‹ Petites et grandes misèresChapitre 26 sur 63 · TEINTURE TONIQUE DITE DE LA SŒUR DE CHARITE · texte numérisé non relu

TEINTURE TONIQUE DITE DE LA SŒUR DE CHARITE

Prenez ;

Racine d’angélique , j

Racine de calamus aromaticus (de la I de chaque

Jamaïque, si on peut en avoir), \ 32

Racine de grande année {inula campana) l grammes.

Racine de gentiane, )

Mettez macérer dans un litre d’eau-de-vie de genièvre pendant trois ou quatre jours ; puis tirez à clair la liqueur, qui peut se conserver pendant de longues années dans les flacons bien bouchés et placés dans un endroit sec.

La dose de cette teinture est d’un verre à liqueur pour un adulte-, et, si la réaction ne se fait pas sentir au bout d’une demi-heure, on en donne une seconde dose.

Puis on fait boire pour tisane, par petites tasses, de demi-heure en demi-heure, une infusion de sept ou huit feuilles de sauge dans un demi-litre d’eau.

Si le malade est très-altéré, on peut alterner cette tisane avec quelques tasses d’eau d’orge.

POTION ÉTHÉRÉE et LAUDANISÉE.

(Médicament indien.)

Prenez :

Éther sulfurique. 8 grammes.

Laudanum de Sydenham , 2

Sirop diacode, ~

Eau de menthe. 90 —

DU CHOLÉRA

Mêlez et faites prendre par cuillerées tous les quarts d’heure d’abord, toutes les demi-heures, puis toutes les heures.

« En administrant cette potion, dit le docteur Beauregard dont nous avons parlé, j ai grand soin de recou rir aux moyens accessoires dont l expérience a démontre l’efficacité; ainsi, je fais boire au malade une infusion chaude de thé ou de menthe poivrée, additionnée d’une demi-cuillerée à café d’eau-de-vie par tasse ; je fai& envelopper les cholériques à nu dans des couvertures de laine, entourées de bouteilles de grès pleines d’eau bouillante, surtout vers les extrémités inférieures ; j’applique sur l’estomac des cataplasmes de cendre chaude, ou mieux de farine de lin et de vinaigre. Je défends 1 affluence des visiteurs près du malade. »

PERLES d’éther.

Les bienfaits du médicament que nous venons de formuler proviennent évidemment de deux des substances principales, de l’éther d’abord, qui s’y trouve en trèsgrande proportion, et du laudanum. Or, nous avons maintenant dans nos pharmacies un moyen d’administrer l’éther qui m’a paru fort rationnel et que j’ai trouvé fort commode : ce sont des petites boules gélatineuses dans lesquelles on introduit l’éther, et au moyen desquelles on peut faire arriver l’éther dans l’estomac sans le perdre dans la bouche, sans en imprégner préalablement le gosier. Je pense qu’en cas de choléra ces perles d’éther pourront rendre de grands

services.

Mon très-honorable confrère M. le docteur Clertan a bien voulu mettre à ma disposition un certain nombre de flacons renfermant les perles en question. Je les ai distribués à des indigents ; j’en ai approvisionné plusieurs couvents, et vraiment elles ont fait merveille. Cependant il est bon de n’en pas faire abus , car l’éther pris ainsi en trop grande quantité finirait par éthériser.

Encore une fois, gare aux excès. Relevons l’arbre qui penche, mais gardons-nous bien de le faire tomber du côté opposé.

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