‹ Petite histoire de ParisChapitre 69 sur 131 · Églises «lu quinzième siècle. — Pen · texte numérisé non relu

Églises «lu quinzième siècle. — Pen

1. Ainsi nommé du premier mot d'une prière Jubé (ordonnez) que le prêtre récitait du haut de cette galerie*

dant la durée du quinzième siècle, on construisit à Paris beaucoup d'églises, dont la plupart ont disparu. Parmi elles se trouvent Saint-Jean-en-

Grève , située devant Sain t-Gervais et démolie en 1801. Les bâtiments de l'Hôtel de Ville en couvrent en grande partie remplacement : le nom de salle de Saint- Jean rappelle son souvenir.

L'église de Saint- Gervais et Saint-Protais fut construite à la tin du quinzième siècle. C'est en face de cette église que se trouvait le célèbre urine Sàint-Gervais, renouvelé bien des fois. Les juges y rendaient la justice et l'on y payait les rentes. Le dernier disparut en

L'église Saint-Laurent, bâtie sur l'emplacement d'un monastère qui existait déjà au sixième siècle. Près de cette église, se tenait autrefois la célèbre foire Saint- Laurent.

L'église Saint-Nicolas des-Champs, dans la rue Saint-Martin, édifiée en 1420. Sa façade principale a un aspect assez agréable avec ses trois

Il 1 1

Fig. 79. — A l'origine du style gothique, les fenêtres des églises gothiques n'étaient qu'une baie de forme ogivale percée dans le mur. Au quatorzième siècle, on divisa cette ogive en plusieurs ogives plus petites et ornées de sculptures qui en augmentèrent l'élégance et la richesse.

AïtCHITECTUKE OGIVALE.

pignons, son entrée ogivale avec ses belles niches, sa grande fenêtre à meneaux* flamboyants et sa tour quadrangulaire au coté sud.

Saint-Séverin, élevée sur l'emplacement d'un ancien oratoire dédié au saint du même nom, est, sur la rive gauche, l'un des plus intéressants monuments des quatorzième et quinzième siècles.

Saint- Germain l'Auxerrois, enfin, l'ancienne église paroissiale des palais du Louvre et des Tuileries. On ignore au juste à quelle époque remonte la fondation de cette église : elle existait sûrement au temps de Childebert qui l'enrichit considérablement.

Pillée par les Normands au neuvième siècle, sa reconstruction fut très

lente : le Clocher Fio. 80. — Au quinzième siècle, on bâtit

date . du douzième beauco«P ('e maisons de bois avec des poutres entrecroisées. C est aussi à partir Siècle , la porte de cette époque que l'on commença à i i i couvrir les toits avec des ardoises.

principale, le chœur

et l'abside du treizième ; le porche, la façade, les

chapelles de la nef, du quinzième au seizième.

Le porche est très remarquable et d'un effet très pittoresque avec ses sept ouvertures ogivales : avant la restauration de l'édifice, de chaque côté et com-

MONUMENTS DE PAEIS.

muniquant avec lui, se trouvaient deux petites chapelles basses, Tune pour la communion, l'autre pour les baptêmes. Le chœur était encore précédé, en 1774, d'un splendide jubé, œuvre de Pierre Lescot

et de Jean Goujon : on le fit abattre lorsqu'eut lieu la transformation du sanctuaire.

231. Édifices civils. — Les maisons du quinzième siècle sont rares à Paris, ou, pour mieux dire, il ne s'en trouve plus une entière. Dans les vieilles rues, on en peut rencontrer quelques fragments conservés au milieu d'une construction plus récente ; ainsi la jolie

Fia. Si. =- La Tour de Jean-sans=Peur est un des plus curieux monuments du quinzième siècle ; elle est située rue Etienne-Marcel, enclavée dans les bâtiments d'une école municipale.

tourelle d'angle qui flanque la maison sise au coin des rues Vieille-du Temple et des Francs- Bourgeois peut dater de la fin du quinzième ou du commencement du seizième siècle; la façade entière de la maison, restaurée il y a quelque temps, est de la même époque ; on y remarque les

fenêtres carrées avec la croix de pierre1 qui les partage en quatre compartiments égaux. Dans les maisons de ce temps, on voit une tourelle intérieure dans laquelle est pratiqué l'escalier de pierre étroit et en colimaçon, tournant comme une vis : d'où ce nom de vis par lequel on désignait autrefois les escaliers.

232. Tour de Jean -sans-Peur. — Il nous reste une curieuse tour du quinzième siècle (fig. 81), c'est celle que Jean-sans-Peur fit construire pour le vaste hôtel que possédaient les ducs de Bourgogne. Elle est située dans la rue Etienne Marcel, et on la voit enclavée au milieu des bâtiments d'une école de la Ville. Elle aussi possède des croisées de pierre surmontées d'un arc ogival et un escalier en vis, dont la voûte fort jolie, figure un arbre aux branches et aux feuilles épanouies.

233. L'hôtel «le Sens. — A l'autre extrémité du vieux Paris, rue du Figuier-Saint-Paul, se trouve un des rares monuments civils qui représentent le style gothique à Paris. C'était la résidence des archevêques de Sens (fig. 82).

Dans la cour, de forme triangulaire, formée par les grands corps de bâtiments, étaient une jolie chapelle de la Vierge, aujourd'hui démolie, et un remarquable escalier, qui existe encore.

Du quinzième siècle datent aussi les tourelles de la porte de l'hôtel Clisson, rue des Archives, en face de la rue de Braque. Cet hôtel qui avait été construit par le connétable Olivier de Clisson, fut

1. C'est de cette croix de pierre qu'est venue notre expression croisée.

plus tard réuni aux hôtels de Guise et de Soubise, où sont actuellement les Archives nationales.

234. Hôtel «le Cluny-. — Le plus remarquable monument civil de la tin du quinzième siècle à Paris est l'hôtel de Cluny (fig. 83).

FiG.s^.— I. 'Hôtel de Sens, bâti vers 1507 par l'archevêque de Sens1

Tristan de Salazar, est encore debout. L'ancienne résidence des archevêques de Sens, (Hait située de l'autre côté delà rue Saint-Paul et avait été vendue à Charles V pour agrandir l'hôtel Saint-Paul.

Vers le milieu du quatorzième siècle, Pierre de Chaslus, abbé de la célèbre abbaye de Cluny acheta le terrain et les constructions qui dépendaient de l'ancien palais des Thermes; mais ce n'est qu'en 1490 qu'un de ses successeurs, Jacques d Amboise entreprit la construction de ce magnifique hôtel.

l. A. partir de 1622, l'hôtel fut loué presque constamment pour diverses entreprises commerciales : il a été question, un moment, de son achat parla Ville de Paris.

On entre dans la cour par une porte en are surbaissé, richement sculptée, et pratiquée dans une forte muraille crénelée. La façade intérieure se compose d'un grand bâtiment, percé de fenêtres carrées, à meneaux, et flanqué de deux ailes; le

Fig. 83.— Construit à la fin du quinzième siècle par Jacques d'Amboise. abbé de Cluny, l'Hôtel de Cluny est un des plus jolis édifices qui nous restent du style gothique flamboyant. C'est maintenant un musée consacré aux monuments du moyen âge.

premier étage se termine par une balustrade qui surmonte une frise délicatement ouvragée; le comble, assez élevé, est coupé par des fenêtres en croisées, du plus bel effet. Une tour à cinq pans, en avant de la façade principale, contient un escalier de pierre desservant les deux étages et montant jusqu'à la terrasse qui la couronne ; des tourelles d'angle et des cheminées de briques ou de pierre complètent l'aspect pittoresque de ce beau monument. Sur le jardin, la décoration est plus simple : une salle basse, très élégante, au-dessous de lâcha-

pelle met en communication le jardin et les anciennes constructions des Thermes. La chapelle, à laquelle on arrive du jardin et du premier étage par un charmant escalier dans une tourelle à jour, est remarquable par le luxe de sa structure ; c'est un des plus beaux spécimens du gothique flamboyant. En 1843, l'État fit l'acquisition de l'hôtel pour y installer le curieux musée de Cluny où sont rassemblés tant de souvenirs intéressants du moyen âge.

QUESTIONNAIRE

1. Dans quelle partie de la France le style ogival a-t-il fait son apparition ? — 2. Qu'appelle-t-on ogive? — 3- Qu'est-ce qu'un arc-boutant? — 4. Par quoi est formée une rosace ? — 5. Préciser les principaux caractères du style ogival. — 6.

Quel est le plus remarquable monument ogival de Paris ? — 7. Quelles sont 1rs iii mcnsions de la cathédrale de Paris? —

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