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LA PITIÉ

AVEZ-VOUS des observations à présenter sur notre dernière leçon. — Non, si ce n’est que nous avons parlé ensemble de la Petite Fadette, et des insectes. — Vous m’avez dit que vous admiriez la jeune fille. —

WU, et nous avons pris la résolution de l’imiter.

Nor -seulement nous serons bons pour les snimaux qui nous servent, les chiens, les chevaux, les bœufñs, ies ânes, mais nous ne maltraiterons pas les plus petites et les moins belles créatures de Dieu. C’est une barbarie d’arracher les ailes ou les pattes aux mouches, et de piquer les papillons à une feuille de papier. — Vous avez raison, chers amis, d’ouvrir vos cœurs à la pitié. Vous parlez de papillons. Cela me rappelle un trait qui fait honneur à l’illustre peintre, Antoine Gros. — Dites-nous-le. — Ce trait est cité par Jules Michelet dans son beau livre intitulé L'Insecte. Le voici.

L'artiste vit un jour entrer dans son atelier un de ses élèves qui avait piqué à son chapeau un superbe papillon. L'’insecte ailé n’était pas mort et se débattait vivement. — Le peintre fut indigné ? — Comme tu l’eusses été, n’est-ce pas, George ? — Je vous remercie pour la bonne idée que vous avez de mon cœur, monsieur. Je dois aux lecons de ma mère la pitié que j'ai pour tous les animaux. Je rirais du Roi si je voyais son nez dans les pattes du Milan, mais je ne puis pas voir souffrir un moucheron sans souffrir moi-même. — Tu es un brave garçon, ami. — Si j'avais été à la place de Gros, j'aurais chassé le bourreau du papillon. — Il fut chassé.

‘6 Quoi: malheureux, dit l’artiste, voilà le sentiment que vous avez des belles choses ! vous trouvez une créature charmante, et vous ne savez en rien faire que de la crucifier et la tuer barbarement! . .. Sortez d'ici, n’y rentrez plus! ne reparaissez iamais

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