Nouvelle émeute eu juin 1833. — Au
commencement de juin 1832, le général Lamarque mourut ; il s'était toujours montré le défenseur de la liberté et avait témoigné ses sympathies pour la Pologne2. La cérémonie de ses funérailles fut le prétexte d'une manifestation républicaine. Une foule énorme s'était donné rendez-vous sur tout le parcours du convoi. Quand il fut arrivé au pont d'Aus-
1. Sur l'emplacement du quai actuel de Y Archevêché. Depuis cette époque, la résidence de l'archevêque de Paris a été transférée à l'extrémité de la rue de Grenelle, près des Invalides.
5. Une tentative de ce pays pour secouer le joug de la Russie avait échoué, malgré plusieurs victoires des Polonais, et avait été impitoyablement réprimée par le czar Nicolas.
terlitz, des jeunes gens dételèrent le char funèbre et voulurent porter au Panthéon le corps du général ; l'armée avait des ordres pour s'y opposer; ce fut le signal de l'émeute. La population ne s'y mêla pas tout entière, mais les insurgés se cantonnèrent dans les petites rues qui avoisinent Saint- Merry, (rues Maubuée, de l'Homme-Armé, de la Verrerie, Aubryle-Boucher) et y tinrent tête aux troupes pendant les journées des 5 et 6 juin l.
Deux ans après, il y eut une autre insurrection, rue Transnonain, puis une autre encore, en mai 1839. suivie de nombreux mouvements populaires moins importants. Les dix premières années du règne de Louis-Philippe furent ainsi marquées par de fréquentes émeutes dans les rues de Paris.