‹ Petite grammaire lexicologique du premier eChapitre 72 sur 96 · PARTICIPE EMPLOYÉ SANS AUXILIAIRE · texte numérisé non relu

PARTICIPE EMPLOYÉ SANS AUXILIAIRE

338. Si le participe passé est employé sans auxiliaire, il s'accorde en p;enre et en nombre avec le nom ou le pronom auquel il se rapporte : Des moissons dorées, iine t'er/w éprouvée.

Tous les participes sont an masculin singulier au livre de l'élève.

I" PARTIE. Les eanx croupies sont malsaines. Éveillée des l'aurore, l'alouelle chante le lever du soleil. Paul et Virginie étaient comme deux branches grel]ées sur le mùme tronc. Les belles actions cachées sont les plus eslimables. Les ailes déployées du condor ont jusqu'à dix mètres d'envergure. Le vrai, l'utile et l'agréable réunis ne se discernent plus du beau : c'est le beau lui-même. Des bi nfaits reprochés sont des Ijienfaits perdus. Termosiris racontait si bien les choses passées, qu'on croyait les voir. Un mensonge couvert par un aulre mensonge, c'est une tache remplacée par un Irou. Unis par une même chaîne, les peines et les plaisirs sont inséparables. Voilà des leçons de grammaire bien sues, lien répétées, mais bien \>e\i comprises . Brebis comptée, le loup la mange. Brebis comptées, le loup les mange. On ne regrette jamais les moments consacrés à l'étude. Cent années passées dans l'oisiveté ne valent pas une heure bien employée.

IV PARTIE. Les lleurs, les fruils, les grains perfectionnés, multipliés à l'infini ; les espèces utiles d'animaux transportées, propagées, augmentées sans nombre ; les espèces nuisibles réduites, confinées, reléguées ; l'or, et le fer moins estimé, moins recherché, mais plus nécessaire que l'or, tirés des entrailles de la terre; les torrents contenus, les fleuves dirigés, resserrés; la mer même soumise, reconnue, traversée A^wn hémisphère à l'autre; la terre partoLt rendue aussi vivante que féconde ; les collines chargées de vignes et de fruits ; les déserts devenus des cités habitées par un peuple immense ; des routes ouvertes ou fréquentées , des communications établies partout : telles sont les preuves irrécusables de la gloire et de la puissance de l'homme.

11° Cas général.

PARTICIPE CONJUGUÉ AVEC élve.

339. Si le participe passé est accompagné de l'auxiliaire être, il s'accorde avec le sujet du verbe. Ex. :

1m couleur de pourpre a été découverte par un chien de berger.

Considérez avec quel art som composées les quatre ailes du papillon.

découverte s'accorde avec couleur, sujet du verbe ; composées s'accorde avec ailes.

Tous les participes sont au masculin singulier dans le livre de l'élève.

1" PARTIE. Pour les cœurs corrompus l'amitié n'est point faite. Le corps né de la poudre à la poudre est rendu. Les cerises furent apportées d'Asie à Rome par Lucuilus. Les jours donnés à Lieu ne sont jamais perdus. Tous les genres de beautés ont été réunis dans 1 homme.

REMARQUES TARTICULIÉRKS. 121

Les bonnes nouvelles sont toujours bien accueillies. Les médecins vendent l'espérance; voilà pourquoi ils sont toujours si bien achalandés. Depuis l'invention de la poudre, les batailles sont devenues moins sanglantes. Les dindes ont été apportées d'Amérique en Europe par des mis- !-ionnaires. Comment l'aurais-je fait, si je n'étais pas né? dit l'agneau. Comment l'aurais-je fait, si je n'étais pas née? répondit l'innocente iréature. L'homme a été formé àw limon de la terre, et la femme a été formée de rhonmie; l'un et l'autre ont été formés à l'image de Dieu. Chacun ton métier, les vaches seront bien gardées.

Il* PARTIE. A chaque condition sont joints des dégoûts; à chaque état sont attachées des amertumes. Les Ecossais sont attachés à leur pays; ils aiment leurs montagnes avec leurs sommets couverts de neige. L'envie rend hideuses les personnes qui en sont atteintes. 11 y a des hommes sur le visage desquels la méchanceté et la friponnerie sont écrites en gros caractères. La noblesse, donnée aux pères parce qu'ils étaient vertueux, a été laissée aux enfants pour qu'ils le devinssent. On ne peut rien avoir d'un avare et d'une tirelire que lorsqu'ils sont détruits. La terre des montagnes est soutenue par les rochers, comme les chairs sont soutenues par les os du corps humain. Le papier, les vitres et les cheminées n'étaient pas connus des Romains. Les corps des anciens étaient brûlés dans des toiles d'amiante. Quand l'halante vit l'urne où étaient renfermées les cendres de son frère, il versa un torrent de larmes. Que sont devenus ceux par qui ont été construites les pyramides?

II!" Cas général.

PARTICIPE CONJCGUÉ AVEC aVOÏT.

340. Si le participe pissé est accompagné de l'auxiliaire avoir, ii s'accorde avec son complément direct quand ce complément le précède. 11 reste donc invariable :

1° Si le complément direct le suit ,

2° S'il n'a pas de complément de celte nature. Ex. :

— Les élèves ont récité.

Récité esi invariable, parce qu'il n'a pas de complément direct.

— Les élèves ont récité leur leços.

Récité est hivarialjle, parce que son complénient direct leçon le suit,

— La leçon qce les élèves ont utciiÉE.

Récitée, s'accorde avec son complément direct que [laquelle leçon), qui le précède.

341. Les verbes intransitifs n'ayant jamais de complément direct, .'« participe passé de ces verbes est toujours invariable : Les fi/)frûnes vertueux ont gémi.

342. Remarque. Dans ces phrases : Les heures qu'ils ont dorki.,.; les vingt années qu'il a régné...; les années qu'il a vécu à la campagne... ; les huit siècles que cette dynastie a duré...; les longs mois que j'ai laxgci, gémi, plecbé, souffert, etc., les participes dormi, régné, vécu, etc., restent invariables, bien qu'ils aient une forme transitive. Les verbes dont ils proviennent sont intransitifs de leur nature ; devant chaque complément, la préposition pendant est sous-entendue, et ces phrases équivalent à celles-ci : Les licures pendant lesquelles ils ont dormi... ; les vingt ans pendant lesquels ii a régné, etc.

Tous les participes sont au masculin singulier dans le livre de l'élève.

I" PARTIE. Charicmapne est le premier de nos rois qui ait fondé des écoles. Cliarlemiigne visilaii souveiU les écoles qu'il avait fondées. La foudre 3 écrasé <\(iu\ niii>ons. La Ibu-lre est tombée sur deux maisons <|u'elle n écrasées. Alexiindre a gagné loulcs les batailles qu'il a livrées. La niilure a toujours rérélé quelques-uns de ,-es secrets à ceux qui l'ont interrogée. Que de riclu'sses la mer a englouties dans son sein I que de malheurs elle a causes! que d'cspéiances elle a anc'antiesl Les Sybarites avaient banni les co|s de l'enueuite de leur ville. Le choléra a r«j'(7ge' toutes les conlrée.s qu'il a visitées. La l'orce n'a jamais persuadé personne. J'ai traversé le champ et la vigne du paresseux, et je les ai trouvés couverts d'oitics. Toute révélatimi d'un secret est la faute de celui qui l'a conjlé Lrs loses i|ue l'on a cueillies le malin sont fanées le soir. Ce n'est point le hasard qui nous a créé.'i De tout temps les pi tits ont pâti des sottises des grands. C'est des ver es lorcls de la Pologne fl de la Moscovie que nnus avons tiré le.s alicillis. La vertu a toujours /ûiV le bonheur de ceux f\\\\Vo\\\. prali'iuée. Toutes h's n, nions ont conçu l'idée de Dieu. I>cs plus riches n'ont jamais emporté que quatre planches et un linceul.

Il" PAKTIE. La pares<:e va si lentement quela pauvreté l'a bienfôt atteinte. Les maisons qu'on a bâties en hiver ne .'^oiit p is aussi saines que «elles qu'on a commencées au printenq)s .-t finies au milieu de lété. Les loiian'jcs qu'a dictées le cœur sont ordinairciueul des l()uau;;es méritées. Heureux celui qui vil commi; ont vécu ses pères! Heureux celui qui vit (onmie ses pères ont vécu! Des asii'onomes et <hs philosop'nes ont soutenu que toutes les planètes connues ei non connues sont autant de mondes habiles. Les beaux vers que nous ^i légués Racine, et 1.1 prose lurmonieuse que nous a laissée Fénelou, ont or îî^ notre esprit et enrichi n^lre mémoire. Une Lacédémooienne se glorifiait des blessures qu'avait reçues son lils en combattant. Ceux qui orA enrichi leur pntiie d'une seule phmie alimentaire lui ont rendu plus de services que ceux qui lui ont m/m dix victoire-. Chez les Égyptiens, un lils était oblige de coniinuer la profession qu'iv.iil exercée son père. Les années qu'il faut regretter le plus sont i elles que l'on a vécu sans pouvoir s'instruire. L'empereur Antonin est un des plus glands prim es qui aient régné. Les idées qui ont vieilli avec nous s'effacent difUcilement.

Cas particuliers»

PARTICIPE DES VEP.CES rR0.N03II.NAUX.

343. Dans les temps composés des veibes pronominaux, l'auxiliaire être est mis pour l'auxiliaire avoir.

Je me suis consolé, mis pour J'ai consolé moi.

Tu t'Es bien conduit, — Tu as bien conduit toi.

Paul s'est réjoui, — Paul a réjOui lui.

344. Le pflrticipe passé d'un verbe pfonumina) est donc sonmis au troisième cas général : il s'accorde avec son complément direct, si ce complément le pré>cède Ex. ;

Paul et Julien se sont échit (ont écrit à ettx).

Paul et Julien se sont Écnir des lettres.

Les lettres que Paul et Julien se sont écrites.

Dans le premier exemple, le participe passé n'a pas de complément <iirect.

Dans le second, le complément direct lettres suit le participe.

Dans le lroi>ii"me, écrites s'accorde avec le complément direct que, représentant lettres.

Tous les participes sent au masailin singulier dans le livre de

Vélève.

Paul et Julien se sont coupés. Paul et Julien se sont coupé le doi^t. Tome et Caillia^e se sont fait une guerre iinplacal>li;. La guerre que Rome et Cai lliage se sont faite était un" guerre implacable. Les volcans sont des soupiraux (|ue le Icu souterrain s'est ouverts. Les Phéniciens se sûiil les pi eniiers confiés à la mer. Les jeunes gens qui se soiU livrés au travail avec ardeur se s'mX préparé d"lieureux jours. Que d'hommes se sont craints, déplu, liais, délestés, menti, trompés, nui! Deux feuiniis |icuvcnl être réconciliées Uni (]u'e\\cs ne se ^oMt point appelées laiilis. Dis ennemis qui se sont vaincus tour à tour se sont toujours craints et respectés Les sages de tout temps se sont .s-ervis des fous. La nieilUniro réputation est celle qu'on s'est acquise soimême. Comliion de gouvernements se sont succédé en France depuis soixante ans I Gcaucoup qui s'étaient endormis riches se sont réveillés pauvres C'est par la navigation que ies Anglais se ,'ont enricliis et se sonirendus maîtres du commerce dos Indes. Bien des choses ne sont impossibles que parce (|u'on s'e>t accoutumé à les regarder comme telles. Damon et Pjthias s'étaient juré une amitié qu'ils se sont fidèlement gardée. Paul et Julien, ces deux amis qiâ se sont trouvés tant de iois dans vos devoirs, ne se sont point oubliés pendant les vacances; ils se sont écrit plusieurs lettres et se sont exactement répondu.

PARTICIPE SUIVI h vu I.NFIMTIF.

345. Tout participe passé suivi d'un inrmitif a pour complément direct cet infinitif, ou le pronom qui précède.

— lia pour cumplément le pronom qui précède, si ce pronom fait l'action marquée p ir l'iiiliniliL Ex. :

La fauvette que fai entendde chanter.

Que, mis pour fauvette, faisant l'action de chanter, est complément direct de entendue, et commande la variabilité.

— Le participe a pour complément l'inlinitif, si le pronom ne fait pas l'action exprimée par cet infiiiitit'. Ex. :

La romance que j'ai entendu chanter.

Que, mis pour romance, ne faisant pas l'action de chanter, le participe entendu a pour complément direct l'inlinitif, et, par conséquent, reste invariable.

Nota. On reconnaît mécaniquement que le participe suivi d'un inûnitif est variable, quand on peut tourner l'infinitif par le participe présent :

Ixs loups que nous avons entendds hurler. On peut dire :

Les loups que nous avons entendus hurlant. Le participe est variable.

Les élèves que nous avons entendu gronder par leur maître. On ne peut pas dire :

Les élèves que nous avons entendu grondant. Le participe est invariable.

Dirons, pour nous résumer, que le participe «uivi d'un infinitif s'accorde toujours avec le mot qui fait l'action marquée par l'infinitif, si ce mot le précède.

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