NON IGNARA MALI, MISERIS SUCCURRERE DISCO
(Connaissant le malheur, j'ai appris à secourir les malheureux.)
C'est Didon qui prononce ces paroles touchantes, au moment où elle offre une hospitalité empressée à Énée et à ses compagnons d'exil.
Ce vers a été plusieurs fois imité par les poètes français. Voltairtdit dans Zaïre :
Qui ue sait compatir aux maux qu'il a soufferts!
De Belloy, dans le Siège de Calais :
Vous fûtes malheureux, et vous êtes cruel!
Lcmierre, dans la Yeuve du Malabar :
Tu n'as donc, malheureux, jamais versé de larmes !
NON LICET OMNIBUS ADIRE CORINTHUAi.
(Il n'est pas permis à tout le monde d'aller à Corinthe.)
Corintlie était la ville des plaisirs coûteux , et beaucoup devaient y renoncer moins par sagesse que par pauvreté. Aussi disait-on alors :
FLORE [.AÏiNE. 137
.Tout le. monde ne peut aller à Corinthe. Ce proverbe a pris, avec le temps, un sens beaucoup plus général et signifie aujourd'hui (ce qui e.-t presque une vérité de La Police), que les hommes n'ont pas tous i.'i même fortune, le même esprit, le m"^me génie. Ordinairement, c'est sr^r le ton de la plaisanterie que l'on dit : Non lie et...
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NOIV OM?îIS MORIAR.
(Je ne mourrai pas tout entier.)
Jugement d'Horace sur lui-môme ; la postérité l'a ratifié. Corneille s'est souvenu de la belle expression d'Horace quand il a mis les vers suivants dans la bouclie d'Emilie {Cinna, a. I, se. ni) :
Regarde le malheur de Bmte et de Cassie, La splendeur de leur nom en est-elle obscurcie? Sont-ils morts tout entiers avec leurs grands desseins? Ise les compte-t-on plus pour les derniers Romains?
Racine emprunte avec le même bonheur la pensée du poète latin quand il fait dire à Acliille :
Voudrais-je, de la terre inutile fardeau, Trop avare d'un sang re(ni d'une déesse, Attendre chez mon père une ol.'scure vieillesse; Et toujours de la gloire évitant le sentier, Ne laisser aucun nom et mourir tout entier?