‹ Petite flore latineChapitre 95 sur 254 · FUGIT IRREPARABILE TEMPUS · texte numérisé non relu

FUGIT IRREPARABILE TEMPUS

(Le temps s'enfuit, perdu pour toujours.) '

Fin d'un vers de Virgile.

Dans la fable qui a pour titre le Lièvre et la Tortue, La Fontaine a mis en action le vers de Virgile. Le lièvre compte sur sa vitesse, ii s'amuse, mais le temps perdu ne se répare pas... et la tortue arrive au hut avant lui.

La pensée de Virgile se retrouve dans ce vers de Perse :

... Hoc quod loquor inde est, traduit ainsi par Boileau :

Le moment où je parle est déjà loin de moi.

L'imitation de Boileau frappa -vivement , si l'on en croit Brossette, le grand Arnauld, à qui 1 epitre est adressée. Voici ce qu'il raconte : « Boileau, qui se levait ordinairement fort tard, était encore au lit la première fois qu'il récita cette épItre à M. Arnauld, qui était venu le visiter. Quand le poète en fut à ce vers, il le prononça d'un ton léger; tout à coup Arnauld se leva de son siège et se mit à marcher fort \\Xe. par la chambre, répétant à plusieurs reprises : « le moment où je parle est déjà loiyi de moi^ »

« Ménagez le temps, c'est Vétoffe dont la vie est faite, » disait h bonhomme Richard.

On raconte que le chancelier d'Aguesseau, habitué à se rendre dans la salle à manger aussitôt qu'on l'avertissait, et ayant remarqué que sa femme le faisait attendre régulièrement quelques minutes, fit disposer dans un coin, sur un pupitre, de petits carrés de papier qu'il remplissait pendant cet intervalle. Au bout d'un certain temps, les petits carrés de papier formaient un livre.

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