‹ Petite grammaire française très élémentaire à l'usage des jeunes enfants [microforme]Chapitre 1 sur 30 · IV · texte numérisé non relu

IV

Autant que je peux le constater, la langue des canadiens-français ‘n’est constituée que de quatre ou cinq cents mots.

Le point à gagner, c’est que nos habitants épèlent bien, lisent bien, et écrivent passablement ces quatre ou cinq cents mots, en faisant accorder, plus ou moins, les noms, les adjectifs, et les verbes.

Les définitions, les divisions et les subdivisions qu'ont faites les grammairiens français, et, à leur suite, plusieurs des grammairiens canadiens-français, n’ont pas leur raison d’être.

Tout cela est inutile au Canada pour nos écoles élémentaires, et ne peut qu’embrouiller l'esprit des enfants.

Dans la plupart de nos grammaires, on donne comme règles et exemples, des règles et des exemples qui peuvent être appris d’abord par l'oreille, et, plus tard, dans des ouvrages spéciaux qui traitent du style.

I] y a deux choses à considérer dans l’enseignement : premièrement, le progrès de l'élève, deuxièmement, la santé du maître et la fatigue journalière à laquelle il est assujetti. C’est parce que le maître ou la maîtresse sont épuisés par le travail ardu qu’exige la direction d’une école, qu'ils font apprendre par cœur aux enfants tant de choses iuutiles.

Il faut une heure ou deux pour que trente à

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quarante enfants débitent, sans les comprendre, et comme des perroquets, les mots qu’ils ont confiés à leur mémoire ; alors, la classe est finie,

le maître est soulagé, et les enfants encore plus.

Mais il y a un moyen de remédier à ces inconvénients: c’est de faire faire la classe de chaque division par les enfants eux-mêmes ; et, pour cela, il suffit de captiver leur attention en les faisant interroger, critiquer, les uns par les autres, à haute voix, passant de l’un à l’autre jusqu’à ce qu’on ait obtenu la solution de la règle ou du problême demandé. Pour cela, les

enfants doivent toujours avoir l’ardoise en mains,

Lorsque l'enfant aura étudié les éléments de sa lavgue dans cet Opuscule, s’il continue à fréquenter l’école, on devra mettre entre ses mains une grammaire plus complète,

Que cette grammaire soit, autant que possible, l’œuvre d’un auteur canadien-français.

Les grammaires publiées en ce pays valent

autant, si non mieux, que celles publiées en France.

L'expérience démontre que les enfants qui fréquentent les écoles canadiennes-françaises, n’y séjournent guère que pendant deux ou trois ans au plus; or, sur les trois cent soixante-cinq jours qui composent l’année, il faut retrancher

cinquante-deux dimanches, plus les fêtes d’obligation, plus les jours de congé et de vacances, plus les jours de mauvais temps et les jours de maladie; ce qui réduit considérablement le nombre des jours d’école ; de sorte que pour ces enfants, il faut de petits livres et des livres à leur portée.

Pour résumer ma pensée en deux mots, cette petite grammaire n’est qu’une introduction à l'étude de la grammaire.

Dans tous les cas, pour les enfants de nos cultivateurs canadiens, mieux vaut un petit bagage que pas de bagage du tout. Comme complément à l'étude de la grammaire française, il faut habituer les enfants, dès leur jeune âge, à feuilleter un petit dictionnaire.

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