LE PETIT CHAPERON KOUGB
Il était une fois une petite fille de village, la plus jolie du monde : sa mère en était folle, et sa mèregrand plus folle encore. On lui fit un petit chaperon rouge : il lui allait à merveille. Pour cela elle fut appelée le Petit Chaperon Rouge.
Un jour sa mère fit des galettes. Quand elles furent cuites, elle lui dit : " Va voir comment se porte ta mère-grand, et porte-lui une galette, et ce petit pot de beurre."
Le Petit Chaperon Rouge part aussitôt pour aller chez sa mère-grand qui demeurait dans un autre village. En passant dans un bois, elle rencontre compère le Loup, qui eut grand désir de la manger ; mais il n'osa, car il vit des bûcherons dans la foret. Il lui demande où elle va. La pauvre enfant ne savait pas qu'il est dangereux de s'arrêter à écouter les loups. Elle lui dit : " Je vais voir ma mère-grand, et lui porter une galette avec un pot de beurre que ma
mère lui envoie. — Demeure-t-elle bien loin ? lui dit le Loup. — Oh ! oui, rapond le Petit Chaperon Rouge ; c'est par delà le moulin que vous voyez tout là-bas, là-bas, à la première maison du village. — Eh bien! dit le Loup, je veux l'aller voir aussi ; je prends ce chemin-ci, toi prends ce chemin-là, et nous verrons à qui plus tôt y sera."
Cest fini. Nous allons corriger les planches. Changez de planche, mes amis. Prenez vos livres et corrigez la planche de votre voisin. Regardez bien comment chaque mot est épelé. Soyez attentifs aussi à la ponctuation. Je vous ai donné les ponctuations en dictant: la virgule, le point-virgule, les deuxpoints, le point, le signe exclamatif et le signe interrogatif. Remarquez aussi les guillemets : je vous ai dit quand il fallait ouvrir les guillemets et les fermer. Soulignez toutes les fautes et ne perdez pas de vue les accents. Ils sont importants en français. Combien d'accents y a-t-il, Louis ? — Il y en a trois, monsieur. — Nomme-les. — L'accent aigu qui va de droite à gauche, l'accent grave qui va de gauche à droite, et l'accent circonflexe. — C'est bien. Corrigez donc, soulignez toutes les fautes et puis comptezles, et marquez-en le total sous la dictée.
Henri, tu as passé deux fautes sur la planche que tu corriges. — Non. — Si : à la troisième ligne il y a une faute. — Je ne la vois pas. — Regarde bien: ne faut-il pas un trait d'union au mot mère-grand entre mère et grand? — Yous avez raison, monsieur: j'ai tiré cette petite ligne sur ma planche. Mais je ne vois pas la seconde faute. — Comment écrit-on
galette? — Il faut deux et Henriette n'en a écrit qu'un seul. — Sois plus attentif à l'avenir, mon ami.
Eh bien ! qui a le moins de fautes ? — C'est Marie : elle en a trois seulement. — Je te félicite, chère amie. Combien en as-tu, Charles ? — J'en ai sept. J'ai omis quatre virgules et je n'ai pas ferme les guillemets après jyot de beurre. Puis j'ai oublié de mettre un accent circonflexe sur Vô de aussitôt. — Cela fait six fautes.
— J'ai en outre écrit appelait avec denx l. — Le verbe appeler a quelquefois deux cher ami. — Quand, monsieur? — Quand la lettre l est suivie de e muet, elle se double. Ainsi on (ÎQxit f appelle Qt f appellerai avec deux l. En dehors de ce cas le verbe appeler a un seul l.
Comprenez-vous la dictée, mes amis ? — Parfaitement, car no LIS connaissons l'histoire du Petit Chaperon Rouge par cœur ; on nous l'a racontée en anglais quand nous étions tout petits. — Et vous devinez en français les mots que vous ignorez. — Oui, c'est facile. Mais l'histoire n'est pas finie, monsieur. Dites-nous-la. — Essayez de la dire vous-mêmes. Je vous aiderai. Voulez-vous que je vous interroge ? — • Oui.
Qui arriva le plus tôt à la maison de la mère-grand ?
— Ce fut le Loup. — Parce qu'il a quatre jambes pour courir. — Oui, et parce que la petite fille prit le chemin le plus long. — Elle n'était pas pressée ? — Non,, monsieur : elle s'amusa en chemin, elle cueillit des fruits. Nous io^norons le nom de ces fruits. —
— C'étaient des noisettes, de petites noix. Les noisettes croissent sur les noisetiers. — Et les noix ? —
Les noyers portent les noix. — Le Petit Chaperon Ronge s'amnsa aussi à courir après les papillons, et elle fit de jolis bouquets de fleurs sauvages. — Oui, la pauvre enfant voulait porter à sa grand'mère le sourire du printemps et des fleurs pour la distraire de ses souffrances. — Hélas ! elle ne trouvera plus la vieille femme. — Continuez l'histoire.
Quand le Loup arriva, il frappa à la porte : toc, toc, toc. . . . — " Qui est là ? — C'est votre fille, le Petit Chaperon Rouge, qui vous apporte une galette et un petit pot de beurre que ma màre vous envoie."
Ne reconnut-elle pas la voix du Loup ? — Non, il contrefit sa voix, il prit la douce et caressante voix de la petite fille. La mère-grand cria : Tire la chevillette, la bobinette cherra." Et la porte s'ouvrit. — Et puis ? — Compère le Loup dévora la bonne femme. — Et puis ? — Il ferma la porte, se coucha dans le lit et attendit le Petit Chaperon Rouge. — Elle vint bientôt? — Oui, écoutez! elle heurte à la porte. Toc, toc.
" Qui est là ? "
La voix du Loup était bien grosse, n'est-ce pas ? — Oui, l'enfant eut peur, hésita un moment, mais elle se dit: Ma mère-grand est enrhumée, et répondit: " Je suis votre fille, le Petit Chaperon Rouge."
Elle entra, mit la galette et le beurre sur la huche et alla se coucher près de compère le Loup.
Ne reconnut-elle pas le brigand ? — Elle fut étonnée. — Que dit-elle ? — " Ma mère-grand, que vous avez de grands bras!" — Que répond le Loup? —
C'est pour mieux t'embrasser, mon enfant." — Continue, Louise.
" Ma môre-grancl, que vous avez de grandes jambes !
— C'est pour mieux courir, mon enfant.
— Ma màre-grand, que vous avez de grandes oreilles î
— C'est pour mieux écouter, mon enfant.
— Ma mère-grand, que vous avez de grands yeux !
— C'est pour mieux voir, mon enfant.
— Ma mère-grand, que vous avez de grandes dents !
— C'est pour mieux te manger, mon enfant.
Mangea-t-il le Petit Chaperon Eouge? — Il la mangea.
Quelle est la morale du conte? — Les petites filles ne doivent pas se fier au Loup. — Non, jamais, chères amies : quand vous irez voir votre grand' mère, ne le dites pas au Loup, ne lui dites pas que vous avez dans votre panier une galette et un pot de beurre, ne lui dites pas où vous allez si vous le rencontrez sur votre route. — Non, monsieur, nous nous enfuirons si nous voyons le Loup. — Vous avez raison, et courez vite ; ne vous amusez ni aux papillons, ni aux noisettes, ni aux fleurs ; courez vite, petites filles, courez, courez, car s'il vous attrape, il vous croquera.
PETITES CAUSEKIES.