‹ Petite grammaire lexicologique du premier eChapitre 62 sur 96 · DV NOMBRE · texte numérisé non relu

DV NOMBRE

Aïeul, ciel, œila

256. Les noms dieiil, ciel, œil, ont (feux formes différentes au pluriel : a'ieiix, deux, yeux; a'ieiils, ciets, œils.

257. Aïeux s'emploie dans le sens d'ancêtres ; Ce prince compte vinrjt rois parmi ses aïeux.

AÏEULS (lési'j;ne le p;ranJ-pùre paternel et le grand-père maternel : Mes deux aïeils sont encore vivants.

258. CiEux e>t le [duriel le pins ordinaire de ciel. On ne se sert de dels que dans les cas suivants : Des ciels de lit, des ciels de tableaux, des CIELS de carrière-

259. (En, l'ait VEUX : J'ai mal aux yeux. On dit aussi les yeux de la soupe, du pain, du fromage.

ŒiLs ne se dit :.iuère que pour désigner ces pelites lucarnes rondes appelées WLs-de-bœuf

Pluriel des noms propres.

2S0. Les noms propres sont quelquefois employés au pluriel, mais ils n'en prennent pas la marque. Ex. :

Les deux r.ouNEiLi.R sont nés à lloucn. Les Fénelo.v, les Racine, les BossuET, vivaient sous Louis XIV.

Mais ils varient s'ils sont einpl'jés comme noms communs, c'est-à-dire pour désiijner des individus toiiihlables à ceux dont on cite le nom:

Les Féneloxs, les Racines, les Hossvets sont rares.

C'est-à-dire :

Les écrivains comme Fénelon, les poètes comme Racine, les orateurs conmie Uossuct.

261. les mots invariables de leur nature, employés substantivement, ne piennunt pas la maripic du pluriel : Les oui ne soni pas tOUf jours sincères. Cet élève fait mal ses huit.

Noms tirés des langues étrangères.

262. Les noms lires des langues étrangères prenr.cnt en général la marque du pliuieL Tels sont :

Des accessits. Des biftecks. Des duo.s.

Des ag' ndas. Des bravos. Des duplicatas.

Des albums. Des déficits. Des errtlas.

Des alibis. Des dioramas. Des exeats.

Des alinéas. Des dominos. Des factotums.

Des factums. Des opéras. Des reliquats.

Des folios. Des punor;imas. Des solos.

Des imbroglios. Des pensuras. Des so()raiios.

Des iiiipri'niplus. Des (pianos. Des spécimens.

Des Ijzzis. Des placets. Des toasts.

Des njcinenlos. lJ*''-s quatuors. Des trios.

Des muséums. Des ipiiiMoquos. Des uliimatumi.

Des numéros. Des récépissés. Des vivais.

Mais on écrit sans s au pluriel ;

1' Ceux qui sont formés de plusieurs mots, liés ou non par un traitd'union : Des aiito-dafé, des ecce-lioino, des et-vuto drs fac-similé, des in-octavo, dts in-fulio, des in-pace, des m quarto des post-scriptum, des te-Deuiit, iic.

2° Les mots ("trangers qui indiquent une prière ou un chant de l*É;;lise; Des alléluia, des amen, des ave, des benedicite, des conpteor, des credo, des kyrie, desmagnificat, des paler, des requiem, aes stabat.

Tous les mots en italique sont au singulier dans le Hure de l'élève.

La gloire des aieux ne remi)lace pas la nohlesse du cœur. Mes deui aïeuls ont vécu qualre-virij;ts ans Les deux anminceiit la gloire de Dieu. Les ciels de ces Idileaux sont lro|i cliar^és. Les mai.sons modernes ont rarement des rt?«7s -de-bœuf. Une soupe trop maigre n'a point à'ijeux. Les deux liaciuc n'étaient pas égaux en talenis. L'Iiistoiie conipie plus de Tibères que de Trajans. Les Sacrale, les Seivlon, étaient des hommes pridondémcnl f eli;.;iL-ux. Au iinips de la Liu'ue, éclata la guerre des iiois Henri. -Si l'aniquiié a eu ses Alexandre et ses César, la France a eu .-es Cliarleviagne et ses Napoléon Trois littit de su le lent huit cent qualre-viM^t-liuit. il y a lie i'alms à mu liplicr les alinéas Ily a des requiem, dis stabat et des te Deum céléhres. Cerl lins élèves sont stimulés par des pensums, d'autres par des exeali^ Plusieurs peu foni un beaucoup Sur la , -cène, Ailequiu a le privilège des lazzis. Ces opéras ont obienu les bravos du parterre. Les enlaata étourdissent souvent a\ec leurs pourquoi.

Des noms coiriposég»

263. On appelle Noms composés des substantifs qui résukent de la réunion de plusieurs mois, comme lêle-à-têle, j)asse-p(rri, ptrceneige.

264. Les parties qui peuvent entrer dans un mot composé sont le nom, Vadjectif. le rerhe, la préposition et \'adverbe.

Le nom el \'adjf'Clif sonl seuls suseejilibies île prendre la mTque du pluriel; la préposition et W.dverbe reslcsit tou.juuis invariables, et le verbe se met à l.i troisi me personne du singulier.

Voici les quatre cas principaux :

265. Premier cas. Si un nom composé est formé de deux substantifs, ou d'un subsianiif et d'un adjeclif, ces deux mots prennent la marque du pluriel. Ex ;

Uu cliou- fleur, des choux fleurs.

Vu clief-lteu, des chefs lirux.

Un coffre fort, des coffres- fort s.

Un cfiat-htiant, des chats-hmnts.

266. Deuxième cas. Si les deux noms sont unis par une préposition, le premier seul se met au pluriel. Ex. :

Un chef-d'œuvre, des chefs-d'œuvre.

Un pot-au-feu, des pots-au-feu.

Un arc-enciel, des arcs-en-ciel. '

267. Troisième cas. Quand un nom composé est formé d'un substantif et d'un mot invariable {verbe, préposUion, adverbe), le substantif peut seul prendre la marque du pluriel. Ex. :

Un avant- coureur, des avant-coureurs.

Un arrière-neveu, des arrière-neveux.

268. QuATiuÈME CAS. Enfin, si le substantif composé ne renferme que des mots invariables, aucun d'eux ne prend le pluriel. Ex. : Dei passe-partoul.

Tous les noms composés sont au singulier dans le livre de l'élève.

La Religion et la Justice sont les deux arcs-boutants de la société. On appelle ponts-neufs A&s pointes rimées. Quand ils sont irrités, les boulesdogues et les chiens-loups sont terribles. Les choux-navets ei les choux-fleurs sont de la famille des crucifères. Un esprit faible a peur des loups-garous et des Jeux- follets. Les chats-huants et les chauvessouris sont des auimaux liidcux. Les chefs-lieux d'arrondissement sont administres par des sous-préfets. Les arcs-en-ciel sont produits par la réfraction des rayons solaires. Nos ménagères font d'excellents po/s-awfeu. Les vers-à-soie nous viennent de la Cbine. Les oiseaux-mouches sont les chefs-d'œuvre de la nature. Je me soucie peu des ouï-dire et des gM'e«-d//-a-<-yn. L'argent et la bonne minesontd'excellenlspasse-pffr/OT(^

269. Remarque. 11 y a beaucoup d'exceptions à ces règles, et il est essentiel, surtout pour le troisième cas, de consulter le sens du substantif composé, d'en faire l'analyse. C'est le seul moyen de se convaincre s'il y a unité ou pluralité dans l'idée, et de voir, par conséquent, s'il faut faire usage du singulier ou du pluriel.

Nous allons donner deux séries d'exemples à l'appui de ce principe de décomposition.

270. Pbemiî-re série. 11 faut écrire au singulier comme au pluriel : Un ou des pied-à-terre (lieux oiî l'on met le pied à terre).

Un ou des coç-à-ZtfBe (discours sans suite où l'on saule du coq à Vânc).

Un ou des serre-tête (pour serrer la tête).

Un ou des contre-poison (remèdes contre le poison).

Un ou des réveille-matin (horloges qui réveillent le matin).

Un ou des essuie-mains [hn^es pour essuyer les jnains).

Un ou des couvre-pieds (pour couvrir \es pieds).

Un ou des cure-dents (pour curer les dent.^).

Un ou des bec-figues (oiseaux dont le bec pique les figues).

271 . Deuxième série. On écrit au singulier . Un hôlel-Dieu (un hôtel de Dieu).

Un appui-main (un appui pour la 7)tain). Un avant-coureur (un coureur en avant).

Un contre-amiral (un amiral au-dessous de l'amiral en chef).

On éc[il au pluriel :

Des hôtels-Dieu (des hôtels de Dieu).

Des appuis-main (des appuis pour la main). Des avant -coureurs (des coureurs en avant). Des contre-amiraux [des amiraux au-dessous de l'amiral en chef).

Tous les noms composés sont au singulier dans le livre de l'élève.

Les deux Fêles-Dieu sesont célûbr^esavec grande pompe. Les aprèsmidi nous paraissent plus longues que les matinées. Les ponts de bateaux n'ont point de garde- fous. Les tremblements de terre sont les avant-coureurs des éruptions volcaniques. Les gardes-champêlres n'ont point accepté àe pour boire. Les gens qui travaillent au rabais sont des gâte-métier. Nos élèves ont exposé plusieurs trompe-l'œil d'un effet charmant. Les rois délivraient autrefois des blanc-seings. L'usage des lampes et des boujies a supiirimc bien des porte-mouchettes. Les perce-neige sont des fleurs dont la lige perce la neige. C'est à la religion que l'on doit la création des hûlels-Dieu et des Quinze-Vingts. Après une ablution, on se sert A'essme-mains. Les soucis sont de tristes réveille-matin. Les appuis-main sont nécessaires aux peintres même les plus exercés. Que de coq-à-l'àne\es sots débitent AaasXeViïs tête-à-tête!

Du nombre desf noms précédés d'une prépositioni

272. Il est souvent difticile de savoir à quel nombre on doit employer un nom précédé d'une des prépositions«à, de, en.^

Si le substantif ne représente qu'un objet, iry a unité dans l'idée, il faut employer le singulier.

S'il y a pluralité, c'est-à-dire si le substantif éveille à l'esprit l'idée de plusieurs objets, on se sert du pluriel.

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