CHAPITRE VII
L'ARCHITECTURE AU XIXe SIÈCLE
Sommaire : Caractère de l'architecture au dix-neuvième siècle. — Monuments du premier Empire. — Monuments de la Restauration. — Monuments du règne de Louis- Philippe.
256. Caractère «le l'architecture au «lixneirvième siècle. — La Révolution s'attacha à faire revivre, dans ses fêtes, dans ses emblèmes, dans ses costumes d'apparat, les traditions grecques et romaines. Le peintre David fut le chef de cette nouvelle école d'imitation; ce fut lui qui régla tout le cérémonial des fêtes de la Révolution et éleva les autels à la patrie, les estrades, les arcs de triomphe, monuments d'un jour, dont aucun n'est parvenu jusqu'à nous.
Avec l'Empire, David ne garda plus que ses opinions artistiques; niais elles restèrent bien intactes, et sa doctrine ultra-classique exerça la même influence sur l'architecture que sur la peinture et la sculpture; tous les monuments construits sous Napoléon Ier sont encore des imitations de Rome et d'Athènes.
La Restauration éleva peu d'édifices importants; elle continua quelques monuments commencés sous l'Empire, laissant à Louis-Philippe le soin de terminer ceux qui rappelaient la gloire impériale, et de 1815 à 1848, pendant (pie la littérature, la peinture et la sculpture, rompant avec toute tradition, entraient dans une voie nouvelle, l'architecture, faute d'un artiste de génie, restait dans le même calme et continuait à bâtir des monuments lourds et sans caractère.
Sous le second Empire, aucune œuvre originale et vraiment personnelle n'apparaît au milieu des innombrables monuments publics ou des constructions privées qui
s'élèvent de toutes parts; l'étude de l'archéologie, de l'architecture aux différentes époques , ont donné aux architectes tant de documents, que chacun y puise à pleines mains et ne cherche guère à créer rien de neuf.
Le dix-neuvième siècle n'aura donc créé aucun style, ne donnera naissance à aucun art monumental qui lui soit propre.
257. Monuments «lu preuiîei» Empire* — Durant les premières années de l'Empire, des travaux d'édilité furent seuls exécutés à Paris : des ponts, des égouts, des fontaines publiques, enfin les trois grands cimetières de Montmartre, du Père-Lachaise et de Montparnasse. Mais, en 1806, Napoléon décida d'ériger à Paris des monuments de sa gloire et alors s'élevèrent : l'Arc de Triomphe du Carrousel, l'Arc de Triomphe de l'Étoile, et la colonne Vendôme dont nous avons déjà parlé.
L'Arc de Triomphe du Carrousel se dressa devant la demeure impériale desTuileries; un char romain, auquel étaient attelés les quatre chevaux de bronze doré de Saint-Marc de Venise, conduits par la Victoire et la Paix, le surmontait. Rendu à Venise, après 1815, ce groupe fut remplacé par celui qui y figure actuellement.
L'Arc de Triomphe de l'Étoile, élevé à la gloire de la Grande-Armée, eut pour architecte Chalgrin, qui en dirigea les travaux jusqu'à sa mort, en 1811. La Restauration eut l'idée de continuer le monument en l'honneur des victoires du duc d'Angoulême, et la construction s'éleva jusqu'à l'entablement. Enfin, en 1832, Louis-Philippe chargea Abel Blouet de le terminer tel qu'il avait été projeté. L'Arc dé Triomphe, si imposant dans sa grande simplicité de lignes, est le monument le plus colossal de ce genre; sa hauteur est de 49 mètres; les figures des quatre
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grands groupes qui décorent les façades ont près de 6 mètres de hauteur.
Dans la même année 1806, Napoléon décida qu'un Temple de la Gloire serait élevé, portant à son fronton l'inscription : « L'Empereur Napoléon aux
Fio. 107.— Hôtel construit sous le premier Empire. Sous le premier Empire, comme sous Louis XVI, les constructions se rapprochent du style grec, mais elles n'en ont en général ni la légèreté ni l'élégance, et se font remarquer par des colonnes massives et des façades dépourvues de grâces
soldats de la Grande-Armée. » On songea pour cette destination à l'église de la Madeleine, dont la construction, commencée en 1764, n'avançait que fort lentement. L'architecte Vignon fut chargé des plans; mais, sous la Restauration, l'idée du Temple de la Gloire fut ahandonnéc. et la Madeleine est restée
une église. Cependant son aspect se ressent du projet de Napoléon Ier et l'édifice ressemble beaucoup plus à un temple grec qu'à une église catholique.
La façade du Palais du Corps législatif fut élevée en 1807, lorsque l'Empereur eut choisi l'ancien Palais-Bourbon pour le lieu des séances du Corps législatif. Ce palais avait été construit en 1722, sur
des terrains dépendant du Préaux-Clercs, par la duchesse de Bourbon, qui habitait alors l'hôtel de Condé, situé près du Luxembourg, à la place du théâtre de l'Odéon. Confisqué comme propriété nationale, il devint, sous la Convention, la « maison de la Révolution. » Sous le Directoire, le conseil des Cinq- Cents y tint ses séances . Rendu au prince de Condé à la Restauration, ce palais fut racheté par l'État en 1827. La salle actuelle des séances fut construite en 1832.
En 1808, Napoléon ordonna la construction de la Bourse sur les terrains de l'ancien couvent des Filles-Sain t-Thoinas.
Fio. 108. — Cette maison datait également du premier Empire et. quoique plus modeste, était construite dans le même style que la précédente. Elle était située à l'angle delà place du Chàtelet et du quai. Elle a disparu lors de la tranformation de la place.
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Avant cette époque, les négociants se réunissaient, pour discuter de leurs affaires, rue Vivienne, à l'hôtel de Nevers, qui avait fait partie de l'ancienne demeure du cardinal Mazarin. Ce fut l'architecte Brongniart qui donna les plans de la Bourse, et, suivant la mode du temps, il éleva une sorte de temple grec assez peu élégant.
La même année 1808. fut commencée la Halle aux Vins, sur l'emplacement d'une partie de l'ancienne ahbaye Saint-Victor.
En 1810, furent construits les cinq grands abattoirs, près du mur d'enceinte de la ville ; en 1867, ils ont été remplacés par l'abattoir général de laViflette.