Sièjçe «le Paris par Jeanne Darc. — Le
8 septembre 1429, Jeanne Darc vint assiéger Paris, après avoir pris Senlis et Beauvais ; ses troupes se présentèrent donc devant les remparts de la ville vers les portes Saint-Denis et Saint-Honoré. (Voir plan, p. 58. ) Au delà, dans la campagne, existaient deux monticules touchant presque la porte Saint-Honoré, qui, plus tard, s'appelèrent l'un la butte des Moulins, l'autre la butte Saint-Roch».
C'est à l'abri de ces buttes que Jeanne Darc fit camper son armée. L'attaque fut très violente. « Les assiégeants vinrent à l'heure de la grand'messe — c'était fête carillonnée, le 8 septembre, jour de de la Nativité de la Vierge — et leur Pucelle avec eux et avec grant foison (quantité) de chariots, charrettes et chevaux, tous chargés de grans bourrés pour combler les fossés de la ville, etlaPucelle disoit à ceulx de Paris: « Rendez-vous, de par Jésus, car si vous ne vous rendez avant qu'il soit nuit, nous y rentrerons par force, que vous le veuillez ou non, et vous serez tous mis à mort sans merci ! — Vraiment, dit un des Parisiens, paillarde, ribaude! »; il la visa de son arbalète et lui perça la jambe de part en part. Un peu après quatre heures, les Parisiens reprirent une nouvelle ardeur et tellement chargèrent de canons que les assiégeants durent s'en aller ; ainsi furent mis en fuite, mais pas un homme ne sortit de Paris pour les suivre, de peur
t. Ils existaient encore il y a quelques années, à peu près où sont maintenant les rues Saint-Anne et des Moulins, et c'est l'avenue de l'Opéra qui lésa fait disparaître. Au quinzième siècle, il n'y avait pas une seule maison dans cette région ; c'était le marché aux pourceaux. La porte Saint-Honoré se trouvait là où est maintenant la place du Théâtre- Français.
des embûches ». Ainsi échoua la tentative qui, si elle eût réussi, aurait certainement avancé de plusieurs années l'heure où la France devait être de nouveau maîtresse d'elle-même.
68. Les Anglais chassés de Paris* — Paris resta sept ans encore au pouvoir des Anglais. Ce n'est qu'en 1436 que Charles VII se sentit assez fort pour tenter de reconquérir sa capitale.
Après s'être emparé de toutes les villes et villages des environs, le connétable de Richemont se présenta devant les murailles de la capitale. Les portes s'ouvrirent pour ainsi dire d'elles-mêmes, et le connétable, qui était entré par la porte Saint-Jacques1, put descendre dans la ville sans qu'on lui opposât de résistance. Partout la foule l'acclamait avec enthousiasme. Les Anglais se réfugièrent dans la forteresse de la Bastille, au nombre de 500 environ ; mais, cernés de toutes parts, privés de vivres et de munitions, ils furent forcés de capituler dès le lendemain (15 avril 1436).
69. Rentrée de Charles VII à Paris. Réorganisation de l'administration municipale* — Le roi ne rentra à Paris que l'année suivante, le 12 novembre; il y avait dix -neuf ans qu'il en était parti, tout enfant alors, emporté dans les bras de Tanneguy du Châtel, pendant l'émeute de 1418.
Charles VII réorganisa sur des bases sérieuses l'administration municipale. Les élections du prévôt des marchands et des échevins se firent régulièrement comme autrefois par les soins desquarteniers, cinquanteniers, dizainiers, et de six notables par quartier. Ces élections, entourées de certaines précautions, étaient soumises au roi qui recevait le