insectes possèdent ces différents sens, bien qu'on ne leur trouve ni oreilles ni nez, il n'est pas encore démontré, d'une n lanière certaine, duquel de ces sens les antennes se trouvent l'organe. La plupart des auteurs semblent croire aujourd'hui que ce serait plutôt de l'odorat que des autres sensations, quoiqu'on en soit encore à chercher des expériences décidément concluantes. Quiint au tact, nialuré leur peau cornée, il est reconnu aujourd'hui que les insectes en jouissent comme tous les autres animaux: que les antennes, de même que les palpes et les tarses jouissent plus particulièrement de cette faculté, la chose est évidente, piisque leur grande mobilité qui leur permet de se prêter à la forme des objets extérieurs, leur sensibilité plus grande par le ramollissement de la peau dans les articulations, et en général leur contexture plus délicate, les rend plus aptes que toutes les autres parties du corps à ce genre de sensations.
2Q la bouche.
La Bouche (ns) dans les insectes, comme dans les ani-
Fig. 2. Dessous de l'IIarpalus caligincsus, grossi, avjc indication des différentes parties.
a, la languette. ]}, l'épimère du prothorax.
b, les paragloîses. ^j, l'é]>isteinuui du prothorax.
c, les palpes labiaux. q, q', q", les hanches.
d, le.-! antennes. r, r', r", les trcchantins.
e, le uientun. s, s\ s", les cuisses.
f, le lobo intérieur de la mâchoire, f, t', <", les jambes.
g, le lobe extérijur de la mâchoire. ti( les tarses.
/i, les palpes maxillaires. v, v', u", les segments abdominaux
i, les iiiaiid'.hales ip, l'épisterniim du mésothorax.
kj l'ouverture de la bouche. x, le mésosternum
l, la gorge ou pièce pré-basilaire. y, l'épimère du métathorax.
m, 1)1. les sutures de 1 1 bouche. y, l'épisternum du métathorax.
n, suture de la gorge. 2, le métascernum.
o, le pro.-tcrnum.
ENTOMOLOGIE ELEMEM'AIRE.
maux Yertébiés, est destinée à saisir et à préparer les aliments, avant de les livrer au canal digestif. e c a b f
Si nous examirions atteutiveiuent la bouche des insectes, nous trouverons deux types généraux de conformation, en apparence très différents l'un de l'autre, et répondant à deux sortes de besoins. Kn considérant, par exemple, la bouche d'un Carabe, d'une Libellule, d'une Sauterelle, nous voyons de suite, que les pièces qui la composent sont destinées à broyer, à diviser ou à mâcher
les aliments; tandis que dans la bouche d'une Guêpe, d'une Cigale, d'un Papillon, d'une Mouche, nous ne voyons que des instruments, formant une espèce de tube destiné à pomper une nourriture liquide. Sous le rapport de la bouche, les insectes peuvent donc se portager en deux séries: les hvojjc.urs ou ihniés, et les suceurs ou cdentés. Une inspection superficielle semblerait interdire tout rapport entre des instruments si dissemblables quant à la forme et aux usages, cependant une étude plus attentive a permis de constatei que la bouche des seconds n'était qu'une modification de colle des premiers; que quelques parties seulement plus allongées, alteiécs ou soudées, avaient suffi pour la faire varier dans son apparence.
La conformation de la bouche offre des caractères nombreux et très utiles pour la classification, dans les différents ordres; il importe donc d'en bien connaître les différentes parties. Nous examinerons d'abord la bouche des insectes broyeurs, qui comprennent les Coléoptères,
Fig. 3. L3 >.'épvo|ihore d'Amérique, grossi, et vu en dessus, avec indication dos différentes parties. L'olytrc de droite a été enlevée, peur ne laisser voir que l';,ile.
a, les mandibules. o, l'écus^on de mésothorax.
b, les p ilpes maxillaires. 7^, surtV-e dorsale du métathorax
d, le labre. ou métanotum.
0, l'épi- tome. q, les cuisses.
e. les antennes. r, r, r, les s"graents abdominaux. /, le front. s, s, s. les sîigm.ite'.
/■/, le vertex. - t,t',t" les jambes.
h, l'oec'pnt. V, les épines tibiales.
?', le cou. ff, 7ti, w, les tarses,
/.', les yeux. se, le scare de l'antenne.
1, le pruthorax ou pron.tum. ti, la tige de l'antenne.
m, l'élytre gauche. ma, la massue de l'antenne. «, l'aile droite.
les Orthoptères et les Névroptères ; puis nous passerons aux suceurs qui se part;!gent les 4 autres ordres.
Les parties qui composent la bouche des broyeurs se trouvent en allant de haut en bas.
La lèvre supérieure ou le labre, lig. 3, c.
Les mandibules, fig. 2, /, fig, 3, a.
Les mâchoires, fig. 2,/, g., fig. 4, 2.
La lèvre inférieure ou simplement la lèvre, fig. 2, a.
Nous traiterons successivement de chacune de ces parties.