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un si court espace de temps, transporté à l'endroit où je l'avais vu pendant la tempête.
Mon homme fut sauvé, et mon cauchemar... s'’évanouit. Les oscillations
lentes et sonores d'un pendule arrivèrent à mes oreilles.
Sur le cadran jauni d'une horloge séculaire, l'aiguille marquait.…......….
PRE A PE DEN .minuit moins trois...
Tout cela a-t:il été l'effet du hasard, ou de l'intervention d’un esprit ? Je n’en sais rien. Je ne suis pas prêt cependant à croire à une combinaison aussi prodigieuse qui ne trouverait sa cause nulle part. Jé m'exposerai moins encore à me perdre dans les nuageuses
Poe L'NECNEErT
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104 FANTAINIES LITTÉRAIR EN
hypothèses d'une dissertation sur le spiritisme.
Dans tous les cas, depuis cette singulière affaire... je dors bien.
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PENSÉES
Quand le souffle de l'infortune a glacé son cœur, l’homme trouve dans l’amonr et dans la musique, les régions de pur idéal, où s'oublient les heures et les ameritumes.
La vie est un abime où ne cessent de tournoyer des déceptions brülantes, des ambitions méconnues, des trahisons amères ! S'il arrive à la lumière de flot-
108 FANTAÏSIES LITTÉRAIRES
ter sur cette nuit, c'est Dieu qui l’envoie; elle s'appelle : Espérance! Elle émane de la Divinité elle-même. Vivez dans l'ordre, vous retournerez par ce rayonnement, vers les sources de l’éternelle béatitude.
En amour l'homme éprouve tant de bonheur à adorer l’objet de ses sympathies, qu’il oublie longtemps de se demander à lui-même s’il est bien payé
de retour.
Selon moi, toute la beauté tient dans l'œil. Jà se trouve le ressort principal qui fait jouer la physionomie.
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PENSÉES
agissements les plus intimes de l'âme.
L'expression du regard est plus pure, plus raffinée que le langage parlé ou Æcrit.
Essayez d'analyser la candeur ou la mélancolie du grand œil bleu qui sur vous s'ouvre limpide, vous succomberez dans la tentative.
Quand vous êtes en présence d'une femme dont le regard vous remue profondément, ne perdez pas votre temps en observations esthétiques, dites Ini ouvertement : Je vous aime! Ça vous rendra plus heureux. Ce reflet d'infinie
C’est par le regard que se glissent les
RARE dec mere
douceur qui s’'épanouit dans son œil et
vous séduit, n’est certainement pas l’expression de son indifférence.
Il est difficile que l’œil d’une femme ne la trahisse pas en face d’un observateur judicieux.
Il arrive souvent à deux personnes de s'aimer sans que jamais elles se soient rendu compte de l'espèce de plaisir qui les rapproche. Où se trouve le centre de cette mutuelle attraction ? Dans l’œil.
Certains fleuves, en roulant leurs flots tumultueux, rongent à mesure les rives dont ils sont encaissés. S'il arrive aux
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1es de soient ir qui entre l'œil.
flots rives aux
PENSÉES lil
fleurs de pousser trop au bord, le torrent les emporte, et elles s'en vont flétries, tournoyant dans l’abîme, pour ne sourdre jamais. C’est l’image du monde.
L'âme virginale qui s'épanouit trop près des séductions sociales, est bientôt entraînée par elles, et tombe dans Île vertige des passions. -
Une opinion n'obtient de valeur qu’en raison de la position sociale de celui
qui l’émet.
Elle est juste dans la tête du paria, comme dans celle du dignitaire qui l'énonce. La différence est dans le retentissement.
Dans le premier cas, elle reste en deça de la circonférence du cerveau qui l’a
112 V'ANTAISIES LITTÉRAIRFS
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vu naître. Dans l’autre elle traverse les mondes.
C'est dans la nature; les inégalités sociales sont dans l'ordre.
L'exemple est indispensable dans la société, il sert à éclairer.
Je crois qu'il n’y a rien de suave comme la prière. Elle épure l'imagination, élève l'âme, dégage le cœur de ses entraves matérielles, et met au fond de nous, le plus parfait bonheur qui se puisse atteindre ici-bas.
Le cœur de l’homme est si incliné
vers les choses de la terre, qu'il est
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PENSÉES 113
bien difficile pour ne pas dire impossible, de rencontrer des amours entières ment détachées de sensualisme.
L'amour que l’on a pour une jeune fille, diminue invariablement en raison des concessions qu’elle fait aux plaisirs.
Les poètes enveloppent le premier baiser de beaucoup de poésie ! jeunes filles! prenez garde! c’est le baiser fatal, parce qu'il est rarement le dernier. Ceux qui le suivent sont toujours plus dangereux, et le dégoût n'est jamais bien loin de la satisfaction. Après
le dégoût, c'est le mépris, et souvent la haine a le dernier mot.
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114 FANTAISIFS LITTÉRAIRES
Le secret d’un amour chaste, constant, inébranlable, c’est l’austère dignité d’attitude dans les relations.
Jeune fille, cuirassez vous contre les:
perfides insinuations de la passion.
Placez haut votre cœur, c'est-à-dire par delà l'abjecte volupté. Si jamais la fatalité dresse une rupture sur le chemin de vosillusions, il ne vous restera pas à pleurer les écarts des heurès envolées.
L'élévation du cœur vers Dieu au sein des vicissitudes qui nous assaillent, procure toujours la plus douce quiétude.
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PENSÉES
L'espérance qui sort d'une larme est une prière. La prière est un endroit rapproché de Dieu. L'amour fondé sur la prière et l'espoir en Dieu, apporte à l'homme le plus parfait bonheur qui se puisse rêver en ce monde.
Je pleure, je prie, j'espère et j'aime.
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Vous tous qui fléchissez sous le travail pénible des villes, fuyez, si vous le pouvez un temps, les brülants tourbillons de poussière qui vous aveuglent !
Parias de la multitude, prolétaires de ces grandes agglomérations étiolées que l'on appelle cités, artisans, hommes de tous les métiers, esclaves de toutes les professions, plumitifs blêmis des bureaux, désertez le pavé en feu de vos rues, et volez à la campagne, ne füt-ce que pour vingt-quatre heures!
120 FANTAISIEY LITTÉRAIRES
La campagne, c'est le séjour de tous les enchantements ; c’est le pays des resplendissants couchers de soleil et
des superbes levers de lune ; c'est le
rendez-vous des artistes aériens qui font entendre et jettent incessamment vers le ciel les harmonieuses combinaisons de leur incomparable musique; c'est l'endroit où la forêt s'épanouit mystérieuse, prêtant la fraicheur de ses ombres à la cascatelle qui bruit et soupire à ses pieds.
La fleur s’y pare de ses brillantes couleurs. Elle y exhale, en vous souriant, les parfums les plus pénétrants de sa corolle. Les émotions les plus douces et les plus pures y descendent sur l’âme comme une rosée embaumée, et l'homme sent le besoin de tomber à genoux devant le spectacle grandiose de toutes
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sous le souflle de Dieu !
J'ai assisté il y a quelque temps à l'un des plus beaux couchers de soleil qu'il m'ait jamais été donné de contempler.
Je voudrais en balbutier les prodiges.
Le petit sentier qui mène à la falaise un peu plus bas que l'Eglise, et se dirige vers l'occident, est bordé de grands arbres dont la ramure épaisse se réunit à la cime et forme, au-dessous, un véritable tunnel d’où l’ombre ne sort pas.
Ce jour là, il y avait eu un orage formidable ; mais sur les cinq heures, la grande lutte des éléments s'était terminée. ‘“ Les clairons forcenés de l’espace s'étaient tus,” dirait le Maitre !
ces merveilles qui roulent paisiblement
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Le soleil, dont les rayons avaient été interceptés par d'énormes nuages, pareils à de vastes lambeaux de draps mortuaires, s’étalait avec majesté !
Il s'était baissé jusqu'à l'ouverture du passage d'arbres. On eut dit l’œil d'un titan y plongeant un regard.
Je parcourus d’un pas rapide, l’enthousiasme au cœur, l’espace enflammé
.qui me séparait de mon poste ordinaire
d'observation.
Le fleuve coulait silencieusement. Un souflle à peine sensible en ridait les flots qui avaient l'air d'envoyer au soleil une infinité de sourires que le grand astre se plaisait à iriser.
Il me semblait que toute la poésie des Orientales tenait dans ma tête. Au fond de mon imagination, ces vers du
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rture l'œil
l’enammé inaire
poète m'apparaissaient en lettres de feu :
“ L'astre-roi se couchait, Calme, à l'abri du vent, La mer réfléchissait ce globe d'or vivant,
Ce monde, âme et flambeau du nôtre ;
Et dans le ciel rongeñtre et dans les flots vermeils, Comme deux rois amis, on voyait deux soleils
Venir au-devant l’un de l’autre.”
Des larmes d'admiration inondaient ma figure ; car en présence d’une scène semblable, il ne reste à l'âme qu'un
moyen de traduire l’exaltation de ses
facultés : pleurer !
Le soleil descendait lentement. Il dansait maintenant sur la crête des Laurentides dont il poudrait d'or la
luxuriante chevelure.
Tout autour, se déroulaient des nua-
ges aux reverbérations multicolores,
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suspendus comme des tentures somptueuses dans le palais d'un monarque.
Un peu plus haut, les reflets devenaient plus pâles; mais les nuages y épuisaient toute la gamme des nuances et des formes les plus fantastiques.
C'étaient des pics abrupts à l'aspect sombre, des chutes immenses à l’écume blanchâtre, des montagnes de granit, de quartz, de neige que la lumière faisait étinceler.
Les coquettes habitations de la rive Nord, que le regard peut suivre jusqu’à une assez longue distance, semblaient pousser vers Québec, une course de brebis blanches ; au fond de la forêt qui commençait à se chausser d'ombre, la locomotive bruyante laissait derrière elle une épaisse colonne de fumée dont les spirales se perdaient dans l’espace.
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Une heure après cette solennité, il ne
restait de toutes les splendeurs qui m'avaient ébloui... que de la nuit...
Triste image de la gloire qui décline et s'effronde dans l'oubli.
Mais sur un autre point de l'horizon, la lune se balançait radieuse.. Symbole de l’Espérance qui doit toujours verser son doux rayonnement sur l’âme que les blessures de la vie ont flétrie !
Par delà les merveilles de ce monde, il y a Dieu! Au-dessus des amertumes de l’existence il y a la prière qui est un endroit rapproché de Dieu! je priais!.….
On peut s’accorder à discrétion, la jouissance d’un coucher de soleil ou d'un lever de lune, et ça ne coûte pas cher.
Il y a bien parfois quelque grosse tempête qui en dissipe les charmes, mais les orages ont aussi leur sauvage grandeur ; elle vaut bien la peine d’un quart d'heure d'admiration.
Je voudrais parler des levers du soleil ; malheureusement, c'est l’astre-roi qui me voit lever chaque matin et... je n'y mets pas tant d'éclat.
On peut ramasser bien d’autres miettes de bonheur à la campagne.
J'aime les grèves! Le murmure des flots captive mon oreille. L'ombrage des bosquets me fascine avec la mystérieuse solitude qui y séjourne ; la note
suave que l'oiseau laisse tomber en pas-
sant me ravit et me remue
tir
YMPRESSIONS 127
Tous les jours après un bon déjeuner, je descends la falaise avec un livre de Victor Hugo ou de Lamartine.
Je dois avouer que je ne suis pas encore assez poète, pour planer au-dessus de la prose d’un repas frugal ; je m'accommode facilement d'un bifsteck avant de partir pour le pays des rêves.
Je les aime les grèves de Lotbinière !
Comme elles sont belles avec leurs sables mouvants, leurs graviers que l’on dirait pailletés d'argent. J'y cours chaque jour, admirant l’intéressant phénomène de la marée qui couvre et abandonne successivement le rivage.
Ilyaçaet là de belles touffes d’ar-
brisseaux qui vous invitent à savourer une de ces sublimes prières dont Lamartine a bien rempli ses méditations.
128 FANTAISIES LITTÉRAIRES Rien n'empêche de graver sur l'écorce
des arbres une date... un nom béni...
tout un monde de souvenirs,
Sur de petites pierres, je burine une lettre... deux lettres... trois lettres... et je les lance à la mer, où elles disparaissent en ricochant.
Ne soyez pas surpis lecteur, si quelque vendredi, la pointe de votre couteau heurte un fragment de roche portant ces signes cabalistiques.. Mais. je m'arrête.. Me voici sur le chemin d’une confidence.
Je raffole des bains, surtout quand la mer est calme comme de l'huile, Je me précipite dans les flots avec une indicible ivresse; j'y fais bravement le plongeon, et j'en sors tout ruisselant de perles humides et rafraichissantes.
Et combien d'autres plaisirs dont la variété est vraiment inépuisable !
Au sein de toutes ces joies, je trouve de plus à la campagne, un régiment de cousines dont les tendresses me confondent. |
Il m'est arrivé un jour d’avoir une légère indisposition. Toute l'institution était sur pied. J'avais beau leur chanter comme la Duchesse dans “ la Fille du Tambour Major”: “j'ai ma migraine, mes vapeurs...” Ça Va se passer. Çe fut un assaut en règle.—L'une m'arrivait avec une dose de camomille ; l’autre s'avançait avec une potion de tisane, une troisième me présentait je ne sais plus quelle décoction… c'était une vrale démonstration à donner envie d'être malade toute sa vie. La convalescence fit des pas de géant. Je parlais
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