‹ Petites et grandes misèresChapitre 54 sur 63 · XIV. — Calino niorni · texte numérisé non relu

XIV. — Calino niorni

Puisque les passions ardentes , après avoir frappé sur la tête et sur le cœur, retentissent sur les entrailles,

LA CONSTIPATION DÉTRUITE

quiconque s’alarme de ses constipations opiniâtres doit reclierciier une vie tranquille et mettre à la porte tous les sentiments trop émouvants.

Arrière l’envie! A bas l’ambition ! Au loin la mélancolie ridicule et les tristesses déraisonnables !

Certainement ce n’est point chez le pharmacien que l’on trouvera les drogues nécessaires pour guérir toutes ces infirmités. Mais on les découvrira dans une l’eligieuse philosophie et dans une précieuse résignation.

'XV. — VOtement.4 convenables et précautions spéciales.

J’ai longuement traité, dans mon Cours d’ Hygiène populaire, toute la grande question de l’habillement; j’ai démontré dans plusieurs autres circonstances, à propos du choléra, par exemple, combien les vêtements de laine étaient préférables aux vêtements de lin ou de coton ; combien la couleur blanche était plus en état de rendre des services que la couleur noire , ou toutes les couleurs bariolées de l’arc-en-ciel. J’ai même consacré plusieurs grandes pages à faire valoir les services rendus par les gilets de flanelle et par les bas de laine.

Fortifions-nous le mieux possible contre les attaques incessantes des vicissitudes atmosphériques , autrement gare à la répercussion qui s’effectue sur les entrailles! Les refroidissements des pieds, delà tête et du cou, nous exposent sans cesse à l’irritation intestinale qui produit les interminables constipations.

Mais il est une précaution toute particulière, que je crois utile de recommander à toutes les personnes dont les entrailles sont exagérément susceptibles. Il ne suffit point, à mon avis, de porter le classique gilet de flanelle, le bas de laine campagnard, la redingote doublée du bourgeois ou le paletot ouaté du dandy, je veux que toute

la cavité abdominale se trouve soutenue et légèrement comprimée par une large ceinture de laine douce, résistante, élastique.

— A quoi bon , puisque nous portons des gillets de flanelle?

— Croyez-moi, ces gilets, toujours plus ou moins larges, ne sont point assez hermétiquement appliqués sur la peau. La ceinture de laine, au contraire, comprimant doucement et soutenant la paroi antérieure du ventre, tenant parfaitement à l’abri la région si susceptible des lombes, autrement dit des reins, non-seulement préservera toutes ces régions contre les secousses des refroidissements , mais par la constante activité qu’elle déterminera sur les parois extérieures de la cavité abdominale , elle exercera une dérivation incessante et contrebalancera les retentissements des refroidissements généraux.

XLVI» — Ciymnafltiqne néees.sairc« — Manœuvre recommandée aux bureaucrates*

J’ai démontré ailleurs toute l’importance de la gymnastique et de la locomotion. Elle est, du reste, tellement évidente, que mes explications n’étaient pas diflâciles à faire accepter.

Oui, l’homme est mis sur là terre pour se mouvoir, et le maître du monde a pris soin d’en formuler la prescription le jour où il a dit à notre premier père : « Tu gagneras ta vie à la sueur de ton front. »

Mais je sais, aussi bien et peut-être mieux que personne, quelles sont les exigences de certaines carrières. Je sais que, si le travailleur des campagnes est contraint de se fatiguer et de prendre chaque jour un surcroît d’excrcice physique , bien des travailleurs, nécessaires aux administrations et aux gouvernements, sont con-

LA CONSTIPATION DÉTRUITE

traints, pendant la plus grande partie de la journée, d’aller siéger dans un bureau , et cela depuis le premier janvier jusqu’à la saint Sylvestre. Pour ordonner la promenade et l’exercice à tous ces gens-là, il faudrait inventer un moyen de les faire vivre sans manger, ou bien trouver une mine d’or capable de donner à chacun de ces messieurs deux ou trois mille livres de rente.

La vie sédentaire est pour un grand nombre d’individus une faute hygiénique rigoureusement obligatoire ; mais, enfin, puisqu’il est avec le ciel des accommodements, on peut bien en trouver avec les prescriptions hygiéniques . Il n’est point de bureaucrate, il n’est pas d’employé qui ne puisse trouver dans la journée une heure ou tout au moins une demi-heure pour effectuer une petite promenade au grand air, et pour faire au galop quelques instants d’exercice.

Croyez-moi, Messieurs, ne vous logez pas trop près de votre bureau, ou, si les circonstances vous y obligent, faites chaque jour une petite promenade , elle vous est aussi nécessaire que le sommeil, aussi indispensable que vos repas.

Pourquoi, d’ailleurs, rester toujours assis. Il n’est pas d’employé, obligé aux plus attachantes écritures, qui ne puisse s’organiser de façon à écrire de temps en temps debout. Je parle de ceux qui sont pris depuis le soir jusqu’au matin. Pour ceux-là, en effet, ce sera déjà une espèce d’exercice que de faire alterner la position assise et la station sur les deux pieds. Dans la position debout, les muscles du corps qui agissent ne sont plus les mêmes que dans la position plus commode, sans doute , mais plus échauffante , de la station assise que dans le repos pris sur une chaise, sur un fauteuil ou sur un tabouret.

ENGYCI.OPÉDIE DE LA SANTE,

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