CHEZ L. HACHETTE
UBIAIRK SK l'uHIYIBSITB SOTAU DS PIANGB
Rue Pferre-Sarrazin, 19.
ImitfinMrio d'Amédto Gkatiot et C«, me de la Monnaie, il.
PETITE fflSTOIRE
D'ECOSSE F^rpTRf,ANnF..
«V»/V>MWI>VVW'
Les anciens nommaient la Grande-Bretagne Britannie et IMriande Hibemie : Alb-Inn (ou Albion)^ Er-Inn (ou Erin) , en étaient les noms indigènes. Gomme la Gaule , ces deux îles eurent pour premiers habitants des Celtes, soit Gael$,^o\iKimris,ti des^e^ye^.LesGaels, venus d'abord, s'enfuirent au Nord et à l'Ouest devant les Kimris , que refoulèrent à leur tour les Belges partis du Rhin au second siècle, sous Buhle-Puissanty dont ensuite on fît, dit-on, un Dieu. £n Britannie, ceux-ci prirent tout le Sud ; en Mibemie, ils eurent r£st et furent fameux sous le nom de Fir^Bolg. L'Hibemie reçut de- plus des Scots^ qu'on croit avoir été des Ibères venant d'Espagne, et réunit alors les quatre races de la Gaule. Chaque race comprenait nombre de petites peuplades régies par un chef, et dites ClaM chez les Gaels. Les chefs de clans étaient héréditaires et inspiraient un respect, un dévouement sans bornes. Les membres de clans étaient censés parents et étaient entre eux à la vie, à la mort. Mais de clan à clan, de peuple à peuple, régnait la guerre. Point de grand £tat, point d'union. Cependant le roi Suession Divitiac réunit a ses domaines de Gaule toute la presqu'île
Sue bornent au Nord la Tamise et la Sàbrina; et 1 on a it que les peuplades du Sud et du centre formaient une
çoofM^ratiiHi dput te chef s'appekit/'en(eym: oa«r '
4 PRTTTE HISTOIRE
des listes de ces Penteyms qui remontent à pYusieurs siècles avant notre ère. 11 n'y avait d'agriculture et de villes qu'au Sud et un peu avant dans l«s iw*res: l'habitant du Sud portait la braie, celui du centre de* simples peaux de mouton, celui du Nord était nu et se tatouait. Le sabre, l'épieu, l'arc étaient leurs armes : ils maniaient habilement le chariot de guerre. Le commerce était à peu près nul, bien que les Marseillais et les Carthaginois y vinssent cher- « cher l'étain que produisaient les mines bretonnes et dont* l'entrepôt était aux îles Cassitérides (Sorlingues). Le culte était farouche, les sortilèges y jouaient un grand rôle, on immolait les prisonniers de guerre au Dieu Ifu ; les prêtres, dits Druides, jouissaient du plus haut crédit.
Questions. Quel* furent les premiers habitants de la Grande-Bretagne ^t de l'Irlande? — D'où ven»ient-ils ? — Étaient-ils civilisés? — Qu'était- ce qu'un clan ? — Y avait-il de grands Etats en Britannie ? — y f»i6ait-on du comonerce ? -— Quelles étaient les mffîursi des habitants ? — Quel culte professaient les anciens Bietons?
Conquête romaine , 42 ans ( de 43 à 85 ).
L'Hibernie ne Cut jamais aux Romains; mais ils eurent près des trois quarts de la Britannie. La conquête commença soMS Claude, en 43. Déjà en 53 et 54 avant J.-G. César l'avait tentée, mais avec un peu de per(« la première année et sans succès la seconde» bien qu'il eût passé la Tamise et battu Cassivellawn. — En 43 venait de mourir Ci^noveUn, roi de presque tout le sud de la Bretagne. Sies ^Is , Togoâumne et Caradawg (ou Caractacus) , avaient partagé l'héritage. Guidé par le banni Féric, le général romain Plauiius défit Togodumne près de la Sahrina, puis marcha contre Caradawg, et, bien que vaincu à son tour, tint jusqu'à ce que Claude en personne vint battre Caradawg au-delà de la Tamise et s'emparer de Cnmulo^ éun (Maldon) sa capitale. Le royaume deCyoovelin forma dès lors ia province romaine de Britaamie. -r Scapula l'agrandit en y joignant partie des Icénes vaincus, et l'affermit en faisant Camulodun colonie romaine; puis il écrasa la ligue de V Ouest formée par Caradawg et où brillaient '-^s Siturs, les Ordomks, les Cangs, et réussit à se faire
"er par Cariismaudua, reine des Brigantes, Caradawg
D'ANGLBTËRRE, D'£G0»6B, ETC. 5
fughif. Ce^yendant les Sîtar^ s'opiMàtrèt-euf à ki guf^re, dt il mourut sans en voir la fin. •»— Didiu», son successeur, ne put même maintenir Gartismandua : on la chassa. Bien* t<^t les exactions du fisc, les outrages exercés sur la reine Boqdicée et ses deux filles^ et surtout la prise de Mona, Pile sainte, siège principal des Druides, soulevèrent l'Est ( Icènesj Trinobantes, etc.). Le conquérant de Mona, Sué^ ione Paulin, revint en toute bâte : il trouva Gamulodim en cendres, les Romains en retraite; il laissa bràlèr encore Londres, Ferulam, mais une tmtaillie rangée lui suffit pour abattre la rébellion: 80,000 Bretons périrent , Boadicée s'empoisonna. — Plus tard, Cérialis porta des coufis mortels aux Brigantes (en Ti); Frontin réduisit l^es Silurs (7<&}. — Enfin vint Àgricolà (76). Battre les Ordoviks, reprendre Mona perdue, tout domptei' jusqu'à ViHÂme ée la Tynne, occuper la côte ouest jusqu'à la Glota, furent pour ce grand homme l'œuvre de six ans (78-83). En même temps il faisait aimer le joug romain, assouplissait le rude esprit des Bretons, ouvrait des routes, bâtissait des temples, des bains, introduisait la civiitsatfon sUr cette terre sauvage, et consolidait par l'adresse l'ouvra^ de la force. Restaient les Gaeh du Nord ou Calédoniens. Agricola bat leur ligue au pi«d des monts Grampians (84); tout cède jusqu'à la i9o(lotna, sa flotte achève te tour de la Britannie et s'assure que c'est une île. Bietitôt il va la soumettre tout entière, il va y joindre l'Hibernie,
3u'une légion, dit-il, suffit pour réduire, quand la jalousie e Vomitien le rappelle à Rome (86).
QUKSTiovs. Quand commença la conquête romaine? — Que fit Claude en Britannie? — Comment se montrèrent Carada^P!» Gartismandua, Roadicée? — Combien de temps Agricola passa-t-îi comme gonverneur en Britannie?— Jnsqn'où aila-t-il? — Neftit^tt qtte grand guerrier?— L'Hibernie f attelle soumise à Rome?
(8^-411), et AU ans d'indépendance.
Dès lors la conquête s'arrête ; Adrien reculé jusqu'^ fa Tyniie, et, pour protéger la province, élève un mur d'r'**^ mer à l'autre (i2i); sous Antonin^ les Gaels le passe
foot révolter les Brigantess. Bien que le général LoUim UrMcus rejette les Gaels chez eux en Calédonie, et com^ menée un second mur au nord du premier, les clans ne cessent d'assaillir la frontière; en 193 les Romains achètent la paix à prix d'or, mais ils n'en jouissent que quinze ans, et yiriuB Lupus se voit trop faible pour les repousser. L'empereur Sévère accourt à cette nouvelle, et résolu d'en finir avec les Bretons, il verse des flots de sang gaélique, pénètre au fond du pays qu'il ravage, et unit la Bodotria.et la Glota par le mur ds Sévère (208-2 lo). Mais il a perdu 50,000 hommes, et à sa mort (2 i i) les vaincus relèvent la tète. Deux siècles se passent en euerres monotones et stériles (211-410), pendant lesquelles le Scot Caibra-le- Rouge, de la dynastie des Fergussiens, détrône en Irlande la dynastie de Trenmore (260), pendant lesquelles chante le Gael Ossian , des TVenmore de Morven , en Albion (27Q). Le Gaulois Carause usurpe en 286, et tient cinq ans la Britannie romaine séparée de Rome; Allecie le tue (294) et prend sa place. Constance Chlore bat ce traître (294) et rétablit l'unité, ii'&orac (York), où il meurt (ao6), est le point de départ de Constantin pour la conquête de l'empire. Mais la Britannie, vide de légions, est en proie aux Calédoniens, alors dits Pietés (de pictioch, voleur), et aux Scots qui, nouveaux venus d'Irlande , tantôt les pillent, tantôt les aident à piller. £n 364, ils courent jusqu'à Londres. Le général Théodose les chasse encoïc, recouvre tout le terrain perdu et nomme Falentie la région entre les deux murs. Mais c'est le dernier effort. Lors de la grande invasion des Barbares en Gaule (407), le soldat Constantin prend la pourpre en Britannie et passé la mer avec son armée pour succomber en 4 1 1 . L'empereur légitime, Honorius, malgré sa victoire, renonce à la Britannie. Non seulement Scots, Pietés , ptra(e« saxons, dévastent alors les terres bretonnes, les Loègres et Comhriens (c'était alors le nom des Belges et des Kimris) se livrent aux giierres civiles. Las de leur liberté , ils mendient les secours de Rome , ' Rome ne leur accorde que quelques cohortes et des conseils. Dociles d'abord, ils -«.lèvent le mur d'Adrien, ils jurent d'être unis et d'obéir is à leur penleyrn. Mais^les rivalités rçuaissent, renucmi
D'ANGLETERRE, D'ÉGOSSE, ETC. 7
conunun franchit la })arrière et ruine tout, la famine vient ensuite. Le général romain en Gaule, Aéiim, est sourd aux plaintes que lui adresse la Britannie (447). Alors le penteym fFortigem a l'imprudence d'appeler contre les guerriers du Nora les pirates de l'Ouest, Jutes et Saxon $ (453). Ici commence une ère nouvelle.
N. B. Pendant la période romaine, la partie de l'ile soumise à Rome forma d'abord une seule province, puis deux, puis trois, puis quatre, puis cinq.En voici lesnoms: Britame l'% ^n7annte2«, Grande Césarienne^ Flavie Césarienne^ Falentie.
Questions. Qae fit Sévère en Britanme?— Qu'est-ce que le mur de Sévère et le mur d'Adrien? ~ 'Quand vivait Ossian? — Queb usurpateurs prirent la pourpre en Britannie ? — > D'où vinrent les Scots ? — Qu'était-ce que les Pietés? —Quand les Romains qui itèrent- ils rile ? — Les Bretons se réjouirent-ils de redevenir libres?
Invasion anglo-saxonne | formation de rHéptarehîe en 151 ans ('&3-584), aa moins 24 loyaomes tant luetons <|u'étrangers.
Les Saxons habitaient le Holstein actuel, les Jutes le Jutland. A la voix de Wortigern, deux frères issus d'Odin, Hengist et Horsa, amèneut i ,500 hommes, défont les Pietés à Strandford et reçoivent en récompense Vile de ThaneU Le penteyrn épouse la fille d'Hengist (553); mais dès 455 ils se brouillent. Hençist s'allie aux Pietés, des Jutes et d'autres Saxons grossissent ses forces. Vaincus à Creanford^ les Bretons chassent Wortigem et le remplacent par .Fortimer, son fils, qui gagne la bataille d'^2(/e«/brd. Mais il meurt ; son père, de nouveau penteyrn, de nouveau battu, fuit au bout de l'ile, et Hengist dans Canterbury se proclame roi de £ent En vain le penteyrn Emrys ou Ambroise l'illustre attaque l'étranger. Il est battu à Wippidfleet.
D'autres bandes affluent, et leurs chefs aussi se font rois. Vainqueur d'Emrys, Ella fonde le royaiume de Susseœ, capitale Chichesier (A77'A9i)y et aura pour successeur Clissay dont le règne n'embrasse pas moins de soixanteseize ans. Vainqueur du brave Nazaleod, Cerdic
8 MtiTte filsiorRÊ
J'onde Je )roi^aùme de T^essex , capilafë fTihchesiér
vrâU qu'un douzièiiiJeae la BriUbiiie romaine (sept conrités <te TAngleterre moderne), bais Pile entière subit leurs ratà^S) vers srè ils occtijîaibiil ZfHcrtîn el York.
Tottt h b'oujl tHi homme tes ianêle : élu peûleyrtl â la lllWji A'ifffiér^ Artur, prince de Damnah (Coriiouéines) ël aê 6*(tem'ort, aidé tfè ffoel tfe Bretagiiè son neveti, défait Saxons, Scots, Pietés, aujt bords du Doafftaè , s'a p prête à prendre Vork. lorsque l'arrivée d'un puissant 'J-ènfort sàioïl le jfoV'cé à rétrogâder, revifeûl bietttdt , coraibèoce par vaincre les Saxons de l'Ouest devant Badon ou Bùih dans une bataille de deux jours, débloque Hoel assiégé par Tes Pfctes daâs Dun-Btitton, l6ur impose un chef , de son..i$boix et entre en triomphe à Lincoln, d'oii il i^ùri rôu^^^ %1îsés chiéti'enrtes h yorfc et s'urtfr à
la belle Gmnntimàra '( bû GéniétTè ). C'eâl alois que les Saxons se divisent et qu'Ërkenwin démembre Kent. Les romaijcie^s, jeii exagérgpt à l'envj les ei^ploits d'Artur, ^n lui taisitot i^umeitfe rtriànde , rlslàttde, la Norvège, la France^ ,en,Ie représéniâ'nt déclarant là guerre à l'Empire BomainJ aétrVtt depuis 476), et marchàht sur nome, oht faFt dôuié^ âè soq existence même ; rïials on kie ))ettt mécohnaîlrè en biî Ite sàuv^eiit de l'indépendance camtrîenn'ft. tl iâstituâ, dît-pn, le cotiseil des douie guerriers, de h^Tàmè-roMë. Vieux, il eot à comoaltre la révôWè de moctréa soh neveu , qu'appuyaient les Saxons el tes barbares du Nord, livra la bataille doiifeuâe ie CamelsfôYçi , et, criblé de blessures, fl aîlâ mourir dans raè â:Jvàldf\ pris de Wels (542). Sa mort fût le ftenàU'urie autre s'érîê d^Vâ^liD'ûS.
Lès ÂngVà, placés sur ï^È^dér, éûtre les Saxons et les Jutes, se mirent à suivre son exemple. Idda, suivi de àes
en m le royaume ae lyorinumone ou j.\orinumoeriana
^5)7-5SÔ), oîVisé aJJres sa mort ^5^9) en Bernide au N., et
yëîrie âtû 8t de k Tynne: £aimbourg, York qi fare&(
D'AMGLETfiRRË) O'ÉGOSSE, ETC. 9
les capitales. De l'Humberè la Tamise s'étendit h royaume à'^EsUAnglie^ fondé par O/fa, capitale Norwich (ôîl). Enfin à i'O. de ces detix états, au N. de Wessex, Crida, prenant pour capitale Lincoln, forma le vaste royaume de Merde, le plus central de tous, le seul ^ue oe baignât aucune mer (682-684).
En tout, sept ou huit états qu'on appelle Heptarchie, et auxquels il faut enjoindre huit: \° Cornouailles, à I'O. de Wessex ; 2° les cinq royaumes welches ou gcdlois à rOuest de la Mercie (Powis, Morgan, Guymeé, D&hMir barth, £syluc)\ 3° Ara-Clwgd ou Dun-èriton, à I'O. des Northumbres et des Estangles, et plus au N. O. Strait- Cluyd, Ensuite v^aient VEcosne (ou Scotland) à l'Otiesi, iâ confédération des Picies à l'Est, les royaumes insulaires des Hébrides, Orcades, etc. — ^En Irlande se distinguaient les cinq petits royaumes d^Ulster au N., de Munster au S., de Connaught à PO., de Leinsier et de Meath à l'E.: ce dernier se prétendait suzerain des autres.
Les Saxons, les Angles avaient déployé la plus grande férocité dans l'invasion : le sang, les ruines parquaient leurs pas; idolâtres, ils martyrisaient les chrétiens; ce^ai échappait à la mort était réd.uit à l'esclavage de la gl^.be ou s'exilait. Nombre de Bretons émigrèrent en Gaule, dans l'Armorique, et donnèreoft à ee pays le nom de Bre~ tagne.
Questions. Quel fnt le premier royaume Saxon «a Britonnie ? — r.n quoi Erkenwin diffère-t-il d'Ella «t de Cerdic? ~ Rucobicz les exploits d'Artur. — Dans quel ordre s'élevèrent les roytiumes Angles? — Qu'est-ce que l'Heptarrhiie ? — N'y avait*!! dans IMe d'autres étants que ceux de l'Heptarchie?
Vrinoîpaiiz événements de l'Heplarehîë , 24S ans
Les sept ' ou huit royaumes anglo-saxons ?emb?aietit former un corps fédératif: un drs princes était oensé le chef de la tigue. Des assemblées nationales, dites Wiltehagemot, limitaient le pouvoir des rois. La haute classr» se rnutposait d^Eorïs et de Tftrhi^s: ensuite venaient les C^QTlf n bOwiïïÇS WJ>W, TQU^s h l'africullure et au c^"
merce : les serfs de la glèbe se nommaient Dewes. Le pays était divisé en centaines et dizaines de feux. Les crimes étaient punis du talion ou expiés par la composition. Le culte d'Odin domina d'abord, mais partout le christianisme lui ravit le premier rang sans l'anéantir. Trois peines surtout le propagèrent : Berthe, fille de Caribert l^^ (de France) et femme du roi de Kent S. Eihelbert (596) ; Fthelburge, leur fille, femme du roi de Northumbrie Edwin (626); la fille d'Oswy, femme du roi de Mercie Péada, 655. Si quelques rois anglo-saxons revinrent au paganisme, ce fut pour peu de temps, et Péglise anglo-saxonne se signala par son dévouement au saintsiège. Les Gambriens, au contraire, étaient à demi scbismatiques. En revanche, ils avaient des savants : les couvents de Bangor et d'/ona étaient des écoles renommées ; rirlandâis S, Columban prêcha l'Evangile aux Scots et aux Pietés (565).
Les indigènes reculèrent encore après 582. Edilfrid^ après la prise de Chester et le sac du monastère de Bangor (613), agrandit la Northumbrie aux dépens des Bretons, Scots, Pietés. Les rois de Wessex Cèawlin et Ina conquirent Devon et Somerset ( 560-696) ; Koinwalck, mort en 672, avait défait les Bretons à Belfort et à Pen.
Mais les indigènes n'étaient pas seuls en butte aux attaques des Anglo-Saxons : ces peuples farouches se déchiraient entre eux. Dans l'impossibilité de suivre en détail le sort des huit états, donnons la liste des rois du Wessex- Ce furent après Cerdic (de 516 à 534) : Cenric (534), Ceawlin(SGO), Cèolric(b9i), Cèolu>ulf{hdh), Cinigèsil (611), Koinwalch (643), la reine ou régente Sexhurgha (672), Eswin et Kentwin (673), puis Kentwin seul (676), Cedwalla (685), Ina (689), Ethelard (720), Gti^Arcd(740), Sigebert (753), Kenwulf{ih\ ou 758), Brithric (784), Éghert (799). Hengist, Ella, Cerdic, Idda, dit pour sa férocité Brandon-de-feu, avaient joui tour à tour delà supériorité. Sous Cèawlin(StO'Sb)^ elle revient à Wessex, qui soumet Essex et la Mercie; mais c'est pour passer à Kent, sous S. Ethelhert (585-615), aux Norlhurobres, sous Edwin-le-Grand^ au royaume de f-cie, sous l'inquiet Penda, gui meurt en 655. Péada
D'ANGLETERRE, D*ÉC08SB, ETC. Il
son fils règne, protégé par Osioyle Northumbre; mais Wulfer^ fils de Péada, subjugue £ssex et l'Estanglie, et de 765 à 796, Offa^ son cinquième successeur^ enlève au ^ roi de Northumbrie le comté de Nottingbam , puis , profitant des révolutions de Kent et de Wessex, illustré au septième siècle par Âoïntoalch et par /na, défait Lothaire roi de Kent et le roi de Wessex Âenumlfy impose à Pun sa suprématie, arrache à l'autre des provinces, et sans priver encore ces deux états de leurs rois, les assujettit, repousse les Bretons dans le pays de Galles et creuse un fossé de la ff^ye à la Dee pour marquer la frontière> enfin conquiert l'Ëssex et faisant mourir le roi des Estangles (792), s'empare de tout son royaume. Gbarlemagne recherche l'alliance d'Offa ; c'est Offa qui lui donne le savant Mcuin- Qui n'eût pensé que les rois Merciens allaient réunir les sept états anglo-saxons (alors réduits à trois, Wessex avec Sussex , la Northumbrie, la Mercie) ?
Les fautes graves du successeur d'Offa, la minorité de
Kenelm^ l'usurpation de sa sœur Kwendrade, suivie de
celles de CeolwtUf et de Beomwulf, les révoltes des £s-
^tangles, ruinèrent l'œuvre d'Offa, et en peu d'années Wes-
'sex, régi par Eghert , prit la place de la Mercie.
Issu de Cerdic en ligne directe, Ëgbert avait cherché un asile à la cour de Gharlemagne, tandis que l'usurpateur Brithric tenait sa place au trône de Wessex (7S4-799). Ge temps d'épreuve mûrit ses talents, son caractère. Brithric périt victime du poison versé par la reine Eadburga sa femme à un page. Soudain Ëgbert reparaît, chasse du Wessex les Bretons de Gomouailles, marche contre le puissant Beornwulf de Mercie qui s'est jeté sur ses états et le bat à £llendun(B2:Z), envoie son fils Ethelwulf détrôner le roi de Kent Baïdredj tributaire des Merciens, conquiert Ëssex, fait insurger les Estangles, reçoit le serment des Northumbres , las d'une anarchie de trente ans, et, comme aux Merciens, leur permet d'élire un fantôme de roi, et leur ôte l'mdépendance politique. L'Heptarchie est close après trois cent soixante-douze ans de durée (455- 827), et le nouvel état prend, quoique saxon, le nom
42 ipteTitt HtetoiftÈ
é'Jijmit&fré.i^ Mgtêtopè les Ahglei ttit dccubé btas de wmdffe qAe'ï^ Suons.
ObEstlbJTft» fyc^tl diitè,, <(ue] éiat fiocla^ïivài'tttattes Àngto-i^axoîis? •*-"Cr>tfmiiEHiM'* Ckrîs»iai<hhie ^Mntrodulsit-il che» «ax>— Etirent-ils à^s 9i|èiTns as qçj'^f bretons ipi;f« 5«6 ^r- Farenl-eil^f heRreises ?— Dono^x ¥» JmM;4^ roi* a« VVessex. — j^opiinez (es antrçss iroU pvincfpatil de rHt^trfï^chié. — Ouel's Vo.Vaftmes dfeVlnreût \e\ plùfc pùïs- B.uU?u..Qtifl8 toyfyUMbs fï»iblireBt les prbmierk ? -^ Raconter Je rès^Ks d'Oflfa. -^ Gommeftt Esbèi t rétinit-U 1«8 sept royaumes?
Ptr— fa» «aaBwme et danoise , M9 sns^fiàcm
( ^m, VB'êèlk Hee d'£g^rtet «Dânoh ).
ertcpt*e iïébf. îiè^ paries mnop. qni s'intHlilàiétit ♦»ot» de ^it fher, et cfei grâce ^ teui-s ckiouh on Iwiri^ues légères eôurïiim iTÎcéàn et fës côtes ^ehercliant db butin, avaiefat déjà ravagé le TF^isex {1%1). le Northumhertand f79l), ^ous «Wmrt(?;ét à iferli^ de rd^lls ^'étaient fftirtbë de petiU * Yo^imkêÈ ëàtté f«iï Jfe TIrtdhâe tt à M<kh. Sous Egberl, >o '^'•l^, ïlsiliHëi^Wl MTe i5A«^i)«îy,iïiais Ici-ôi les défit à VhùUmîfh fS3à), et (tnàîgfé îeùr «tlHâttcteavec Cofe- Bousilles) ^ lieiiétiesdàùm (8^5).
^â'6-S6;7. l'e Ifàfble EWEL^ùLy, sdh fils, tjttî s'associa lé b^aVe AfiïfeLstA'» l^^'son fils aîné, eh lai donnant Esséx, Suà§èx ^ î^éÉft, tiit teV^ins heureux. Bîeti qtre vâincos à ^asfîJtk^ t^ar 'CSofI, \Sbai^ich par Athelstan, à VlceUy parEthëlwulf (855}^ ks Danois de plus len plus noriinréù?t,'ét l;[ui ré'ûhisiialiënt jusqu'à 350 voilés, hivernèrent CD A^èïèrrb et çatljèréiit Trie de Thanet A la raort d'ArtitpIstân, È^hetbàld força son père par la révolte à lui céder Keîit, l^istàéfglîè, Sussex. Le Ràinescoi ofu denier de éaint-îHèrre, rtdétance aonuelfe de chaque ménage au pape, fbt éfaWi par Ethelwulf, lérs d'un pMerinâ'ge qu'il fit à ^tome (855) ièt (!fui idura un an — Hoderic^le- Grand pteridant ce temps tiWirfSî5*iit fés cinq royatitfies gallois, rtaîs pdùr lèfe diviser entre Ses trois fils.
S57-^Yt . Dés tfiiatf é Ute d'EfhelWulf, Ethrlbàid régha trots in9^ifi$9l'OUésA ; E-Ptfilt.'ÈSRt trold atts dans PEst et
X 9urtoi4t le royaume y Et^«i.«si> !•% cinq ans. Etbelbald
D'ANGLETERRE, D'ÊCOSSE, ETC. 13
épousa, puis fat contraint de quitter la jeune veuve- de son pftre, Judith de France, qui bientôt se remaria au comte de Flandre Baudouin II Bras-de-fer. Ethefbert montra du courage contre lesDaeois qu'il battit à Winchester, Etheired ne put, malgré ses efforts, les empêcher de s'établir à poste fixe au cœur du pays, à Nottingham , à Beefding, d'où ils se répandaient au loin. Maures de VEstanglie, puis de quatre autres royaumes, vainqueurs à Basin, ils touchaient au moment de posséder toute l'Angleterre.
871-901. Alfred, frè|:e dTïthelred, lui succéda. Un autre eût désespéré de l'État. Huit fois ^ tm an il livra bataille aux Danois, leur reprit E.xeter et tout le Wessex, força leur chef à la paix. Mais d'autres bandes survenaient, non liées par le traité; l'une occupa la Mercie, Tautre. recouvra le Wessex et le chassa de sa dernière place ChUppenham, Alfred, errant, se travestit en paysan et n'eut d'autre refuge que les marais d'Fthelingey (877), d'où un an durant il fît des courses sur les Danois, tandis que le comte Oddun se défendait au château de Kinwith et enlevait, dans une sortie, la célèbre bannière danoise ( le Reafen). On croyait le roi mort.Un jour il osa, déguisé en joueur de harpe, s'introduire dans le camp des ennemis pour les épier; puis ayant donné à tous les vrais Anglais rendez-vous au bois de Selwood, il met les Danois en déroute à Eddington ( 878) : Gothroun, leur chef, fit avec Alfred un traité par lequel, se bornant' à l'EstangUe et au Northumberlandj il jurait d'en défendre l'entrée aux bandes nouvelles et d'être chrétien. Le traité fut obserré tant qu'il vécut. Mais en 893 survint à Kent le célèbrç pirate ffastings, et les Danois estanglês firent cause commune avec lui : quoique vainqueur à Farnham et à Bamflete, Alfred ne vint à bout d'eux qu'à force d'années. Libérateur de son royaume, ce grand prince sut de plus y faire fleurir l'ordre, la justice. Il rédigea un corps de lois, il assembla régulièrement le Wittenagemot, il institua \t jugement par douze pères de famille^ origine du jugement par jurés; il organisa la division par comtés , il établit des colons sur les terres abandonnée" il protégea les lettres, les arts, releva les couvents en ru'
(Jota Vëeole d'Oxford, et, consacrant le septième de son revenu à des bâtisses , Qt venir des savants, des artistes à sa cour. Lui-même il cultivait les lettres ; on a de lui, outre ses lois, des Contes en vers y un commentaire sur £oéce, des traductions anglo-saxonnes, etc.
901-925. Edouard I®"^ VJncien, son fils, eut une guerre à soutenir contre son cousin Ethelwald et le vainquit ; réprima la révolte des Danois de Northumberland et d'EstangliCy en les battant à Tettenhally et construisit partout contre eux des forteresses ; sut aussi se faire res-
Secter des Ecossais , réunit entièrement à la couronne la [ercie qui jusqu'alors avait eu des rois particuliers (920), rendit le pays de Galles plus dépendant (922;, soumit aussi les Bretons du Nord (923), et fut vraiment le premier roi de toute V Angleterre. Il passe à tort pour le fondateur de l'université de Cambridge, Ogive, sa fille, vint avec Louis d^Outremer son fils se réfugier à sa cour, quand Charles-le-Simplfi son mari fut pris par ' Herbert II.
926-940. Athelstan II, fils naturel d'Edouard l'Ancien, réprima les courses des Danois^Northumbres, sous Anlaf et Guthfert , força les Comoualiem et Gallois à se reconnaître ses vassaux, gagna la victoire de Brunanburuh sur les Ecossais et les Norvégiens, acquit les îles de Scitty. — 940-946. Edmond !•% son frère, défit les Nortbumbres encore révoltés, et récompensa les services du roi d'Ecosse Malcolm P", en lui donnant le Cumberland comme fief anglais. Ayant voulu chasser de sa table un bandit nommé Leolf, il reçut de lui un coup de poignard qui fut morte). — 946-955. Un troisième frère, Éored, régna ensuite. Les mutineries des Danois du Northuiïiberland le tinrent sans cesse en haleine. Admirateur du moine S. Dunstan, il le laissa maître du gouvernement, et en sa faveur ôta les emplois au clergé séculier pour les confier à des moines.