‹ Petites et grandes misèresChapitre 8 sur 63 · REMÈDE DE M. LE COMTE DE LARODDE · texte numérisé non relu

REMÈDE DE M. LE COMTE DE LARODDE

Monsieur le Rédacteur,

Dans un moment où les journaux signalent tous les jours'de nouveaux cas d’hydrophobie, il serait à propos de mettre à la connaissance du public un remède simple et facile à préparer, qui fait tous les ans une infinité de cures dans le département de Saône-et-Loire, arrondissement de Louhans. Ce remède est donné par M. le comte deLarodde, et on vient le lui demander à plus de dix lieues à la ronde. 11 a cru devoir le communiquer à l’hôpital de Louhans, où il a été employé avec quelques succès.

DE LA RAGE

Prenez une poignée de rhue, une de sauge des jardins, une de trèfle blanc ; broyez ces herbes dans un mortier, ajoutez-y cinq clous de girofle pilés, et le poids d’un liard d’écorce sèche d’orange amère râpée, et enfin une poignée de sel gris marin.

Versez sur le tout un verre de vin rouge et faites infuser sur les cendres chaudes pendant douze heures.

Passez ce mélange dans un linge roux; exprimez fortement.

Ce remède se boit le matin à jeun. Ne rien prendre que trois heures après.

Le malade se tiendra debout et se promènera au moins une et deux heures.

On met sur les plaies ou morsures, en cataplasmes, le marc de ce breuvage, qu'on peut panser ainsi pendant plusieurs jours.

L’efficacité de ce remède est reconnu en Bresse ; mais il doit être pris avant le premier accès.

Veuillez agréer, Monsieur, l’assurance de ma considération distinguée,

Marquis de Batathiër Lantage.

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