‹ Petites causeries: suivies de devoirs et traductions pour les classesChapitre 22 sur 48 · LB PETIT OHAPEBOK BOUGE · texte numérisé non relu

LB PETIT OHAPEBOK BOUGE

n était une fois ime petite fille de ville^e, la pluâ jolie du monde : sa mère en était folle, et sa mèregrand plus folle encore. On lui fit un petit chaperon rouge : il lui allait à merveille. Pour cela elle fut appelée le Petit Chaperon Rouge.

Un jour sa mère fit des galettes. Quand elles furent cuites, elle lui dit: "Va voir comment se porte ta mère-grand, et porte-lui une galette, et ce petit pot de beurre."

Le Petit Chaperon Rouge part aussitôt pour aller chez sa mère-grand qui demeurait dans un autre village. En passant dans un bois, elle rencontre cornpère le Loup, qui eut grand désir de la manger ; mais il n'osa,^ car il vit des bûcherons dans la forêt.W'Il lui demande où eUp va. La pauvre enfant ne savait pas qu'il est dangereux de s'arrêter à écouter les lt>up8. EUle lui dit: "Je vais voir ma mère-grand, et lui^ porter une galette avec un pot de beurre que ma

PETITES CAUSBBIES. 88.

mare lui envoie. — Deipeure-t-elle' bien loin ? lui dit le Loup. : — Oh I oui, répond le Petit Chaperon Rouge ; c'est par delà le moulin que vous voyez tout là-bas, là-bas, à la première maison du village. -^^^^ bien I. dit le Loup, je veux l'aller voir aussi ; je. prends ce, chemin-ci,- toi prends ce bhemin-là, et nous verrons à qui plus tôt j sgjra.'yL

C'est fini. Nous allons corriger les planches. Changez de planche, mes amis. Prenez vos livres et corrigez la planche de votre voisin. Regardez bien comment chaque mot est épelé. Soyez attentifs aussi à la ponctuation. Je vous ai donné les ponctuations en dictant: la virgule, le point-virgule, les douxpoints, le point, le signe exclamatif et le signe interrogatif. Remarquez aussi les guillemets: je vous ai dit quand il fallait ouvrir les guUlemets et les fermer. Soulignez toutes les fautes et ne perdez pas de vue les accents. Ils sont importants en français. Combien d'accents y a-t-il, Louis ? — Il y en a trois, monsieur. — Nomme-les. — L'accent aigu qui va de droite à gauche, Taccent grave qui va de gauche à droite, et l'accent circonflexe. — C'est bien. Corrigez donc, soulignez toutes les fautes et puis comptezles, et marquez-en le total sous la dictée.

Heiiri, tu as passé deux fautes sur la planche que tu corriges. — Non. — Si : à la troisième ligne il y a une faute. — Je ne la vois pas. — Regarde bien: ne faut-il pas im trait d'union au mot mère-grand entre mère et grand? — Vous avez raison, monsieur: j'ai tii^ cette petite ligne sur ma planche. Mais je ne vois pas la seconde faute. — , Comment écrit-on

galette f — H faut deux f, et Henriette n'en a écrit qu'un seul. — Sois plus attentif à l'avenir, mon ami.

Eh bien I qui a le moins de fautes ? — C'est Marie : elle en a trois seulement. — Je te félicite, chère amie. Combien en as-tu, Charles ? — J'en ai sept. J'ai omis quatre virgules et je n'ai pas fermé les guillemets après pot de beurre. Puis j'ai oublié de mettre un accent circonflexe sur 1'^ de aussitôt. — Cela fait six fautes.

— J'ai en outre écrit appelait avec deux l. — Le verbe appeler a quelquefois deux 2, cher ami. — Quand, monsieur? — Quand la lettre l est suivie de e muet, elle se double. Ainsi on éGntf appelle et Rappellerai avec deux L En dehors de ce cas le verbe appeler a une seule L

Comprenez-vous la dictée, mes amis? — Parfaitement, car nous connaissons l'histoire du Petit Chaperon Rouge par cœur : on nous Ta racontée en anglais quand nous étions tout petits. — Et vous devinez en français les mots que vous ignorez. — Oui, c'est facile. Mais l'histoire n'est pas finie, monsieur. Dites-nous-la. — Essayez de la dire vous-mêmes. Je vous aiderai. Voulez-vous que je vous interroge ? — Oui.

Qui arriva le plus tôt à la maison de la mère-grand ?

— Ce fut le Loup. — Parce qu'il a quatre jambes pour courir. — Oui, et parce que la petite fille prit le chemin le plus long. — Elle n'était pas pressée? — Non, monsieur : elle s'amusa en chemin, elle cueillit des fruits. Nous ignorons le nom de ces fruits. ^«

— C'étaient des noisettes, de petites noix. Les noisettes croissent sur les noisetiers. — Et les noix? —

PETITES CAU8EBIES. 85

Les noyers portent les noix. — Le Petit Chaperon Ronge s'amnsa aussi à courir après les papillons, et elle fit de jolis bouquets de fleurs sauvages. — Oui, la pauvre enfant voulait porter à sa grand'mère le sourire du printemps et des fleurs pour la distraire de ses souffrances. — Hélas I elle ne trouvera plus la vieille femme. — Continuez l'histoire. •

Quand le Loup arriva, il frappa ^ la porte : toc, toc, toc. ... — " Qui est là ? — C'est votre fille, le Petit Chaperon Rouge, qui vous apporte une galette et un petit pot de beurre que ma mère vous envoie."

Ne reconnut-elle pas la voix du Loup ? — Non, il contrefit sa voix, il prit la douce et caressante voix de la petite fille. La mère-grand cria : " Tire la chevillette, la bobine tte cherra." Et la porte s'ouvrit. — Et puis ? — Compère le Loup dévora la bonne femme. — Et puis ? — Il ferma la porté, se coucha dans le lit et attendit le Petit Chaperon Rouge. — EUe vint bientôt? — Oui, écoutez I elle heurte à la porte. Toc, toc.

"Qui est là ^

La voix du Loup était bien grosse, niest-ce pas ? — Oui, l'enfant çut peur,'hésita un momSSÏTînaîs elle se dit: Ma mère-gran^ eSt enrhumée^ et répondit: •' Je suis votre filfe, le Petit Chaperon Rouge."

Elle entra, nût la galette et le beurre sur la huche et alla se coucher prés de compère le Loup.

Nei rec onnufcgjle/ pa^ le brigand? — Elle fut éton née. -—f Que dit-ellej? — " Ma mère-grand, que voué avez dergKtndnSras I " — Que répond le Loup ? — " C'est pour mieux t'embrasser,tmon enfant// — Continue, Louise. V ^-

86 PETITES CAUSEHIBS.

^* Ma mfire-graxM^ que vous ayez de ^ndei jambes !

— C'est pour iniei& courir, mon enfant.

— Ijla mère-grand, q*iô ijous^ J^vez J^e grandes oreilles I ' .

— C'est pour mieux écouter, mon enfant.

— Ma mère-grand, que vous avez de grands yeux I

— C'est pour mieux voir, mon enfant.

— Ma mère-grand, que vous avez de grandes dents I

— C'est pour mieux te manger, mon enfant.

Mangea-t-il le Petit Chaperon Rouge? — Il la mangea.

Quelle est la morale çLu conte ? — Vl^es ^petites^^Ufia^ ue doivent pas se fier au Loup^ — Non, jamais, chères amies r quand vous irez voir votre grand' mère, ne le dites pas au Loup, ne lui dites pas qiie vous avez dans votre panier une galette et un pot de beurre, ne lui dites pas où vous allez si vous le ren< contrez sur votre route. — Non, monsieur, nous nous enfuirons si nous voyons le Loup. — Vous avez raison, et courez vite ; ne vous amusez ni aux papillons, ni aux noisettes, ni aux fleurs ; courez, vite, petites filles, courez, courez, car s'il vous attrape, il vous croquera^

PETITES GAUSEBIES. 87

Page 1