‹ Petites folles; comédie en trois actesChapitre 139 sur 140 · ACTE III, SCÈNE X · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE X

YARINOIS

Ah ! VOUS voulez jouer à la Bourse !... Ah ! vous avez le flair de la spéculation ! ... Eh bien ! Madame, je viens de rencontrer M. Toury, et savez-vous ce que vous perdez rien que dans la Bourse d'aujourd'hui, avec votre flair?

MADAME VARIXOIS, lifaiée.

Nous avons baissé ?

VARIXOIS

Vous avez baissé de cent soixante-sept cinquante !

MADAME VARINOIS

Ah ! mon Dieu ! Et je perds ?

VARINOIS

Cinquante mille francs !

BRIDIX

Cinquante mille francs ! (A Lucienne :) Elle va bien, ta mère !

VARIXOIS

Cinquante mille francs !

23S PETITKS FOLLES

I5RIDEL, s"ai.])ri)rliant dr Mme Varinoi?

Madame, je ne perdrai pas uti temps précieux à stigmatiser votre conduite. Il faudrait remonter bien loin dans l'histoire des belles-mères, pour rencontrer quelque chose d'équivalent.

VARINOIS

C'est vrai !

BRIDEL

J'espère que cette catastrophe, qui aurait pu être encore plus grave, vous servira de leçon et que vous comprendrez enfin que la véritable place d'une femme qui a deux filles et deux gendres est à la campagne.

VARINOIS

Bien !

.MADAMK VARINitlS

Ma fille... mon gendre...

IIRIDEL

lié! quoi, Madame, vous n'êtes «pas lasse

ACTI-: III, SCKNK X 239

de l'existence de fêtes que vous avez menée jusqu'à présent ? Vous n'êtes pas fatiguée de tous les orages qui ont traversé votre vie... par toutes les passions qui... par...

(M""' Varinois redresse la tète.) VARINOIS, bas à Bridrl.

Mais non... elle n'a pas eu de passions, je vous ai déjà dit...

BRIDEL, iDrme jeu.

Je sais... mais c'est pour lui faire plaisir. (Jetant M™*^ Varinois aux pieds de son mari.) Demandez pardon à ce brave homme des torts innombrables que vous avez envers lui !

MADAME VARIXOIS, cunvaincue.

Pardon, Auguste !

VARINOIS

Je te pardonne.

(Entrent, l'un après l'autre, par l'escalier, Denoizeau, Leverquin, Lucienne et Estelle.)

Page 1