CHAPITRE XI
Sommaire. — Banque de France. — Crédit foncier. — Hôtel de la Monnaie. — Imprimerie nationale. — Manufacture des Tabacs. — Palais de la Légion d'honneur. — Douanes. — Docks. — Caisses d'épargne.
321. Banque de France- C'est à François Ier que remonte la première idée d'une banque publique. C'est lui en etfet qui, en 1543, institua, à Lyon, un établissement où l'on recevait l'argent de tous, moyennant un intérêt de 8 0/0. Ce ne fut qu'au dix-huitième siècle que la banque prit en France une grande extension. La chute désastreuse de Law fit abandonner, pendant tout le reste du dix-huitième siècle, l'idée d'une banque publique soutenue par l'Etat. Ce n'est qu'en 1803 que le Premier Consul fonda la Banque de France, qui est aujourd'hui un des premiers établissements financiers du monde.
La Banque de France a pour objet d'escompter des billets, de faire des avances sur les effets publics
322 ADMINISTBATION.
et d'opérer les recouvrements de traites. Elle émet des billets de cinquante, cent, cinq cents et mille francs, dont la valeur est garantie par le Gouvernement. La Banque de France est installée dans un vaste hôtel datant du dix-septième siècle, l'Hôtel de la Vrillière, construit par Mansard. Dans ses caves, d'une solidité à toute épreuve et facilement inondables en cas d'incendie, sont renfermés d'immenses capitaux en numéraire.
322. Crédit foncier. — Autrefois, et jusqu'à la seconde moitié de ce siècle, les prêts sur les propriétés immobilières n'étaient faits qu'à des taux exorbitants qui auraient eu pour résultat de ruiner la propriété en France. C'est pour remédier à ce danger qu'on eut l'idée, sous le second Empire, d'autoriser des établissements de crédit qui ne pourraient prêter qu'à un taux fixé par la loi et pour un temps plus ou moins long. Presque aussitôt après le décret de février 1852 qui consacrait cette idée, fut fondée la Banque foncière de Paris, immédiatement suivie de la création de banques semblables à Marseille et à Nevers. L'année suivante, ces trois établissements se réunirent en un seul qui s'est appelé Crédit foncier de France. Le Crédit foncier est actuellement une des institutions fondamentales du crédit public en France. Outre les prêts sur hypothèques qu'il fait aux simples particuliers, il aide puissamment les communes en leur avançant les sommes qui leur sont nécessaires pour des travaux d'utilité publique.
323. Hôtel de i;i Monnaie* — C'est de la Révolution que date le système de monnayage actuellement en vigueur en France. Sous l'ancien régime, en effet, la valeur des monnaies changeait souvent, ce qui nuisait grandement aux relations commerciales. Jusqu'à Louis IX même, les seigneurs avaient le droit de battre monnaie ; mais Charles V et Charles VII mirent un peu d'ordre dans la fabrication des monnaies. Charles VII
organisa la Cour des Monnaies, chargée de juger tous les procès relatifs aux questions monétaires, et cette cour resta en exercice jusqu'en 1789. La Révolution appliqua aux monnaies le système décimal, et créa plusieurs centres qui furent réduits à sept par une ordonnance datée de ts:i7.
L'Hôtel de la Monnaie de Paris est resté seul en exercice et les pièces qui sortent de ses ateliers sont marquées d'un^A. Cet hôtel est situé sur le quai Conti, près de l'Institut ; il date de la seconde moitié du dix-huitième siècle.
324. Imprimerie nationale. — C'est à Louis X lit que remonte la fondation de l'Imprimerie nationale; ce roi l'installa au Louvre, en 1640, sous le nom d'Imprimerie royale, qu'elle garda jusqu'à la Révolution. Elle passa de là à l'hôtel de la Vrillière (actuellement la Banque de France), et enfin dans les bâtiments qu'elle occupe aujourd'hui rue Vieille-du-Temple.
L'Imprimerie nationale est un établissement unique au monde , qui occupe près de douze cents ouvriers. Elle a publié nombre d'ouvrages qui sont des chefs-d'œuvre d'impression. Parmi les collections sorties de ses presses, il faut citer I les Écrivains byzantins, les Documents inédits de l' Histoire de France et le Bulletin des Lois qui se poursuivent toujours. Elle possède en outre une j précieuse collection d'ouvrages divers et surtout ' de livres imprimés en caractères orientaux.
325. Manufacture «les Tabacs.— L'État a fondé à Paris deux manufactures de tabacs : l'une àReuilly, pour la fabrication exclusive des cigares, l'autre, qui est de beaucoup la plus importante, au quai d'Orsay, et que l'on connait sous le nom de Manufacture du Gros-Caillou. Quelques chiffres donneront une idée
des produits fabriqués par cette dernière en 1887 : cigares de 25 centimes : un million cinq cent mille ; cigares de 10 centimes: dix-sept millions cinq cent mille ; cigarettes dites élégantes, par paquets de soixante centimes : quarante millions ; par paquets de cinquante centimes : cent trente-huit millions ; par paquets de quarante centimes : soixante-quinze millions, etc., etc.
326. Palais de la Légion (l'honneur. — L'ordre de la Légion d'honneur fut institué en 1802 par Bonaparte. Il fut d'abord exclusivement militaire, mais presque aussitôt l'élément civil y fut admis. Le nombre des décorations de la Légion d'honneur est limité, sauf pour les chevaliers ; elles sont conférées par le chef de l'Etat, qui est grand maître de l'Ordre ; il est assisté par un grand chancelier et un conseil d'administration.
Le palais de la Légion d'honneur, situé quai d'Orsay et rue de Solférino, fut brûlé en 1871. Il a été reconstruit sur le même emplacement.
De la Légion d'honneur dépendent les maisons d'Écouen, de Saint-Denis et des Loges, où sont élevées les filles des militaires, membres de l'Ordre.
327. Douanes. — C'est de Colbert que date véritablement en France l'organisation de douanes. C'est lui qui, en effet, par un édit de 1667, établit les tarifs applicables aux marchandises importées de l'étranger en France. Actuellement les douanes sont régies par un directeur général et un conseil d'administration qui siègent à Paris.
328. Docks. — Les docks de la Villette sont, pour les marchandises en général, et notamment pour les céréales, ce que sont les deux entrepôts de la Halle aux Vins et de Bercy pour les alcools et les vins. Leurs bâtiments situés à la Villette, couvrent
une immense étendue de terrain. Ils furent construits, de 1850 à 1860. par une Société dite des Magasins généraux, à laquelle l'État et la Ville adjoignirent plus tard leurs propres dépôts. Jusqu'alors les seuls entrepôts de marchandises avaient été la Halle aux Blés et le Grenier d'abondance, tous deux disparus.
Aucun emplacement ne pouvait être mieux choisi pour nos Docks parisiens que celui qu'on leur a donné : ils se trouvent, en effet, à proximité des gares du Nord et de l'Est, du chemin de fer de Ceinture et des canaux de l'Ourcq et de Saint-Denis.
329. Caisses d'épargne* — Les Caisses d'épargne ont pour but de recevoir et de faire fructifier les économies des classes laborieuses. Leur origine remonte à peine au commencement de ce siècle, et au début elles s'administraient elles-mêmes. Ce n'est qu'en 1825 que l'État les soumit à sa surveillance et leur prescrivit de faire leurs emplois de fonds en rentes françaises. La plus importante des caisses d'épargne est sans contredit celle de Paris. Installée; autrefois rue Coq-Héron, elle a été transportée récemment rue du Louvre.
Outre la Caisse d'épargne, il existe une Caisse des retraites pour la vieillesse, grâce à laquelle, moyennant un versement annuel déterminé, on touche à cinquante ans une rente proportionnelle. Cette institution date de 1850.
QUESTIONNAIRE
1. Qu'est-ce que la Banque de France ? — 2. Dansquel but a été institué le Crédit foncier? — 3. Qu'est-ce que I Hôtel de la Monnaie? — 4. Parlez de l'Imprimerie nationale. — 5. De la Manufacture de
taba.s. — 6. Où est situe le palais de la Légion d'honneur? — 7. Qu'est-ce que les docks? — 8. Quel est le but des caisses d'épargne?
Pour terminer cette Petite histoire de Paris, nous donnons quelques renseignements sur les Environs, dont l'histoire se lie si intimement à celle de la capitale.
MAISONS-ALFORT (canton de Charenton, Seine, 7 000 habitants).Cette localité estcélèbre par son École vétérinaire.
Fondé sous Louis XV en 1766, cet établissement fut successivement réorganisé par Napoléon Ier et Charles X, qui, en 1826, lui fit donner plus d'extension.
ARCUEIL-CACHAN (canton de Villejuif, Seine, 6 500 habitants), célèbre par son aqueduc dont les arcades ont donné son nom à la localité. Arcueil possède en outre une église gotbique du dix-huitième siècle.
ARGENTEUIL (arrondissement de Versailles, Seine-etr Oise, 12 800 habitants) doit sa richesse et sa célébrité à ses coteaux couverts de vignobles. Tout près de là, on exploite d'importantes mines de plâtre. Argenteuil possède en outre une jolie église gothique.
BAGNEUX (canton de Sceaux, Seine, 1 500 habitants) doit son nom, suivant toute vraisemblance à d'anciens bains romains, balneoli; on y voit une très jolie* église commencée au onzième siècle et achevée au treizième. Dans la plaine qui sépare Bagneux de Montrouge a été créé, en 1886, un cimetière parisien destiné aux inhumations des 1er, 4e, ;ie, 6°, 7e, 14e et 13e arrondissements. On voit sur une des places de Bagneux, le monument élevé à la mémoire d'un des vaillants défenseurs de Paris eu 1870, Henri Picot de Dampierre, commandant des mobiles de l'Aube.
BELLEVUE (commune de Meudon, Seine-et-Oise) est situé au milieu île bois charmants, dans une position magnifique, d'où l'on domine la vallée de la Seine; sur la
terrasse, se trouvait un château construit par la marquise de Pompadour et détruit par les Prussiens en 1871. C'est à Bellevue qu'eut lieu, en 1842, le terrible accident de chemin de fer où périt Dumont-Durville. Une chapelle expiatoire, appelée Notre-Dame-des-Flammes, a été élevée sur le bord de la voie en l'honneur des victimes.
BOULOGNE (canton de Neuilly, Seine, 30000 habitants s'appelait anciennement Menus, et la forêt voisine Forêt de Rouvray. Son nom actuel lui vient d'un pèlerinage qui y fut établi au quatorzième siècle, en l'honneur tle Notre- Dame de Boulogne-sur-Mer. L'église du lieu date de 1319.
Dans le bois de Boulogne, du côté de Suresnes, se trouvait une forl ancienne abbaye de religieuses, l'abbaye de Longchamp. La mode était autrefois de s'y rendre pendant la semaine sainte, et cette mode subsiste encore maintenant, bien que l'abbaye ait disparu en 1790. Son nom a été conservé au vaste champ de courses du bois.
Le bois de Boulogne appartient à la ville de Paris. C'est la promenade aristocratique des Parisiens. Bien qu'il s'étende en dehors de l'enceinte fortifiée, les limites de l'octroi de Paris ont été reportées à ses extrémités, afin que les promeneurs qui s'y rendent ne soient pas assujettis au contrôle des employés de l'octroi.
CHAMPIGNY (canton de Charenton, Seine, 3 000 habitants) est tristement célèbre par la bataille qui s'y livra, le 2 décembre 1870, entre les Fiançais et les Allemands.
CHARENTON, chef-lieu de canton (13 300hab., Seine), situé sur la rive droite de la Marne, non loin de son confluent avec la Seine.
Son nom revient souvent dans l'histoire, car le pont de Charenton était une des clefs de Paris, tant par la route de Bourgogne qui y passe que par les deux rivières qui se réunissent en cet endroit. Charles V, alors qu'il n'était encore que dauphin (1358), les seigneurs révoltés contre Louis XI, puis le prince de Condé pendant la Fronde, s'emparèrent tour à tour de cette forte position.
Il y avait ù Charenton un temple protestant qui fut
détruit en 1685, après la révocation de l'édit de Nantes. Il y avait aussi un ancien château fort dont il ne reste qu'un pavillon appelé pavillon d'Antoine de Navarre. Charenton est la patrie du célèbre peintre Eugène Delacroix.
Vasile d'aliénés, si connu, n'est pas situé à Charenton, mais sur la commune voisine de Saint-Maurice.
CORBEIL (chef-lieu d'arrondissement, Seine-et-Oise, 7 600 habitants) est une ville très commerçante. Corbeil possède une église remarquable, l'église Saint-Spire, bâtie en 950, rebâtie au douzième siècle, la seule des cinq églises qu'elle avait autrefois. Derrière cette église, se trouve une des anciennes portes de la ville.
CRÉTEIL (canton de Charenton, Seine, 4000 habitants est un très ancien bourg qui appartenait jadis aux chanoines de la cathédrale de Paris.
Créteil possède une église en partie romane, notamment le portail et le clocher.
ENGHIEN-LES-BAINS (canton de Montmorency, Seineet-Oise, 2 500 hab.) doit sa fortune à ses souitcs d'eaux froides, sulfureuses et gazeuses. C'est un joli village peuple d'élégantes maisons de campagne et de chalets.
GRIGN0N (commune de Thiverval, arrondissement de Versailles, Seine-et-Oise, 300 habitants) possède une importante école d'agriculture, fondée en 1826 par les ingénieurs Polonceau et Bella.
MEUD0N (arrondissement de Versailles, Seine-et-Oise, 7 600 hab.) est situé à la lisière de jolis bois qui s'étendent jusqu'à Versailles.
Au seizième siècle, un des seigneurs de Meudon se fit construire un château, dans le style de la Renaissance, sur la partie la plus élevée de la colline qui domine Meudon. Ce domaine appartint ensuite à Louvois, puis au granddauphin, fils de Louis XIV, pour lequel on le rebâtit en entier. Napoléon Ier y vint souvent el. s'y plaisait beaucoup. Il a été démoli pendant le siège de Paris, en 1871. Sur son emplacement a été établi un observatoire d'astronomie el de météorologie; dans la plaine, du côté de
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Fleury, se voient les vastes ateliers de construction des ballons dirigeables.
Le célèbre écrivain du seizième siècle, Rabelais, est souvent appelé curé de Meudon. 11 fut en effet pourvu de cette cure, mais il est prouvé qu'il n'y vint jamais et qu'il en faisait remplir l'office par un vicaire.
MONTMORENCY (arrondissement de Pontoise, Seine-et- Oise, 4 900 habitants) est une très jolie ville, recherchée des Parisiens en villégiature. C'est le berceau de la famille des ducs de "Montmorency, dont plusieurs tombeaux se trouvent dans l'église, monument gothique reconstruit au seizième siècle.
Tout près de Montmorency se trouve Y Ermitage, célèbre parle séjour qu'y fit Jean-Jacques-Rousseau.
NANTERRE (canton de Goùr^evoTe, Seine, 5 300 habitants) date d'une époque fort ancienne et fut peut-être la patrie de sainte Geneviève.
NOGENT-SUR-MARNE (canton de Charenton, Seine, 12 900 habitants) est un des bourgs les plus importants des environs de Paris. Le village s'étend du bois de Vincennes à la Marne qu'il domine.
Les Mérovingiens y avaient une villa, et, plus tard, Charles V y fit bâtir (entre Nogent et Joinvîlle) le château de Beauté, où il mourut en .1380, et que ses successeurs laissèrent tomber en ruine. Dans le jardin qui entoure l'église, se voit un buste du célèbre peintre Watteau, mort a Nogent en 1721.
Immédiatement après Nogent, le chemin de fer de Paris à Belfort franchit la vallée de la Marne sur un viaduc fort remarquable.
RUNGIS (canton de Villejuif, Seine, 322 habitants) est un petit village d'où part l'aqueduc qui conduit à Paris l'eau de la vallée. L'origine de cet aqueduc remonte, comme on l'a vu (p. 8), au temps des Romains.
SAINT-CL0UD (arrondissement de Versailles, Seine-et- Oi<e, .'i 400 habitants) doit son origine et son nom à Clodoald, fiis de Clodomir, qui s'y retira comme ermite
au sixième siècle et fut canonisé plus tard sous le nom de saint Cloud. Les évêques de Paris étaient seigneurs de Saint-Cloud et s'y construisirent de bonne heure une résidence. Le frère de Louis XIV s'y fit bâtir plus tard un palais par Mansard, et c'est clans ce palais que mourut, en 1670, sa femme Henriette d'Angleterre. Du même temps, date le très beau parc qui est une des plus agréables promenades des environs de Paris. C'est au palais de Saint- Cloud qu'eul lieu la séance célèbre du 18 brumaire
as
Fir,. 1-22. —Château de Saint-Cloud avant 1871. Ce château, bâti au dix-septième siècle, fut complètement détruit pendant la guerre de 1870-1871.
pendant laquelle Bonaparte supprima le Directoire et se fit nommer premier consul.
Saint-Cloud fut une des résidences favorites de Napoléon Ier et de Napoléon III. Tous deux avaient contribue à embellir le palais qui, pendant la guerre de 1870, a été complètement détruit. La ville, occupée par les Allemands, fut de même presque entièrement anéantie. Elle a relevé. depuis, ses maisons et a repris son aspect riant et prospère.
Dans le parc de Saint-Cloud se trouvait sur la plaieforme du point le plus élevé qui domine la vallée de la Seine, un petit monumenl de style urée et appelé la
Lanterne de DémoslHène; il a été détruit en 1870, mais le rond-point où il s'élevait en a conservé le nom.
SAINT-CYR (arrondissement de Versailles, Seine-et- Oise, 3 400 habitants) est célèbre par son école militaire. Ses bâtiments furent d'abord occupés par le pensionnat fondé sous Louis XIV et destiné à des jeunes filles de familles nobles, mais pauvres, au nombre de 250, auxquelles on donnait une bonne instruction ; madame de Main tenon avait été l'àme de cette institution. Napoléon Ier la transforma en école militaire.
SAINT-DENIS (Seine, 48 000 habitants). C'est une très ancienne ville qui devint, en 1800, le chef-lieu d'un des deux arrondissements du département. Elle doit son nom à saint Denis, premier martyr parisien.
Dagobert y fonda une des plus puissantes abbayes du royaume, dont l'église, reconstruite au douzième siècle par l'abbé Suger, est un de nos plus beaux monuments romans. Cette église recevait les sépultures des rois de France. Certains de ces tombeaux sont de magnifiques œuvres d'art dues aux grands artistes du seizième siècle, et l'on va à Saint-Denis pour les admirer.
L'abbaye fut supprimée en 1790, et, dans ses bâtiments, fut installée en 1804, la maison de la Légion d'Honneur, établissement d'instruction fondé par Napoléon Ier et destiné aux filles des officiers décorés de la Légion d'Honneur.
SAINT-GERMAIN (arrondissement de Versailles, Seineel-Oise, 16 000 habitants) doit sa célébrité au château qui fut construit en ce lieu pour la première fois au onzième siècle. Louis IX le fit rebâtir, puis Charles V, puis François Ier et enfin Henri IV. Dans le château actuel, achevé sous ce dernier roi, on retrouve des restes importants du vieux château du quatorzième siècle et des constructions de la Renaissance sous François Ier.
Il s'en est fallu de peu que Saint-Germain n'ait été la résidence royale par excellence et n'ait détrôné Versailles ; Louis XIII y mourut en 1643; Louis XIV y était né en 1638 et l'habita souvent. Mais Versailles décidément l'emporta :
le roi-soleil voulait faire sa demeure principale d'un palais
Fig. 123. — Basilique de Saint-Denis avant 1850. L'édifice actuel fut construit par Suger, abbé de Saint-Denis. Notre figure représente la basilique au siècle dernier. La flèche qui surmontait la tour de gauche a été détruite par un ouragan.
construit par lui et pour lui. Saint-Germain fut alors
l'asile du roi d'Angleterre, Jacques II, chassé de son pays par la révolution de 1688.
La ville de Saint-Germain est située dans une position admirable sur une colline de la Seine, à l'extrémité de la fameuse terrasse et de la belle forêt qui portent son nom.
Fig. 124. — Château de Saint-Gi-rmain. Ce château a été successivement reconstruit par Charles V, François 1er et Henri IV. Les bâtiments actuels datent surtout de ce dernier roi.
SAINT-MAUR-LES-FOSSÉS canton de Charenton, Seine, 15 800 habitants) doit sa célébrité à l'abbaye qui lui a donné son nom. Les évoques de Paris furent abbés de Saint-Maur, et l'un d'eux, au seizième siècle, y lit construire un palais que Henri III habitait volontiers.
De cette résidence dépendaient un parc immense et des terres couvrant toute la presqu'île que la Marne entoure en y figurant comme une boucle. Sur ce territoire, se sont créés plusieurs villages : la Varenne-Saint-Hilaire, la Varenne-Saint-Maur, le Parc de Saint-Maur.
SCEAUX (chef-lieu de canton, Seine, 3 400 babitants) fut, .ivre Saint-Denis, l'un des deux chefs-lieux d'arrondissemenl du départemenl de la Seine.
Le nom de Sceaux devrait être Ceaux, car sa forme latine est cpIIx el désigne les premières cabanes (cellœ) qu'on y signale dès le douzième siècle.
A l'époque brillante de la royauté, Sceaux reçut souvent la cour et toute la foule des courtisans ; le grand ministre Colbert en était seigneur et s'y était fait construire un cbâteau. Plus tard, le duc et la ducbesse du Maine y vécurent, donnant mille divertissements aux beaux esprits qui venaient les voir. Il ne reste de ce château qu'un parc assez agréable, côtoyé par le chemin de fer. Florian est mort à Sceaux en 1794.
SÈVRES (arrondissement de Versailles, Seine-et-Oise, 7 600 habitants) est. célèbre par sa manufacture de porcelaine, qui est la première de l'Europe. Cette manufacture fut transportée deVincennes, où elle existait depuis 1728, à Sèvres, en 1750, et acquise par la couronne neuf ans plus tard. Sèvres possède un musée de porcelaines qui n'a pas son égal. Les porcelaines de Sèvres les plus recherchées sont celles du temps de Louis XVI.
VERSAILLES (chef-lieu de Seine-et-Oise, 50000 habitants). Toute sa grandeur, qui a été si considérable, date du dix-septième siècle. Louis XIII y avait fait élever un simple pavillon servant de rendez-vous de chasse ; Louis XIV y construisit, en 1670, le magnifique palais, œuvre de Mansard. Devenu le siège officiel de la cour à partir de 1682, il fut abandonné par suite du retour forcé de Louis XVI aux Tuileries ; le palais de Versailles fut, sous Louis-Philippe, transformé en musée. On y visite les anciens appartements royaux, dont quelques-uns ont conservé leur aspect et leur ameublement d'alors, mais la plupart des salles sont garnies de tableaux représentant soit des portraits, soit des batailles ou des événements importants de l'histoire de France.
Le palais de Versailles est situé clans un parc immense, à l'une des extrémités duquel se trouvent les deux Trianons, petits châteaux qui étaient anciennement des pavillons de repos pendant les promenades du roi dans le parc.
Marie-Antoinette aimait beaucoup le Petit -Trianon.
Versailles coûta, avec les jardins, plus d'un million de francs, et on employa, pour l'édifier. 36 000 hommes. L'eau nécessaire aux bassins et aux jets d'eau, fut amenée par les machines de Marly qui la montèrent de la Seine jusqu'à un immense aqueduc construit sur la hauteur.
Depuis 1802. une partie de l'ancien diocèse de Paris a
Fig. 125. — Château de Versailles. Ce château a été coupai' Mausard pour Louis XIV dont une statue équestre s'élève au milieu de la Cour d'honneur. Au delà du château. s"étend un parc magnifique, à l'extrémité duquel se trouvent les deux Trianons.
formé l'évêché de Versailles. Après la guerre de 1870-1871. et au lendemain de la journée du 18 mars qui commença la suerre civile, le Gouvernement se relira à Versailles d'où il combattit l'insurrection communaliste enfermée dans Paris. L'Assemblée nationale continua à tenir ses séances à Versailles ; lorsqu'en 1875 la nouvelle Constitution eut créé un Sénat et une Chambre des députés, le Sénat siégea dans le château de Versailles et l'on construisit pour la Chambre des députés un palais particulier attenant au château. En 1879, les deux assemblées rentrèrent à Paris.
VINCENNES (chef-lieu de canton, Seine, 22 000 habitants) est célèbre par son château. Philippe-Auguste paraît, être le premier roi qui ait fait construire une résidence en ce lieu. Louis IX y venait souvent, et l'on sait qu'il avait l'habitude de rendre lui-même la justice aux
pauvres gens, assis sous un chêne du bois voisin ; mais le château actuel a été commencé par Philippe VI et achevé par Charles V.
Ce dernier roi y était né en 1337. Le donjon du château dont on admire la masse imposante servait de succursale à la Bastille, comme prison politique, au dix-huitième siècle.
C'est, dans les fossés du château de Vincennes que Napoléon Ier fit fusiller, en 1802, le duc d'Enghien, arrière-petit-fils du grand Condé.
Le château est maintenant transformé en un fort immense , plus spéciale-
Fig. 126. — Donjon de Vincennes sous Charles V. Le château de Vincennes était une vaste enceinte protégée par des remparts élevés et d'énormes tours carrées.
Au milieu s'élevait le donjon où habitait le roi, et qui, plus tard, servit de prison.
ment affecté à l'artillerie et au génie. Il possède encore sa Sainte-Chapelle qui y existait depuis le moyen âge et qui est un joli édifice du gothique flamboyant.
Le bois dé Vincennes était plus vaste jadis qu'il ne l'est à présent. Les noms de Montreuil-sows-Bois, de Fontenaysous-Bois indiquent ses limites anciennes. Aujourd'hui il est la propriété de la ville de Paris qui y a fait de nombreux embellissements.