‹ Petites causeriesChapitre 6 sur 56 · LES BRAS · texte numérisé non relu

LES BRAS

VorcÀ les bras. Voilà les épaules. Les mains sont à l’extrémité des bras. Et les épaules ? — Les épaules aussi. — Oui: les mains sont à l'extrémité inférieure et les épaules à l’extrémité supérieure.

Je montre le coude, le poignet. — Où est le coude, monsieur ? — Voilà ! il est au milieu du bras. Lèvetoi, Henri. Valà. Où es-tu ? — Je suis debout au milieu de Ia classe. — Retourne à ta place et assiedstoi. . . . C’est bien: te voilà entre tes deux voisins. Où est le poignet ? — Il est entre la main et le bras. — Oui: il attache la main au bras.

Regardez ma maïn. Voilà la peau, les veines. Y a-t-il des veines dans les bras ? — Oui, beaucoup. — Où est la peau ? — Sur les mains et les bras. — Oui, et sur tout le corps. — Où est le corps, monsieur ? — Tu es distraite, Louise. Je montre le cerps. Qu’est-

ce qui est sous la peau ? — Nous ne savons pas. — La chair est sous la peau, et les os sont sous la chair.

Regardez le corbeau et le renard. Ont-ils une peau, de la chair, des os, des veines? Ont-ils des bras, des mains et des doigts?— Non, monsieur, ils n’ont ni bras, ni mains, ni doigts — Non: mais le corbeau à des ailes, et le renard a quatre pattes. Voilà les pattes. Je montre les ailes et les plumes. Où sont les plumes, Marie ? — Elles sont sur les ailes et sur le corps. — Le corbeau a des ailes, le canari aussi. Ils volent. Les oiseaux volent. Peux-tu voler, François ? — Non. — Certes, non: voler est le privilége des oiseaux et des insectes ailés.

Mais nous avons aussi nos avantages, n'est-ce pas, mes amis? Nous avons nos bras et nos mains. Les garçons et les filles, les hommes et les femmes peuvent faire beaucoup de choses avec les bras et les mains. — Je ne comprends pas hommes et femmes, monsieur. — Eh bien! George, suis-je un petit garçon ? — Non. — Non: je suis un homme. Lève-toi, levez-vous tous ; venez ici à la fenêtre ; regardez là-bas, dans la rue: voilà trois femmes. (Comprenez-vous le mot femmes ? — Oui.-— Ont-elles des bras ? — Oui, certes.

Je continue. Avecles bras nousportons. Voyez: je lève et je porte le fauteuil près de la fenêtre de gauche ; je reporte le fauteuil à sa place près de la table. Je pousse le fauteuil près du mur. Voilà le mur. Voyez-vous le poing ? — Oui. — Du poing je frappe sur la porte. Mes chers amis, ne frappez pas vos camarades ; ne frappez jamais les petites filles :

elles sont plus faibles que vous, et toujours gentil'es, 1’est-ce pas ?

Auguste, viens ici. Prends le livre. Mets le livre sous ton bras ; sur la table ; sur ton épaule. Donnemoi le livre ; reprends le livre ; passe le livre à Louis ; reprends le livre ; remets le livre sur la table. Prends le crayon. Je prends le canif. Imite-moi. Je jette le canif sur le tapis. Voïlàle tapis. Imite-moi. Que fais-tu ? — Je jette le crayon sur le tapis. — Je ramasse le canif. Que fais-tu ? — Je ramasse le crayon. — Je jette le canif en l'air. Jette le crayon en l’air. Jeanne, que fait Auguste ? — Il jette le crayon en l'air. — Oui, il jette le crayon en l’air, et le crayon tombe sur le tapis. Je jette le canif à Charles. Attrape, mon ami. Rends-moi le canif. Jette le crayon en l’air, Auguste, et attrape. Attrapes-tu le crayon ? — Oui. — Jette le crayon à Paul. Que fais-tu, Paul ? — J'attrape le crayon. — As-tu le crayon ? — Oui. — Où ? — Dans ma main. — Jette-le-moi. . . Bien. Je l’attrape et je.le remets sur la table, et le canif aussi. Retourne à ta place, Auguste.

Voyez-vous le tapis ? Y a-t-il quelque chose sous le tapis? — Oui. — Quoi? Es-tu sous le tapis, George ? — Non, certes : je suis sur la chaise, et la chaise est sur le tapis. — C’est bien: le plancher est sous le tapis. Voyez-vous le plancher, mes amis ? — Non.-— Non: le plancher est caché sous le tapis. Voilà le livre devant moi. Voyez-vous le livre ? — Oui. —Voyez-vous encore le livre ? — Non. — Pourquoi ? — Il est caché. — Oui, il est caché derrière la table. Le voilà ! il est devant moi et devant vous.

Je mets le livre dans ma poche. Le voyez-vous ? — Non. — Pourquoi? — Parce qu'il est caché dans . votre poche.

Ouvre les bras, Hortense. Prends Eugénie dans tes bras. (C’est bien: tu embrasses Eugénie. Aimestu Eugénie ? — Oæ, monsieur, beaucoup.

La lecon est terminée. Nous aurons la ‘ête demain, Voilà la tête! Adieu, chers amis.

LA TÊTE. ù

MONTRE la tête, Charles. Où est la tête ? — Elle est à l'extrémité supérieure du corps. — Où sont les pieds? Où sont les mains?

Voilà la figure. Voilà les cheveux. Où sont-ils ? Voilà le front. Soyez attentifs: j'interroge et je . montre ; je gesticule. Où est le nez? Où sont les yeux? Où est la bouche? Où est le menton ?

Voyez-vous les joues? Où sont les dents? Où est. la langue? Répondez. Vous avez une langue, n’estce pas? Nous parlons avec la langue ; nous parlons français; nous ne parlons pas anglais ici. L’anglais est-il prohibé ici ? — Oui, monsieur.

Regardez ces animaux. Voilà un cheval; voilà un chien. Sont-ils sauvages ou domestiques? Et le tigre? Et le lion? Et le renard? Et le pigeon ?

Le cheval et le chien sont-ils utiles? Et le tigre ? Que préférez-vous, le tigre ou le cheval? Le tigre est-il fort, dangereux, terrible, féroce, cruel? Et le chien ?

Les animaux ont-ils une tête? Ont-ils des yeux, un front, un nez, une langue? Parlent-ils? Sontils intelligents? Le chien n’est-il pas intelligent ?

Le chien et le cheval ont-ils des cheveux ? . — Oui. — Non, mon ami. Voilà les cheveux. Ils sont sur la tête de l’homme. Les animaux ont des poils, l’homme aussi: voilà des poils sur ma main. Voilà des poils: ce sont les sourcils. Et voilà des poils: ce sont les cils. La barbe est aussi formée de poils. As-tu de la barbe, George?—Oh! non, monsieur. — Non: tu es trop petit, trop jeune. Quel âge as-tu? — J'ai onze ans. — Désires-tu avoir de la barbe, Marie ? — Certes, non: les filles n’ont pas de barbe. — Non : elles ont de longs cheveux, une belle et riche chevelure. Voyez la chevelure blonde de Caroline: comme elle est longue! elle descend plus bas que les épaules. Combien de cheveux as-tu, petite fille ? — Beaucoup, beaucoup : je ne peux pas les compter. — As-tu les cheveux longs, Charles ? — Non: j'ai les cheveux courts.

Les cheveux sont longs ou courts, raides ou souples, gros ou fins. Ont-ils tous la même couleur ? — Non. …— Il y a une grande variété de couleurs. Marie a la chevelure noire, Caroline l’a blonde, Hortense l’a brune. En voilà une châtaine. Tu as les cheveux roux, Henri. Ton grand-papa a les cheveux blancs. Voilà du papier blanc. Les vieillards ont les cheveux

blancs. Ton grand-papa est un vieillard et ta grand’ maman une vieille dame.

Respectes-tu ton grand-papa et ta grand'maman ? — Oui, monsieur. — Respectes-tu les vieillards ? — Oui, je respecte les vieillards. — Ton grand-papa estil respectable ? — Très-respectable. — Mes amis, le sentiment du respect est un noble sentiment. Soyez toujours respectueux pour les vieillards, pour vos parents, pour les grandes personnes. (Comprenezvous ? — Oui, parfaitement.

Viens ici, Louis. Allons dans cette chambre.

C’est le vestiaire. Prends cet objet. Reviens dans la salle de classe. Montre l’objet. C’est la casquette de Louis. Où mets-tu la casquette, cher ami ? —Sur ma tête. — Mets-la . . . Bien: tu es couvert. Otela. Es-tu couvert ? — Non. — Tu es découvert, tu es tête nue. Nous sommes tête nue ici, à l’intérieur. À l'extérieur, nous sommes couverts. Les petites filles sont en cheveux ici. Tu n’es pas en cheveux, George: tu es découvert.

Désirez-vous que je vous raconte une fable demain ? — Oui, oui, monsieur. — Je vous promets de vous en dire une très-amusante, si vous êtes tous

présents.

en français. —J’ai ici sur ma table des tableaux. Soyez attentifs. Voilà un bœuf, un mouton, un veau. Voilà un poisson. Voilà une nomme, une poire, une pêche, un abricot, uns prune, une cerise, une fraise, une framboise et une mûre. Voilà des petites groseilles. Voilà une pomme de terre et un chou. Voilà des petits pois. Aimes-tu les chous, Paul ? — Non: j'aime les pois.

Que mangeons-nous? Mangeons-nous du bœuf?

— Oui.— Du mouton, du veau, du porc? Mangestu des fruits, mon amie, des pêches, des poires ? Aimes-tu les fruits? Quel fruit préfères-tu ? — Je préfère la pêche. — Et toi, Louis?— Je préfère la poire. — Manges-tu des pommes de terre au déjeuner ? — Oui. — Au souper ? — Non.

Que buvons-nous au déjeuner? Bois-tu du café ou du thé, Henriette ? — Non. — Tu ne bois ni café, ni thé, ni vin, ni bière. Tu bois de l’eau. L'eau est la principale boisson. Les rats boivent aussi de l’eau, n'est-ce pas? — Oui, monsieur. — Les Allemands boivent de la bière et les Français du vin.

coutez la fable des rats.

Un Rat de ville invite à dîner un Rat des champs. L'invitation est acceptée. Le jour de la fête arrive. L’hôte a préparé un grand diner. Il a mis la table sur un riche tapis de Turquie. Quel luxe, mes amis ! Le campagnard est dans la joie. Voilà les deux camarades assis au festin. Ils mangent avec bon appétit et grande félicité des amandes, des raisins, du sucre . . . Mais écoutez! la porte s'ouvre . . . nos

rats disparaissent. Cependant le bruit a cessé ; le silence règne ; les camarades reviennent. ‘* Achevons notre festin, dit le citadin. — Non, non, réplique le rustique. Je pars: adieu! Venez à la campagne. J’ai une pauvre table : des noix et du fromage de Hollande. Voilà tout. Mais nul bruit ne vient m'interrompre et je mange à loisir.” Sans tranquillité pas de plaisir.

Le Rat des champs a-t-il raison ? — Il a raison. — Avons-nous tort de préférer la simplicité tranquille au luxe inquiet ? — Nous n'avons pas tort. — L'’inquiétude ne gâte-t-elle pas les plus doux plaisirs ? — Si, je pense, mais je ne comprends pas gâte. — Regardez ce livre-ci: il est beau, n'est-ce pas ? — Oui. — Regardez celui-là: est-il beau, en bon état ? — Non, monsieur. — Au contraire, mon ami: il est gâté. L’inquiétude gâte-t-elle les plaisirs ? — Oui. — Préférez-vous les plaisirs du Rat des champs, ou ceux du Rat de ville ? — Nous préférons les plaisirs du Rat des champs.— Pourquoi ? . ... Vous ne savez pas? Sont-ils gâtés par l'inquiétude ? — Non. — Et les plaisirs du Rat de ville? — Ils sont gâtés. — Eh bien ! nous préférons les plaisirs du Rat des champs parce qu'ils sont tranquilles, parce qu'ils ne sont pas gâtés par l'inquiétude. Comprenez-vous ? — Oui. — Je finis la lecon. Nous parlerons demain de Ia salle de classe.

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